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Crever l'écran
Raboud Thierry
EMPREINTES SUIS
12,60 €
Épuisé
EAN :9782940505364
Quand j'ai vu le jour, Internet n'existait pas. Quand je serai mort, je vivrai toujours. Je fais partie d'un temps inquiet : un futur augmenté nous est promis, un avenir incertain nous attend. Nous avons accompagné de notre enthousiasme les balbutiements du siècle neuf, cru à ses promesses. Mais l'humanité tremble d'une révolution comme elle n'en a plus connue depuis qu'elle a fait tomber ses dieux. Il y avait un avant, nous voici dans l'après. Au seuil d'un monde liquide et interconnecté. Le royaume numérique a colonisé les territoires intimes. Il repousse la mort, il défie la vie. En ce palais des glaces, la présence s'efface dans l'omniprésence. Entourés de transparences trompeuses, oublieux du réel, grisés de ce qui lui fait écran, nous vivons. Asservis et virtuellement heureux. Pourtant, nulle joie ne peut se feindre durablement. Alors retrouver l'homme, se souvenir de ce qu'il était, surveiller ce qu'il devient. Ne pas craindre ce qu'il sera. Au poète de se glisser dans la vigie des mots.
Harang Jean-Baptiste ; Raboud Nicolas ; Starobinsk
Depuis plus de trente ans, Olivier Estoppey s'est fait connaître par ses installations monumentales, notamment La Course au sac, Le Jour des larmes, Le Souffleur, et, récemment, Les Loups. Cette dernière ?uvre sert de décor au film Le crime est notre affaire de Pascal Thomas, et a été exposée dans le jardin du Palais-Royal à Paris, en décembre 2008. Olivier Estoppey est un artiste prolifique, ses idées ont peu de limites. Son ?uvre commence toujours par le dessin: c'est sur le papier que les formes se cherchent, se trouvent, s'éloignent et s'imposent. C'est sur le papier que, chaque jour, le rapport au monde se risque, le paysage s'affronte, l'espace se conquiert. Des formes viennent et repartent, des idées se mettent en place, de vraies sculptures se font et se défont. Ensuite la terre et le plâtre, ensuite le volume et la forme, le béton, la présence physique de la matière sensible. Ce Cahier présente une sélection de dessins qui ont inspiré douze installations, et des ?uvres sur papier de grand format qui contribuent à éclairer son univers. Les textes qui accompagnent cet ouvrage sont signés Jean-Baptiste Harang, longtemps journaliste au "Cahier livres" de Libération et romancier récompensé par le prix Inter 2006 pour son roman La Chambre de la Stella; Nicolas Raboud, historien de l'art, commissaire d'expositions indépendant et directeur artistique de la triennale de la sculpture en plein air Bex & Arts; et Pierre Starobinski, créateur d'événements artistiques et responsable de l'édition des ?uvres de Nicolas Bouvier chez Gallimard, ainsi que de plusieurs expositions internationales qui lui ont été consacrées.
Cet ouvrage présente l'oeuvre d'Alfred Latour, peintre, graveur, aquarelliste de talent, mais aussi illustrateur et relieur de livres, photographe salué, publiciste, designer de tissus reconnu et recherché. Membre de l'Union des artistes modernes (UAM) fondée par Robert Mallet-Stevens, Alfred Latour excellera dans tous les champs d'expression dont il se saisira. Célébré par la critique entre les années 1928 et 1960, primé dans les salons européens de l'époque, il vécut à Eygalières, en dehors du bruit des capitales. Aujourd'hui, on trouve ses oeuvres au Centre Pompidou, à la Bibliothèque nationale de France, au musée Cantini et au musée des Tissus de Lyon, ainsi qu'au British Museum, au Victoria and Albert Museum et au Philadelphia Museum of Arts, entre autres.
Je suis un sentimental. C'est une sorte de faiblesse, je sais, une sorte de maladie, je sais. Vous en riez ; vous pouvez bien en rire, ça m'est complètement égal. Je ne suis pas un mou, je ne suis pas un lâche, je ne crois pas, je suis seulement un sentimental : je n'aime pas les murs. C'est un défaut, je sais, mais je n'ai pas le choix. Je n'aime pas les murs. Je ne dis pas les vieux murs, pierre de taille et fissures, je ne dis pas les murs irréguliers, leurs interstices inégaux, mousses et mortiers, tous les jeux de la lumière à leurs surfaces, non, je dis les murs que certains croient bon de dresser entre eux et moi, entre eux et vous, entre eux et eux, et ces murs-là sont de béton, lisses et inaltérables, ils ne se laissent entamer par rien, c'est du moins ce qu'ils prétendent, il leur faut ça pour se protéger, c'est du moins ce qu'ils croient ; moi je les soupçonne d'être plus fragiles et plus faibles que moi, je suis un sentimental pourtant, tenez, je me demande si derrière leur mur, à chaque fois, ce ne serait pas par hasard un sentimental qui se cache et se réfugie. Un sentimental qui s'ignore. Ou un sentimental qui se méfie de lui-même plus encore que de vous ou de moi".
Raboud Nicolas ; Pajak Frédéric ; Devaux Alexandre
Pavel Schmidt fait se rencontrer des objets. De prime abord, ils n'ont rien en commun : des fémurs et des clés à molette, des Vénus callipyges et des tubes de pommade Anusol, un pistolet Beretta et un saucisson des frères Beretta, charcutiers au service de l'épicerie fine depuis 1812. Mais parce que le sculpteur les confronte, ils entrent en dialogue. Un autre objet, alors, voit le jour, un objet invisible et cependant palpable — un sens nouveau, qui nous ouvre à un monde, lui aussi, nouveau. Avec une féconde obstination, Pavel Schmidt s'attaque aux piliers de la société de consommation et aux stéréotypes de la mentalité petite-bourgeoise. Explosions de nains de jardin, de Vénus et de David en plâtre, assemblages de tampons de chemin de fer surmontés de paratonnerres, feux d'artifice, fumigènes, tout lui est bon pour détruire et reconstruire en musique les archétypes de notre culture. Dans la lignée de Marcel Duchamp et de Daniel Spoerri, le sculpteur poète, infirmier destructeur et réparateur, applique ses bandages et ses béquilles sur des agglomérats de mains, bras, jambes, torses, têtes et tubes pour construire patiemment le lexique loufoque et inspiré de son propre langage. Ce livre, réunissant quelque deux cents sculptures, est accompagné d'un entretien qui donne une clé cette oeuvre encore trop méconnue.