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PV d'audition
Lenzi Claudie
LANSKINE ED
14,00 €
Épuisé
EAN :9782359631654
Claudie Lenzi s'attache aux destinées de ses pairs, de ceux qui ont perdu l'ouïe, mais ont poursuivi leur travail malgré tout et ce tout est gigantesque. Elle s'adresse à eux, les interpelle, les pousse dans leurs retranchements, interroge leur rapport à la vie, à leur surdité, aux autres, ceux qui sont restés dans le cocon " entendant ", n'édulcore rien en une langue sans fioritures qui bouscule. Pas de vouvoiement ici, le tutoiement est de mise dans cette fraternité de situation, dans la violence infligée par la vie, ce détournement, d'un être par l'apparition du manque : soudain, la vie sociale, la communication, la perception du monde sont bousculées, définitivement. La perte de l'audition a la faculté de s'incarner ici dans le verbe, sa forme, ses rythmes. L'écriture est alors la danse d'un corps qui se délite. Le regard sans concession se teinte d'humour, nécessaire distanciation alors que l'oratorio final est scandé par les injonctions des aides auditives... Voici que se presse la cohorte des compagnons d'infortune : les poètes de la Pléiade, Du Bellay, Ronsard, les peintres, Goya, Van Gogh, le musicien, Beethoven, une femme enfin, l'incroyable Mabel Bell, épouse de Graham Bell, l'inventeur du téléphone...
T'as intérêt à bien les ouvrir. De cette enceinte va sortir une voix cachée. Une voix qui fuse et diffuse. La tienne que tu es entrain d'écouter. Tu réécoutes ta propre voix qui se déploie. L'enceinte c'est une bouche. Un trou. Un tout. Un orifice où ta voix qui sort sans toi te nargue. Te dévisage. C'est ton image que tu réécoutes. Image de toi. Pas idéale ? tu disais. Tu vas t'effondrer ! Tu ne sais pas ce qui va sortir de là. Et dans quel état...
Deux temps s'interpénètrent. Le « je » qui fixe - dans son bain révélateur les conditions de son existence et les portraits-contacts qui mettent en place une transmutation qui - sous l'action d'un corps - se fendent vers une « histoire photographique ». Chaque portrait-contact fait émerger une "humanité" : à la fois situation - proposition narrative et vies incarnées se dévoilent dans l'écriture. S'exprime ici la tentative d'exister de ceux dont on ne parle pas- que l'on ne voit pas - Une tentative de se raccrocher au peu qui reste - une histoire qui cafouille individuellement et collectivement- une étroitesse de sens -des manques que chacun porte pour tenir une vie sans et sous - Ce travail poétique s'accompagne de recherches photographiques - d'articles - de documentation- de musique- etc.
Les deux textes présentés sont le résultat de créations qui ont été données dans le cadre des rencontres Polkas@CNEAI. L'idée était de faire travailler ensemble des poètes, artistes et artisans autour d'une contrainte. Tu veux savoir comment je m'appelle est une réflexion sur l'anonymat ; 0.1.0 désorientation est une mise en perspective critique de l'usage généralisé de l'informatique et des big datas qui modifient notre conscience d'exister.
L'auteure découvre au détour d'une route en montagne à Taïwan, un miroir convexe qui reflète l'image d'un paysage inversé. Il montre un fragment du paysage auquel le regardeur tourne le dos. Il le cadre en éliminant tout le contexte environnant. Le miroir superpose deux paysages situés de part et d'autre de l'observateur, tout en ignorant son propre arrière-plan, dont il masque une portion. Le miroir montre et dissimule tout à la fois. . Elle va alors parcourir l'île à la recherche de ces objets et de leurs reflets paradoxaux, les photographiant. Elle va alors décrire ce qui se déploie au-delà de miroir, le hors champ.
Né en 1961 à Damas, le poète Gebran Saad, comme nombreux chrétiens de Syrie, a été obligé de fuir son pays en guerre pour se réfugier en Suède où il vit actuellement. Mais au lieu de mettre sa poésie sous le signe de l'exil, il la met sous le signe du voyage, car, comme le dit la grande poétesse libano-syrienne Etel Adnan, dans la préface à ce recueil, le malheur ne peut se vivre que comme un voyage, un espace ouvert, une découverte, même s'il ne s'agira en fin de compte que d'un voyage dans ce malheur même.