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Musée, nation, patrimoine. 1789-1815
Poulot Dominique
GALLIMARD
27,90 €
Épuisé
EAN :9782070742417
L'affirmation d'un patrimoine national paraît aujourd'hui aller de soi. Cette évidence cache une genèse chaotique, que la mémoire collective a oubliée derrière l'éloge convenu des institutions ou l'exécration complaisante du " vandalisme ". Rouvrir le dossier engage donc une critique de la raison patrimoniale, autant qu'un refus de l'histoire commémorative. Le fanatisme de l'avenir n'empêche pas la Révolution de se réclamer des siècles écoulés : leurs legs, régénéré par la liberté, doit appeler l'émulation, instruire le peuple et transmettre des leçons neuves à la postérité. La censure iconoclaste et l'inventaire patriotique, tous deux héritiers des Lumières, entendent épuiser le détail infini des richesses françaises à mesure des ordres de triage, des ambitions des antiquaires et de l'avidité des musées. Une fois éliminés futilités et symboles menaçants, le pays dispose de son passé comme d'une ressource, soumise aux principes de l'utilité et de la jouissance. Dépasser cette représentation exige ensuite un effort inédit pour penser le temps d'un patrimoine. Dominique Poulot reprend à neuf paroles et pratiques afin de déboîter stratégies de conservation, affirmations des valeurs et revendications d'artistes ou d'érudits. Il montre comment la sollicitude des pouvoirs, le travail d'interprétation et les intérêts du public comprennent peu à peu l'étrangeté de la tradition interrompue, reconstruisent son héritage et l'insèrent enfin dans le cours du progrès. Désormais images et objets s'inscrivent au tribunal de l'esprit humain, accroissent la somme d'énergies d'un " vieux peuple ", mais fournissent aussi une clé du présent en ressuscitant ses morts.
Le patrimoine se définit à la fois par la réalité physique de ses objets, par la valeur esthétique et documentaire le plus souvent mais aussi illustrative, voire sentimentale que leur attribue un savoir général, enfin par un statut spécifique, légal ou administratif. Il relève d'une réflexion savante et d'une volonté politique reconnue l'une et l'autre par l'opinion publique. L'attitude patrimoniale comporte deux aspects, l'assimilation du passé (transformation, métamorphose des traces et restes) et la relation entre présence de témoins d'un temps révolu dans le temps actuel. Cet ouvrage est une analyse inédite et originale de la notion de patrimoine, de son rapport à l'Histoire, de la manière dont une société construit son patrimoine.
Le "patrimoine" fait l'objet, depuis le siècle dernier, d'une administration spécifique, sinon d'une discipline autonome. Mais on voit se multiplier aujourd'hui des entreprises patrimoniales de toute nature, attachées à promouvoir traditions, mémoires et hauts lieux jusque-là inaperçus ou dédaignés. Ces initiatives se réclament tantôt d'une exigence savante, tantôt d'une actualité commémorative, tantôt d'opportunités politiques et administratives. Certaines relèvent d'une extension comme naturelle de l'effort de préservation, tandis que d'autres reconduisent, sous des habits neufs, les intérêts de l'érudition locale ; d'autres encore se confondent avec telles ou telles revendications corporatives ou communautaires. Elles visent toutes, au-delà de la nécessaire conservation des fonds ou des monuments, à susciter la vénération, à satisfaire des publics, voire à commercialiser divers "produits". Les différents auteurs ici réunis, experts reconnus et jeunes chercheurs, mettent en chantier une réflexion pluridisciplinaire. Ils évoquent successivement le travail de définition de l'héritage, les stratégies de conservation liées à la recherche d'une authenticité, enfin les pratiques de la mémoire collective. Chacun démontre ainsi combien le patrimoine participe des représentations qui tissent notre modernité.
Résumé : Cette synthèse traite du patrimoine tel qu'on se le représente dans tous les pays occidentaux. L'auteur mène de front une histoire du musée et une étude de la notion de patrimoine, depuis l'apparition de l'idée de collection raisonnée au siècle des Lumières, jusqu'aux politiques de la mémoire aujourd'hui conduites par les Etats, ainsi que les bouleversements induits par l'apparition des réseaux numériques.
Les musées sont, depuis deux siècles, l'une des institutions culturelles les plus légitimes et les plus fréquentées à travers le monde. A l'origine souvent monumentaux et exclusivement consacrés à la conservation, ils abritent des patrimoines locaux ou nationaux et alimentent, à l'occasion, des revendications universalistes concurrentes. Mais la diversité croissante de leurs contenus, de leurs activités et de leurs ambitions risque de dissoudre leur identité au fur et à mesure de leur multiplication spectaculaire. De nouvelles exigences, se rapportant au développement durable, à l'éthique sociale, à la nature et à la provenance de leurs collections, s'imposent à eux. Ils sont parfois au coeur de controverses à propos de l'art contemporain, de l'histoire et de la mémoire, des savoirs et de la recherche. Ce livre propose un bilan des mutations en cours et de leurs conséquences.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Né en 1265, Dante Alighieri participe à l'administration de Florence, sa ville natale, mais en est banni après une prise de position contre la politique du pape Boniface VIII. Il finit ses jours en exil à Vérone et à Lucques, puis à Ravenne où il meurt en 1321.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.