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Lanme-la. La mer
Poullet Hector
CARAIBEDITIONS
8,60 €
Épuisé
EAN :9782373111569
Comme pour tous ceux qui vivent sur une île, dans un archipel ou simplement sur la côte, la mer est la source de notre imaginaire. Omniprésente, elle habite à la fois nos sens et nos rêves. Elle est bavarde, la Mer, elle nous parle, nous dit qu'elle est aussi la Mère de la vie, qu'il nous suffit de nous livrer à elle pour qu'elle nous révèle tous les mystères de l'univers, tous les secrets de l'existence, toutes les joies, les musiques du monde. Alors nous cédons à son appel, nous plongeons en elle et découvrons un monde merveilleux, des souvenirs poétiques nous reviennent en mémoire, "des poissons d'or cherchent noise au monstre rose épouvanté", une tortue marine à la carapace d'écailles imbriquées se vante d'être belle parmi les belles, tandis qu'une anémone de mer tel Narcisse se prélasse dans un jardin sous marin où des gorgones lascives servent d'éventail à des madrépores... La Mer est une porte ouverte sur notre espace de liberté.
Résumé : De la poésie avant toute chose et pour cela fie-toi, à l'émotion que tu ressens quand tu la croises sur ton chemin. Oui, la poésie n'est pas forcément dans les mots, pas seulement dans la musique, ni uniquement dans les images ou autres métaphores, elle est partout autour de nous, dans le vol du colibri, dans le chant de l'oiseau, dans la rose de porcelaine, dans le regard que nous portons sur ce qui nous entoure. Les fruits par exemple, l'ananas, la pomme alligator, la pomme cannelle, sont toujours rayons de soleil qui nous parlent, nous disent que tous sommes frères et s?urs car tous poussières d'étoile. Ecoutons leur poésie, elle nous parle de nous. Il n'est plus alors question ni de vers, de rimes, ni d'assonances ou d'allitérations, il n'est même pas question de langue française ou créole, la poésie est langue universelle.
Voici un univers de sonorités où rythme et musique semblent s'être donnés rendez-vous pour le seul plaisir de la bouche et des oreilles. Plus de 100 onomatopées et interjections du créole de la Guadeloupe à partir desquelles la langue a donné des néologismes par dérivation ou par composition ; des substantifs comme on bio (un bal populaire), on totoblo (une dispute, un vacarme), on wélélé (un scandale) on chuichui-chwari (une rumeur) ; des adverbes comme blipman (subitement), agoulouman (goulument) ; des verbes comme kyipé (répliquer sans rien dire), gioupé (manger gloutonnement), tawaché (fouetter), tonmblokoto, (claudiquer). Un univers de nuances, de sous entendus, de signifiés multiples, qui habite le vocabulaire des jeunes et des moins jeunes et se retrouvent jusque dans les proverbes "Gyoum, chèché ; Gyoum, touvé" (qui sème le vent récolte la tempête). Trouver l'équivalent exact en français n'est pas toujours facile, d'où les limites de toute traduction, du passage d'une langue à une autre. Plus de 100 onomatopées et interjections et la liste n'est assurément pas exhaustive, car chacun de vous pourra sans doute en trouver encore quelques autres. Il vous suffira d'écouter ce qui se dit autour de vous pour enrichir ce petit lexique.
L'histoire du Nouveau Monde, et donc des Antilles, fourmille de légendes et de héros mythiques, d'intrépides religieux devenus boucaniers, pirates ou corsaires, de courageux chefs amérindiens, Taïnos ou Caribes, de valeureux Nègres Marrons à la tête de révoltés libérant leurs frères captifs de l'enfer des plantations de canne à sucre et, cependant, les légendes les plus connues des Antillais sont celles qui parient de l'Ancien Monde, de l'Europe ou même de l'Asie. Ici quatre légendes inédites des Antilles, comme les quatre points cardinaux d'un archipel mythologique, l'Archipel des Caraibes, font revivre des héros inconnus du grand public. Entre la légende de "Sésé", sur l'île de la Dominique, la jeune femme qui aurait été à l'origine de la guerre entre Arawaks et Caraibes et celle de "l'Homme du Continent", sur l'île de Marie-Galante, quatre siècles se sont écoulés. Contrairement aux contes le plus souvent pure imagination, les légendes sont les pierres angulaires de la tradition orale, ce qui reste dans la mémoire des hommes d'une histoire non écrite, histoire qui se raconte de génération en génération. Pas de Peuple sans légende. Les légendes livrées ici sont sans doute la clé de voûte qui permet un accès sublimé à la Culture Antillaise.
Mi yo ! Voici une cinquantaine d'objets qui permettent une immersion dans la vie d'antan aux Antilles. Il a fallu d'imperceptibles cillements pour que les jours soient autres et, avec eux, les gestes intrinsèquement liés aux objets. Utiles autrefois, ils sont inutilisés aujourd'hui sinon pour décorer les maisons ou compléter la collection des musées. Les nostalgiques et les plus jeunes à la vue brouillée par la brume de la modernité peuvent, ensemble, s'éclairer aux lanternes du souvenir. Mi yo ! Mis en lumière, figés sur le papier, certains objets d'antan sont sauvés de l'oubli. Avec eux, on plonge dans une ambiance folklorique, celle des rues, des cases et des lotos. On imagine la clameur des villes en écoutant résonner un lambi ou le chant du rara de semaine sainte. On redécouvre les pratiques alimentaires : moudre du café, piler des condiments, touiller à l'aide d'un bâton-lélé, boire dans une timbale en fer-blanc... On éprouve la rudesse d'une vie sans eau courante contraignant à utiliser des jarres, cruches, couds ou pots de chambre. On apprécie l'ingénierie des objets tels que la boîte à crabes ou la nasse à ouassous.