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La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel
Puértolas Romain
LE DILETTANTE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782842638122
Extrait Le premier mot que prononça le vieux coiffeur lorsque j'entrai dans son salon fut une injonction brève et tranchante digne d'un officier nazi. Ou d'un vieux coiffeur. - Assis ! Docile, je m'exécutai. Avant qu'il ne le fasse avec sa paire de ciseaux. Puis il commença son ballet tout autour de moi sans même attendre de connaître la coupe avec laquelle je souhaitais ressortir de son salon, ou la coupe avec laquelle je ne souhaitais précisément pas ressortir de son salon. Avait-il déjà au moins eu affaire à l'afro récalcitrante d'un métis auparavant ? Il n'allait pas être déçu. - Vous voulez que je vous raconte une histoire incroyable ? demandai-je pour briser la glace et instaurer un climat de convivialité entre nous. - Dites toujours, du moment que vous arrêtez de bouger la tête. Je vais finir par vous couper une oreille. Je considérai ce «dites toujours» comme un grand pas, une invitation au dialogue, à la paix sociale et à l'harmonie entre frères humains, et en même temps j'essayais d'oublier le plus rapidement possible, en vertu de ces mêmes accords de fraternité, la menace d'amputation de mon organe auditif. - Bien, alors voilà, un jour, mon facteur, qui est une femme, une femme charmante d'ailleurs, s'est présentée à la tour de contrôle où je travaille et m'a dit : «Monsieur Machin (c'est mon nom), il faudrait que vous me donniez la permission de décoller. Je sais que ma requête peut vous paraître insolite, mais c'est comme ça. Ne vous posez pas trop de questions. Moi, j'y ai renoncé depuis que tout a commencé. Donnez-moi juste la permission de décoller de votre aéroport, je vous en prie.» En soi, je ne trouvais pas sa demande si insolite que ça. Je recevais parfois la visite de particuliers ruinés par les écoles d'aviation avoisinantes qui souhaitaient continuer à prendre des heures de vol pour leur compte. Ce qui me surprenait, en revanche, c'est qu'elle ne m'avait jamais parlé de sa passion pour l'aéronautique auparavant. Bon, nous n'avions jamais trop eu l'occasion de causer, ni même de nous croiser (j'alterne des horaires de jour et de nuit), mais quand même. D'habitude, elle se limitait à m'apporter le courrier à la maison dans sa vieille 4l jaune. Elle n'était jamais venue me voir au boulot. Dommage, parce qu'elle était canon, cette fille-là. «En temps normal, mademoiselle, je vous aurais dirigée vers le bureau des plans de vol pour ce type de requête. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, le trafic aérien est sens dessus dessous avec ce foutu nuage de cendres et on ne va pas pouvoir prendre en compte les vols privés. Je suis désolé.» Voyant sa mine déconfite (elle avait une très jolie mine déconfite et ça m'a déconfit le coeur), j'ai feint de m'intéresser à son cas : «Vous pilotez quoi ? Cessna ? Piper ?» Elle a beaucoup hésité. On voyait bien qu'elle était gênée, que ma question l'embarrassait. «C'est justement en cela que ma requête est insolite. Je ne pilote pas d'avion. Je vole toute seule.» «Oui, j'avais compris, vous volez sans instructeur.» «Non, non, toute seule, je veux dire, sans appareil, comme ça.» Elle a levé les bras au-dessus de sa tête et a exécuté un tour sur elle-même à la manière d'une danseuse de ballet. Au fait, est-ce que je vous ai dit qu'elle était en maillot de bain ?
Maintenu en parfait état de conservation par les eaux glaciales de la mer du nord, repêché par un chalutier, puis décongelé, Napoléon Bonaparte revient à la vie au moment des attentats djihadistes de Paris, juste à temps pour sauver le monde...
Extrait Le premier mot que prononça l'Indien Ajatashatru Lavash Patel en arrivant en France fut un mot suédois. Un comble ! Ikea. Voilà ce qu'il prononça à mi-voix. Cela dit, il referma la porte de la vieille Mercedes rouge et patienta, les mains posées comme un enfant sage sur ses genoux soyeux. Le conducteur de taxi, qui n'était pas sûr d'avoir bien entendu, se retourna vers son client, ce qui eut pour effet de faire craquer les petites billes en bois de son couvre-siège. Il vit sur la banquette arrière de son véhicule un homme d'âge moyen, grand, sec et noueux comme un arbre, le visage mat et barré d'une gigantesque moustache. De petits trous, séquelles d'une acné virulente, parsemaient ses joues creuses. Il avait plusieurs anneaux dans les oreilles et sur les lèvres, comme s'il avait voulu refermer tout cela après usage à la manière d'une fermeture Éclair. Oh, le joli système ! pensa Gustave Palourde, qui vit là un fantastique remède contre les papotages incessants de sa femme. Le costume en soie grise et brillante de l'homme, sa cravate rouge, qu'il n'avait pas pris la peine de nouer mais d'épingler, et sa chemise blanche, le tout horriblement froissé, témoignaient de nombreuses heures d'avion. Mais étrangement, il n'avait pas de bagage. Soit il est hindou, soit il a un sacré traumatisme crânien, pensa le chauffeur en voyant le gros turban blanc qui entourait la tête de son client. Mais son visage mat et barré d'une gigantesque moustache le faisait plutôt pencher pour un hindou. - Ikea ? - Ikea, répéta l'Indien en laissant traîner la dernière voyelle. - Lequel ? Heu... What Ikea ? bafouilla Gustave qui se sentait aussi à l'aise en anglais qu'un chien sur une patinoire. Son passager haussa les épaules comme pour dire qu'il s'en fichait. Djeustikea, répéta-t-il, dontmatazeoanezatbetasiutyayazeparijan. C'est à peu près ce qu'entendit le conducteur, une suite confuse de gazouillis palataux incompréhensibles. Mais gazouillis palataux ou pas, en trente ans de métier passés chez Taxis Gitans, c'était bien la première fois qu'un client fraîchement débarqué du terminal 2C de l'aéroport Charles-de-Gaulle lui demandait de le conduire dans un magasin de meubles. Car il n'avait pas souvenir qu'Ikea ait récemment ouvert une chaîne d'hôtels à son nom. Gustave en avait eu des requêtes insolites, mais celle-là décrochait le coquetier. Si ce gars-là venait vraiment d'Inde, alors il avait payé une petite fortune et passé huit heures dans un avion, tout cela dans le seul but de venir acheter des étagères Billy ou un fauteuil Poäng. Chapeau !
Résumé : Deux ans après son extraordinaire voyage dans une armoire qui l'avait transbahuté d'Angleterre en Espagne et de Tripoli à Paris, Ajatashatru Lavash Patel coule les plus doux des jours avec Marie Rivière, la dame de son coeur, et s'enfonce dans un quotidien douillet et sans aucun piquant. Jusqu'au jour où son éditeur refuse son second opus, trop lisse, en accusant son auteur d'être devenu ventripotent et ennuyeux. Piqué au vif, notre Patel part à la reconquête de soi. Cap sur la Suède pour s'en aller à la recherche du mythique Kisifrotsipik, la Rolls du lit à clous. Chemin faisant, il replonge dans les souvenirs de son apprentissage mouvementé à l'école des fakirs, au coeur du Rajasthan, marqué par la férule et la duplicité de son maître et initiateur Baba Ohrom. Romain Puértolas, en digne fils de Jules Verne et parfait gendre d'Alexandre Dumas, réaffirme cette vérité d'évidence : le monde n'est qu'une commode Ikea, pleine de fausses portes et de doubles fonds, et que l'on n'assemblera jamais !
Résumé : "Chaque seconde qui passait était une seconde de vie perdue pour Zahera. Car la maladie progressait à pas d?ogre et l?hôpital, là-bas, n?avait pas les moyens techniques de s?en occuper. La petite fille ne devait donc son salut qu?à sa volonté de fer, et à l?espoir, maintenant, que sa maman vienne la chercher au plus vite". R P. Alors que la jeune et jolie factrice parisienne Providence Dupois s?apprête à partir en Afrique chercher la petite fille qu?elle aime le plus au monde, un volcan islandais se réveille, paralysant l?ensemble du trafic aérien européen. D?aéroport en monastère tibétain, commence alors pour elle le plus haletant et le plus prodigieux des voyages. L?amour donne des ailes. Etes-vous prêt à vous envoler ?
- Mais regardez-moi qui voilà!? Ce ne serait pas ce grand dépendeur d'andouilles de Rodolphe? Où étais-tu, arsouille, ça fait plus d'une semaine que je te cherche?Il devait être 15 heures chez Maumo, le meilleur italien de Paris, dans le Marais, station Hôtel-de-Ville, juste derrière le Bazar, lorsque j'y suis arrivé. Auguste était à sa caisse, sous l'escalier au bout du bar.J'aime beaucoup Gus. On est devenus amis il y a sept ou huit ans après mon premier dîner chez lui. Je lui avais expliqué que son restaurant, si l'on s'efforçait de prendre de la hauteur, ressemblait à un point d'interrogation. La petite terrasse sur le trottoir était le point; l'entrée, un long couloir bordé sur sa gauche par le comptoir, la jambe; et la salle en arc de cercle, juste à la fin du comptoir après un escalier en virgule à gauche, la cursive étonnée. Et d'ailleurs, avais-je ajouté, tout est étonnement dans ce restaurant. Jusqu'à son nom: Maumo, qui n'est pas le diminutif d'Auguste.Il avait écouté en hochant la tête.- Maumo... Les juifs pensent que c'est le diminutif de Moïse, les Arabes celui de Mohamed et les mecs comme toi de Maurice. Tout le monde se sent chez lui et moi je sers tout le monde.Je passe le voir presque tous les jours pour discuter de nos avanies: moi accoudé au zinc et lui derrière sa caisse, juste sous le tablier de son escalier en virgule. Je ne sais pas comment nous en sommes arrivés à devenir confidents l'un de l'autre. Il me nourrit lors de mes vaches maigres et je lui rédige des suppliques pour les impôts, l'Urssaf, les affaires sanitaires, l'inspection du travail... Enfin, nous sommes amis.- Tu te souviens de Caroline?- La blonde? Celle qui a retourné une de mes tables parce que la sauce piquante était trop épicée?- Celle-là même.- C'est une plaie cette fille.- On s'est séparés.- Bonne nouvelle. Et ça t'a pris la semaine?- Laisse-moi te raconter. Tu connais Adam? L'autre soir, il m'a proposé une partie de poker.- Il organise des parties, Adam? Pourquoi est-ce qu'il ne m'invite pas?- Je ne sais pas... Et puis je m'en fous, ce n'est pas le propos. Tu veux que je te raconte ou pas?De la main et de la tête il m'invita à poursuivre.- J'en parle à Caroline qui saute de joie. J'ai toujours rêvé déjouer, qu'elle piaille! Parole, je n'arrivais pas à la tenir, elle voulait qu'on y aille de bonne heure. Avant le dîner même. A peine arrivée chez Adam, elle file vers la table sans même un bonjour ou un regard pour les autres. Rien. Une possédée du jeu. Don Carbino et François, déjà installés, la regardaient comme une extraterrestre. Je leur ai expliqué nos relations et qu'ils m'obligeraient en voulant bien la laisser jouer avec nous. Pendant ce temps, Caroline s'impatientait en tripotant les cartes...
A quoi ressemblait le modèle de la duchesse de Guermantes ? Colette a-t-elle eu de mauvais exemples à la maison ? Peut-on compter sur un festival de poésie pour redynamiser une région ravagée par le chômage ? Est-il encore possible d'enseigner Racine après la vague Mitou ? Madame Rolland était-elle la dernière des lyriques ? Peut-on boire et conduire jusqu'à Lépanges-sur-Vologne ? A toutes ces questions brûlantes et à d'autres encore que vous ne vous étiez jamais posées, Des écrivains imaginés apporte une réponse. Les écrivains qu'avec malice a imaginés Cécile Villaumé, de Charles d'Orléans l'incarcéré rechignant à financer le trousseau de Jeanne d'Arc à lady Marguerite D., la matriarche pérorante des Lettres françaises humant comme une pythie le mystère de l'affaire Gregory, sont appréhendés selon un angle d'attaque insolite. Détricotant toutes les hiérarchies, usant en virtuose d'un irrespect salubre et d'une revigorante causticité, Cécile Villaumé, inversant toutes les perspectives, invente là une nouvelle manière de faire l'histoire littéraire, celle qui invente, ni gros, ni petit, le troisième bout de lorgnette, celui de l'humour, le troisième oeil, le bon.
La plupart des poèmes que propose La Paix des jardins ont été écrits à deux époques : les années 1920 puis les années 1950. Dans la première (il a une vingtaine d'années), ce sont des sortes de romances, où la mélancolie se marie au cocasse et engendre une tonalité particulière, manifestant des parentés avec celles de Toulet, Levet, Laforgue ou Kipling, et où apparaît déjà tout le bric-à-brac imaginaire propre à l'auteur. Les poèmes de la fin (dont celui qui donne le titre au recueil) sont souvent plus graves, et peut-être plus beaux. "Tout va, tout vient, chante et s'envole Comme le baladin, Les jours, les mois, ton coeur frivole, Ton jupon blanc, ta tête folle, Et la paix des jardins."
Résumé : " Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. "
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.