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Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806). L'architecture et les fastes du temps
Rabreau Daniel
WILLIAM BLAKE
52,60 €
Épuisé
EAN :9782911059162
L'artiste démontre son caractère dans ses ouvrages ", écrit Ledoux, qui poursuit : " les événements, suivant la manière dont il est affecté, l'exaltent ou l'anéantissent ". On aurait tort de s'autoriser de cette citation pour croire que la finalité de l'art, selon Ledoux, n'est que l'expression du moi le plus profond. L'aveu de l'architecte est plutôt à rapprocher du célèbre aphorisme de Buffon, " le style est l'homme même ", qui désigne la part personnelle, interprétative, de la démarche créatrice jugée à l'aune des préceptes classiques. Après plus de trente ans d'une carrière de bâtisseur, exceptionnellement riche en chantiers, Ledoux souhaita offrir un message à la postérité et publia, peu avant sa mort, un ouvrage au texte copieux et magnifiquement illustré : L'Architecture considérée sous le rapport de l'art, des m?urs et de la législation (1804). Ce titre, explicite, annonce une réflexion sur l'étendue sociale et politique de l'art de l'architecture. Pourquoi ? De quelle motivation profonde ou, au contraire, de quel semblant de justification ce testament (il est unique dans la littérature d'architecture) témoigne-t-il, en affichant cette parité entre le domaine de la création artistique et le vaste champ de l'anthropologie ou de l'histoire de l'humanité ? Philosophe, mais avant tout artiste-architecte qui revendique le recours à la libre imagination, Ledoux témoigne-t-il pour rendre compte de son ?uvre édifié dans la pierre ou projeté sur le papier, ou bien pour léguer à la postérité l'image d'une trajectoire artistique combative et d'une création idéale où le classicisme universel, réactivé et lancé vers l'avenir, apparaîtrait vainqueur ? L'attitude commune à Ledoux et aux artistes de son temps peut s'expliquer par l'approche des valeurs séculaires attribuées à l'usage des ordres antiques, véritable langage dont ils cherchent la raison d'être à l'origine. A cet égard, Ledoux s'inscrit comme disciple et de Palladio et de Piranèse, mais il s'adresse aux " enfants d'Apollon ", favorisés comme lui par l'esprit des Lumières, dans un style parfois fracassant qui n'appartient qu'à lui. L'appel à la libre imagination (de l'artiste, du public) est un de ses leitmotive. Entre l'imitation de la Nature et la réinterprétation de l'Antiquité (l'époque de Ledoux découvre enfin concrètement l'art grec), une voie inconnue, et redoutée par certains, vers la créativité moderne semblait pouvoir offrir le beau rôle à cette discipline de la connaissance que le siècle des philosophes, naturalistes et relativistes, libère de la métaphysique : l'esthétique. Comment l'architecte traça-t-il cette voie qui doit conduire au " progrès des arts ", ce nouveau culte qu'il appelle de toute sa ferveur ? Sous-titré L'Architecture et les Fastes du Temps, ce livre consacré à Ledoux est moins une monographie, au sens habituel du mot (la vie, l'?uvre, l'art) qu'un essai d'histoire de l'art sur l'un des grands architectes de l'histoire des Temps modernes. Dans une approche contextuelle, particulièrement développée, il s'appuie initialement sur les questions posées ci-dessus, éternelles : comment, pourquoi créer des formes nouvelles ? Il souhaite illustrer une certaine conception de l'histoire de l'art dans l'approche culturelle du passé.
Actes du colloque international d´histoire de l´art de Bordeaux-Toulouse (Mai 1989).L'originalité thématique du colloque est de privilégier les études selon deux axes peu explorés jusqu'ici : d'une part, celui des rapports étroits qu'entretiennent les capitales provinciales avec Paris dans le domaine des arts et de la vie culturelle de l'époque des Lumières à la Révolution et, d'autre part, celui qui voit les préoccupations didactiques, pédagogiques et édilitaires des philosophes et des théoriciens, se concrétiser dans l'enseignement des arts, les publications, mais aussi les programmes iconographiques nouveaux. Tous les aspects de la création artistique sont abordés ici, dans les domaines variés de la peinture, de la sculpture, de l'architecture, de l'urbanisme, de l'art des jardins, du théâtre, de la musique. Le grand thème politique des arts au service de la société, adopté par les artistes, les pédagogues et les édiles de l'époque révolutionnaire trouve dans la diversité des contributions une justification évidente du titre : Le Progrès des Arts Réunis. Qu'elles soient l'occasion de synthèses nouvelles sur des sujets souvent mal connus (les Académies et l'enseignement des arts en province, par exemple), ou rarement abordés (l'influence des idées progressistes à l'étranger et le rôle des voyages d'artistes), qu'il s'agisse au contraire de communications sur des aspects monographiques d'oeuvres ou d'artistes méconnus, les études de ce recueil éclairent d'une manière totalement inédite la profusion des idées et des matières artistiques de la fin de l'Ancien Régime à l'Empire. Parmi ces dernières, l'ensemble consacré à l'architecture et, encore plus, à la sculpture, renouvelle bien des aspects de nos connaissances dans le domaine des arts, de l'iconographie et des symboles (iconographie progressiste en Espagne ou dans les jeunes Etats-Unis d'Amérique, par exemple).Le livre comporte six grandes parties : 1) Théories et débats : la leçon des images - 2) Les académies,
Le Théâtre de l'Odéon s'élève sur une place en hémicycle aux façades d'immeubles uniformes. Cinq rues rayonnantes montent vers son portique à colonnade, trois autres isolent le monument qui forme bloc, tandis que ses façades latérales et arrière s'ornent d'arcades. Cette architecture savante et ce dispositif urbain, harmonieusement conçus par ses créateurs, les architectes Marie-joseph Peyre et Charles De Wailly, ennoblit un des quartiers de Paris parmi les mieux conservés et les plus vivants qui restent du XVIIIe siècle. Ce n'est que sous le Directoire que ce théâtre reçut son nom "à l'antique" d'Odéon. Destiné à reloger la Comédie française sous le règne de Louis XV, l'édifice est projeté entre 1767 et 1778, avant d'être mis en chantier tardivement et inauguré en 1782. Les deux architectes, soutenus par la ferme volonté du pouvoir royal, surent illustrer une nouvelle politique des loisirs et une nouvelle esthétique urbaine inspirées par la pensée des Lumières. Ce livre se veut une véritable exploration de l'architecture monumentale ancienne en restituant, à partir de documents graphiques et de témoignages écrits, la genèse de l'édifice et son symbolisme porteur d'une ambition artistique partagée entre le pouvoir et le public éclairé.
Claude Mignot, Professeur d'histoire de l'art à l'université Paris IV-Sorbonne et Daniel Rabreau, Professeur d'histoire de l'art à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne.