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Sartre hors du purgatoire
Quilliot Roland
EUD
10,00 €
Épuisé
EAN :9782364411463
Même si l?existentialisme est passé de mode, Sartre reste bien l?une des figures les plus fortes de la pensée française du XXe siècle et il est possible d?en proposer une relecture en phase avec la sensibilité de notre époque. Cet essai commence par rappeler les idées les plus connues du philosophe, en les discutant, puis propose une relecture de certains de ses textes majeurs, en montrant qu?ils ont parfois correspondu, dans leur agressivité subversive même, à de véritables découvertes intellectuelles. Ce texte montre que le principal intérêt de l?oeuvre sartrienne tient à son caractère torturé et au fait que nous sommes face à un auteur qui, de son propre aveu, a sans cesse "pensé contre lui-même", oscillant au fond entre trois voies opposées : la recherche d?une morale libertaire, qui s?avère en pratique introuvable ; la fascination, beaucoup plus profonde, pour la dimension d?échec et de folie présente dans toute existence ; et enfin la critique du rêve d?authenticité et la revendication paradoxale, au sein même de la pratique de l?autodérision, d?une sorte de bonheur sans justification.
Résumé : L'Art va-t-il continuer à incarner le principe d'une activité gratuite témoignant du pouvoir créateur de l'homme ou va-t-il succomber à la logique de consommation et être réduit à une simple forme de divertissement ? Cette perplexité justifie un retour à la réflexion philosophique sur le sens et les pouvoirs de l'activité artistique. Cette réflexion suppose un rappel préalable des grandes théories élaborées dans le passé soit par les artistes eux-mêmes, soit par les philosophes qui ont spéculé sur leurs créations. L'ouvrage commence donc par analyser les principales d'entre elles : qu'il s'agisse des doctrines esthétiques du XVIIe et du XVIIIe siècle, des idéologies de mouvements comme le cubisme ou l'art abstrait, des élaborations plus systématiques d'auteurs comme Hegel, Freud, Malraux, Camus, Benjamin, Adorno, Merleau-Ponty, Goodman, etc. Ce rappel historique n'est cependant qu'un point de départ pour une réflexion plus directe : on pourra avoir une image, inévitablement contrastée, de ce que peuvent dire et penser de la création artistique et de sa signification - sociale, psychologique ou même métaphysique-des philosophes français contemporains.
L'homme est-il un composé de matière et d'esprit ? Quels rapports faut-il poser entre ses expériences mentales subjectives - ses désirs, ses émotions, ses idées - et les processus physiques qui apparaissent tantôt comme leurs causes et tantôt comme leurs effets ? Face à ce problème difficile, c'est la tradition dualiste, distinguant fortement avec Platon et Descartes l'âme et le corps, qui a longtemps prévalu en philosophie, tout en se heurtant à partir de l'âge classique à de très fortes objections. Aujourd'hui c'est au contraire le monisme matérialiste qui semble l'emporter, appuyé sur l'essor des neurosciences, qui tendent à réduire l'activité mentale à l'activité neuronale supposée la produire on peut le soupçonner à son tour cependant de céder à la tentation d'un réductionnisme simpliste, et de ne pas rendre compte de l'expérience effective de l'être humain. Ne faut-il pas essayer de voir si la philosophie n'est pas capable de proposer, par-delà toutes les dichotomies académiques, des descriptions et des conceptualisations plus fines, qui soient aptes à rendre justice à la dimension psychologique et spirituelle de l'être humain, que les sciences de la nature semblent vouées par essence à méconnaître, sans pour autant la couper de sa base matérielle ? Penser la complémentarité du physique et du mental, tant au sein de l'organisme vivant qu'au c?ur même de notre expérience vécue, permettrait du coup de rendre à la personne son unité. C'est dans cette perspective qu'on cherche ici à relire d'abord les auteurs classiques (Platon, Aristote, Descartes, Spinoza, Leibniz), puis les penseurs modernes de la vie et de la subjectivité (Maine de Biran, Schopenhauer, Bergson, Husserl, Pradines, Wittgenstein), avant d'évoquer pour finir les débats actuels de la philosophie analytique de l'esprit. L'ouvrage s'adresse non seulement aux étudiants de l'agrégation mais à tous ceux qui souhaitent réfléchir sur l'une des questions les plus fondamentales de la philosophie.
Primo Levi n'est pas seulement un témoin majeur de l'enfer d'Auschwitz. Après s'être efforcé de décrire lucidement ce que peut faire et devenir l'être humain dans les conditions extrêmes de la déportation ; il a entrepris une vaste enquête sur sa grandeur et ses faiblesses, qui, même si elle se refuse à tout dogmatisme, est bien en profondeur d'ordre éthique et philosophique. Il a été ainsi amené à réfléchir sur on expérience de la vie " normale ", sur son métier de chimiste, et à s'interroger, dans une ?uvre de science fiction trop souvent méconnue, sur les effets pervers qui vicient les meilleures intentions humaines, et sur le rapport entre l'ordre de l'artifice et l'ordre de la nature. Derrière cette enquête, on sent toujours les déchirements d'un homme qui, tout en défendant un rationalisme volontariste, ne parvient jamais à exorciser l'angoisse qui le ronge : celle de voir, dans le combat qui les oppose, les forces de mort prendre peu à peu le dessus sur les forces de vie.
L'écologisme qui imprègne désormais la sensibilité des pays développés incite chacun à répéter à l'envi qu'il faut " respecter la nature ". Encore faut-il savoir jusqu'où - étant donné que personne ne songe à demander à l'être humain de renoncer à la vocation technicienne qui découle après tout de sa propre " nature " -, et surtout pourquoi. L'idée que la nature serait " respectable " peut en effet surprendre ceux qui avaient cru que le rationalisme scientifique tendait à la désanimiser, et à la remplacer par une matière inerte, soumise à des lois aveugles, que l'homme aurait à comprendre et à utiliser pour construire un monde conforme aux exigences de sa raison. Il est vrai que d'autres contestent, toujours au nom du rationalisme, ce type de dualisme, et tentent de réintégrer l'homme lui-même dans la nature, définie alors comme l'unique réalité : mais ils suppriment du même coup la différence entre le naturel et l'artificiel, vidant la question de la valeur de la nature de toute signification. La question se pose donc de savoir s'il est possible aujourd'hui de proposer une image du monde qui échappe au strict mécanisme sans pour autant revenir à un mysticisme prérationaliste. Comment penser la vie par rapport à la matière, et l'homme par rapport à la vie ? Peut-on redonner un contenu positif à ce vieux mot de nature, qui semble souvent ne plus rien désigner d'autre que la réalité extérieure, et lui associer éventuellement une valeur normative ? Toutes ces questions, fondamentales pour notre époque, sont au c?ur des articles réunis dans ce recueil : leurs auteurs sont des universitaires qui tentent de rappeler les principales conceptions philosophiques de la nature d'Aristote à Descartes, de Leibniz à Buffon, du romantisme allemand au structuralisme de Lévi-Strauss et à la théorie des catastrophes -, de façon à donner des outils conceptuels permettant de penser les nouveaux défis scientifiques et pratiques de notre temps. L'ouvrage s'adresse d'abord aux étudiants préparant l'agrégation, mais au-delà, à tous ceux qui demandent à la philosophie de continuer à tenter d'éclairer de ses analyses les problèmes que rencontre l'homme contemporain.
La mort accidentelle d'Albert Camus, l'intellectuel solitaire et solidaire, le 4 janvier 1960 à Villeblevin (Yonne), a sidéré le monde entier. Quand on évoque Albert Camus, icône de la littérature française, ce sont les écrits du romancier, L'Etranger, La Peste, La Chute que l'on cite spontanément. Mais il était aussi dramaturge, éditorialiste de génie, essayiste, philosophe et citoyen du monde, ne se dérobant jamais face à un combat pour condamner toutes les formes de totalitarismes et l'horreur nazie. L'Algérie, son pays d'origine, fait partie intégrante de sa vie et de son oeuvre. L'originalité du présent essai est de retracer la trajectoire exceptionnelle d'un gamin pauvre du quartier Belcourt à Alger au Prix Nobel de littérature. Mais au-delà d'une simple biographie, ce texte cerne une production littéraire qui reste un témoignage essentiel sur les bouleversements du XXe siècle et sur des faits qui sont encore de notre temps. Dans un monde absurde, l'être humain doit faire au mieux pour accomplir sa destinée d'Homme.