Ce livre comble une lacune, répare une injustice. Il offre pour la première fois au lecteur de langue française l'ensemble des poèmes que Quasimodo a écrits et publiés. C'est un fait étonnant si l'on songe qu'il est l'un des principaux poètes italiens du vingtième siècle et qu'il a reçu le prix Nobel de littérature en 1959. Depuis la première plaquette éditée à Florence, Eaux et terres, jusqu'à son dernier recueil, Donner et avoir, ces oeuvres poétiques reconstituent un parcours unique d'une grande exigence. Savaltore Quasimodo naît à Modica en Sicile en 1901 et décède à Naples en 1968. Son inquiétude métaphysique trouve dans la beauté de son île les éléments qui nourrissent son art. A l'origine d'un renouveau de la poésie dans les années 1930, il ne cessera de s'interroger sur le rôle du poète. Traducteur prolifique des auteurs modernes et anciens, sa version des Lyriques grecs demeure une référence. Beaucoup d'Italiens, dans leur quotidien, disent par coeur ses plus beaux textes.
Giorno dopa giorno (1947), La vita non è sogno (1949), Il falso e vero verde (1954), sont les trois recueils rassemblés dans cet ouvrage. Recueils emblématiques de la seconde partie de l'oeuvre de Quasimodo après la traversée des épreuves du siècle. Biographie de l'auteur Salvatore Quasimodo (1901-1968), obtient le prix Nobel en 1959; son prestige est aussi grand que celui d'Eugenio Montale ou de Giuseppe Ungaretti. Longtemps assimilé aux poètes Hemétiques Italiens, il évoluera vers une subtile simplicité après la guerre.
Quasimodo Salvatore ; Cohen David ; Lentin Irène ;
Prix Nobel en 1959, Salvatore Quasimodo (1901-1968) a été longtemps reconnu comme l'un des sommets de la poésie italienne du XXe siècle, avant d'être ensuite sous-estimé et son propre rôle dans l'histoire du langage poétique contemporain passé sous silence. Cette nouvelle traduction se propose de restituer à l'attention du public français un poète qui mériterait d'être relu et reconsidéré. Suivant les pas de l'écrivain sicilien Gesualdo Bufalino, Salvatore Silvano Nigro retrace le parcours de formation poétique de Salvatore Quasimodo et met en évidence sa vocation à "une musique authentique et harmonieuse". Il note ainsi que des rythmes primitivement fragmentés et dissonants tendent à se recueillir en un puissant "solo bellinien" : Paisible je te sais, Tindari / parmi de larges collines suspendue sur les eaux / des îles douces du dieu, / et aujourd'hui tu m'assailles, / te penches en mon coeur.
Il vint ensuite vers ses disciples, et les ayant trouvés endormis, il dit à Pierre : Quoi ! Vous n'avez pu veiller une heure avec moi ? Veillez et priez, afin que vous ne tombiez point dans la tentation ; l'esprit est prompt, mais la chair est faible. Le gouverneur leur ayant donc dit : Lequel des deux voulez-vous que je vous délivre ? Ils lui répondirent : Barabbas. Pilate leur dit : Que ferai-je donc de Jésus, qui est appelé Christ ? Ils répondirent tous : Qu'il soit crucifié. Le gouverneur leur dit : Mais quel mal a-t-il fait ? Et ils se mirent à crier encore plus fort, en disant : Qu'il soit crucifié. Pilate voyant qu'il n'y gagnait rien, mais que le tumulte s'excitait toujours de plus en plus, se fit apporter de l'eau, et se lavant les mains devant le peuple, il leur dit : Je suis innocent du sang de ce juste.
Plazenet Laurence ; Rastoin Marc ; Kéchichian Patr
Quand je parlerais toutes les langues des hommes, et le langage des anges mêmes, si je n'ai point la charité, je ne suis que comme un airain sonnant, ou une cymbale retentissante. Et quand j'aurais le don de prophétie, que je pénétrerais tous les mystères, et que j'aurais une parfaite science de toutes choses ; quand j'aurais encore toute la foi possible, jusqu'à transporter les montagnes, si je n'ai point la charité, je ne suis rien. Et quand j'aurais distribué tout mon bien pour nourrir les pauvres, et que j'aurais livré mon corps pour être brûlé, si je n'ai point la charité, tout cela ne me sert de rien. La charité est patiente ; elle est douce et bienfaisante ; la charité n'est point envieuse ; elle n'est point téméraire et précipitée ; elle ne s'enfle point d'orgueil ; elle n'est point dédaigneuse, elle ne cherche point ses propres intérêts, elle ne se pique et ne s'aigrit de rien, elle n'a point de mauvais soupçons ; elle ne se réjouit point de l'injustice ; mais elle se réjouit de la vérité ; elle supporte tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout. La charité ne finira jamais.
Et Isaïe dit : Ecoutez donc, maison de David : Ne vous suffit-il pas de lasser la patience des hommes, sans lasser encore celle de mon Dieu ? C'est pourquoi le Seigneur vous donnera lui-même un prodige : Une vierge concevra, et elle enfantera un fils qui sera appelé EMMANUEL. Il mangera le beurre et le miel, en sorte qu'il sache rejeter le mal, et choisir le bien.
Ce texte poétique à la structure ouverte ancre le récit dans un passé mythique méditerranéen en même temps qu'intensément actuel (le Cap Corse). A travers la voix de Minoa, qui confie son désarroi, ses doutes, ses perplexités face à la vie et à l'amour, toute une réflexion sur l'écriture est engagée. Pour explorer le monde intérieur qui la fonde et dans lequel elle se débat, la narratrice choisit des modalités d'écriture et des tonalités volontairement diversifiées. L'ensemble épistolaire des Feuillets de Minoa (première partie), est ponctué par de brefs poèmes dont la tonalité sagement érotique rompt avec la prose des lettres tout imprégnées du "sentimentalisme" du XVIIIe siècle. Les Journuits (seconde partie) combinent récits oniriques et prose journalistique. Les Petites fantaisies minoennes (3e partie), brefs textes en vers, jouent le rôle d'intermède ludique. La dernière partie, Chants de Minoa, rassemble des poèmes inspirés par la même ferveur lyrique. Avec en ouverture une sextine écrite selon les règles mises en place au XIIe siècle et en chant final, le "Brame de la Minotaure", l'ouvrage, tendu à l'extrême, constitue une partition surprenante. Si la voix dominante est celle de Minoa, les différents modes d'expression qu'elle emploie pour la faire résonner, rendent compte d'une intériorité polyphonique d'une grande intensité.