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Derniers poèmes. (suivi de) L'Amateur de poèmes
Prévost Jean
GALLIMARD
17,04 €
Épuisé
EAN :9782070719129
Ce que les éditeurs ici ont intitulé par une commodité qui est aussi exactitude "Derniers poèmes" , ce sont des textes qui marquent à la fois un début véritable et dont le destin qu'a choisi l'auteur fera une fin. Ces "derniers" poèmes sont, du moins à l'âge d'homme, les premiers de Prévost. Il n'écrit pas à sa table, dans le calme. La France est bourrasquée par la défaite. Prévost a été évacué de Cherbourg vers Casablanca. "Je me suis refusé à trop penser, écrit-il, je n'ai rien voulu ajouter à ma peine. Aucun raisonnement de sagesse, malgré mon Epictète et mon Marc Aurèle, rien ne me servait que cette pauvre ruse aveugle qui m'écarte de ma douleur". Eh bien si, quelque chose va le servir, pour l'écarter de la douleur. Ce qu'il a besoin de faire passer, le message dont il veut se délivrer, cet appel, dans la détresse qui monte en lui, va spontanément prendre la forme du poème : Claude, si la guerre incertaine Un de ces beaux matins m'emmène Les pieds devant, N'écris pas mon nom sur la terre Je souhaite que ma poussière S'envole au vent. Encerclé dans la grotte du Vercors, au sortir de laquelle il sera abattu, il a consacré ces derniers jours, entre deux actes de guerre, à son essai sur Baudelaire et ses derniers "messages personnels" .
Résumé : "Julie avait vaguement entendu le début du combat, le bruit des corps roulant ensemble. Elle s'était dit, à écouter les pas de l'homme qui revenait seul, que ce devait être Pierre ; mais elle n'osait pas encore le croire ; elle ouvrit, elle le vit, et après un moment de défaillance le serra violemment contre elle. Après tant d'impuissance et d'attente, il lui semblait que ses bras énervés prenaient leur part du combat. Elle fermait les yeux, les pensées : comme cet homme contre elle était vaste et solide ! "Petit, tu me fais mal, lui dit Pierre à l'oreille ; j'ai un bras touché." A la fin elle demanda : "Où est Léon ?- Dans la Seine ; il a coulé sous le bateau. Fini."
Jean Prévost était capitaine au 39ème R. I. sous les ordres du Colonel Gibon Guilhem pendant toute la durée de la Grande Guerre. Après la guerre, il fait partie des troupes d'occupation à Kaiserslautern. Il met à profit cette période pour rédiger ses Souvenirs de Guerre sous forme manuscrite sur un cahier conservé dans la famille depuis près d'un siècle. Ce livre en est une recopie, augmentée de quelques documents. Ce livre offre l'intérêt de décrire les faits tels que Jean Prévost les a vécus, dans un style bien évidemment militaire, avec en outre quelques réflexions personnelles. La consultation de son dossier militaire au Service Historique de la Défense, au Château de Vincennes, a par ailleurs permis d'apporter des compléments indispensables. Gazé à Verdun, il en est mort en 1925. Il a été décoré de la Croix de Guerre avec cinq citations et fait Chevalier de la Légion d'Honneur. Jean Prévost est tout simplement un héros d'une grande modestie.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.