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Sur les lieux
Pradeau Christophe
VERDIER
25,50 €
Épuisé
EAN :9782378562113
Pourquoi éprouve-t-on le désir de se rendre sur les lieux de la fiction ? Pourquoi partir en quête de la maison de Dulcinée ou de tante Léonie ? Que nous disent ces pèlerinages sur les pouvoirs de la fiction, sur la manière dont les livres, même ceux que nous pensons avoir oubliés, habitent en nous et contribuent à faire vibrer l'épaisseur de durée où nous reconnaissons notre vie ? Que nous révèlent-ils du réalisme, de ce romanesque de proximité qui décide de l'avènement du liseur de romans ? Que nous apprennent-ils du processus - contemporain de l'invention du tourisme, de la démocratisation des loisirs et de la mondialisation - qui voit le roman devenir une "école" de la vie ? Cet essai se déploie sous une forme résolument narrative, à la façon d'une enquête qui serait aussi une odyssée, un périple circulaire de Constantinople à Istanbul, de Chateaubriand à Orhan Pamuk, en passant par Mary Shelley, Balzac, Flaubert, les Goncourt, Proust, mais aussi Georgette et Maurice Leblanc, Louise de Vilmorin et Max Ophuls, ou encore Jean-Paul Kauffmann, un voyage dans l'espace et dans le temps, pour décrire l'évolution et l'état présent du souci littéraire.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
La Souterraine peut se lire comme l'accomplissement d'une promesse : " Nous avions juré de nous rappeler jusqu'à l'heure de notre mort - c'était la formule que j'avais répétée après elle - ce que ça fait d'être un enfant. " Sur le chemin qui les ramène chaque dimanche de Lubersac, le village de la grand-mère, vers cette ville qui est la leur et " dont le nom est secret ", Laurence et son frère, le narrateur, ont inventé, pour conjurer l'ennui et la nausée qui les assaillent en voiture, un jeu qui consiste à s'emparer de chaque détail du paysage en lui attribuant une histoire. C'est ainsi que l'enfance se protège et s'oriente dans le brouillard des routes, de la peur, de la famille, de la géographie et de l'Histoire. Un soir d'hiver, sur l'écran de la vitre, ce brouillard que fend la voiture devient pour le frère et la s?ur l'épaisseur même du langage. " S'engouffrer dans les mots ", comme tout y invite dès lors, c'est explorer " l'intimité insituable des rêves " au risque de se perdre en retour dans ce qu'ils ont pour fonction de conjurer.
Ce numéro examine trois aspects du concept de mémoire mobilisables dans les analyses de textes et de discours : la mémoire virtuelle et textuelle - nous avons appris à voir la littérature comme un processus dynamique de mise en relations ; la mémoire discursive, qui signale la dimension historique de tout discours ; la mémoire cognitive, avec l'idée, d'une mémoire externe contribuant à la production des textes et des discours.
Les habitants de Constantinople l'appelaient les Vingt-quatre Portes du jour et de la nuit. Ils aimaient le spectacle des automates qui franchissaient là-haut, à l'heure dite, le seuil des niches ouvertes dans le clocher des Saints-Apôtres. L'homme qui lutte contre le sommeil, en ce lundi 18 juillet 2016, sur un banc du square Le Gall, dans le quartier des Gobelins à Paris, est l'une des très rares personnes qui conservent encore aujourd'hui le souvenir de cette horloge, qui fut pourtant l'une des merveilles du monde. Elle est mêlée à son existence plus encore qu'il ne le pense. Il nous invite ici à partager l'aventure d'une journée qui changera le cours de sa vie. Le roman évoque le temps qui nous traverse et les ruses que l'on invente pour domestiquer cette morsure intime, c'est aussi une histoire d'amour, la plus naïve et la plus subtile des ruses que l'homme a inventé d'opposer au temps qui passe.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Dans un pays dont on ignore le nom, où se succèdent des dictateurs qui tentent de le moderniser, une soeur et son frère jumeau vivent à la ferme de leurs parents, au milieu des plaines. Marcio travaille aux champs avec le père, un homme violent, tandis que Léonora s'occupe de la maison avec sa mère. Ils ont douze ans à peine et leur complicité semble totale, leurs jeux interdits irrépressibles. Mais un soir, alors que leurs corps se rapprochent doucement dans le fenil, le père surgit et voit se confirmer ce qu'il a toujours suspecté. Tandis qu'un nouveau coup d'Etat vient de se produire, les parents décident de séparer les jumeaux. Commence alors un combat long et incertain, celui de la réinvention de soi et de la quête obstinée de liberté.
Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.Notes Biographiques : Née en 1974 en banlieue parisienne, Anne Pauly vit et travaille à Paris. Avant que j'oublie est son premier roman.
Le fil de ce récit déroule l'histoire d'une rencontre entre une jeune femme, l'art de Piero della Francesca et un peintre d'aujourd'hui, qui s'appelle lui aussi Piero - un homme aperçu pour la première fois dans un café, au détour d'une place, à Rome. Cette vie à trois devient vite une danse si enivrante, sous la chaleur antique de l'Italie, que souvent l'on ne sait plus au bras de qui l'on danse. "C'est comme l'univers, on ne peut pas dire je le connais. Mais il habite à tel point les nuits et les jours, colore les heures même de repos, s'insinue dans tous les regards jetés, s'immisce dans tous les traits vus, au point qu'un soir, cela devient envahissant, doit naître, et ne cesse plus d'avoir un lieu en moi".