Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Une relation enragée. Correspondance croisée 1969-1986
Ponge Francis ; Prigent Christian ; Auclerc Benoît
ATELIER CONT
24,99 €
Épuisé
EAN :9782850350184
Francis Ponge a soixante-dix ans lorsque, en août 1969, il reçoit d'un étudiant de Rennes un mémoire consacré à son oeuvre. Cet étudiant, c'est Christian Prigent, alors âgé de 23 ans et fondateur de la tout nouvelle revue TXT. Son oeuvre poétique et critique est encore balbutiante, et pour cause : il semble que pour l'initier, il lui faille en quelque sorte traverser celle de Ponge. "Je m'explique tout par elle" , confie-t-il à celui qui se retrouve, de fait, en position de maître. En 1984, dix ans après que la rupture aura été consommée, il lui parlera du "'meurtre du père' par lequel, peut-être (? ) il fallait que je passe pour écrire hors de la fascination de votre travail". Correspondance entre un "grand écrivain" et un "jeune homme" , selon les termes dans lesquels s'institue l'échange, cette suite d'une centaine de courriers étalés entre 1969 et 1986 a cependant peu en commun avec les Lettres à un jeune poète - ne serait-ce que parce que les rôles, sur la scène littéraire, ne sont pas aussi fermement assignés. Ponge, étant sorti de l'isolement dans le courant des années 1960, cherche à asseoir son oeuvre et à lui assurer des héritiers ; Prigent, lui, cherchant son écriture, évolue très vite sur le plan esthétique et idéologique. Leurs échanges, même empreints d'estime et d'admiration, sont donc également stratégiques, d'autant plus qu'ils impliquent un tiers : la revue Tel Quel, alors importante promotrice de l'oeuvre de Ponge. Ces lettres, qui relatent entre autres l'introduction de Prigent auprès des membres de Tel Quel, la conception d'un numéro de TXT spécialement consacré à Ponge et les préparatifs du colloque de Cerisy, sont donc un document de notre histoire littéraire récente. Outre qu'elles éclairent la réception d'une oeuvre qui entend incarner "un apport aussi radical (pour le moins ! ) que celui d'Artaud ou de Bataille à la mutation en cours" , elles témoignent de l'effervescence intellectuelle et politique de l'après-68, laquelle sera la cause majeure de la rupture entre les deux interlocuteurs - l'un, gaulliste affirmé depuis Pour un Malherbe, l'autre, porteur des idées du mouvement étudiant - après le virage maoïste de Tel Quel en 1972. Spectacle d'une transmission ambiguë au-delà d'un fossé générationnel ? Tel est peut-être ce que donne à voir cette correspondance. En ce sens, elle contribue aussi à la compréhension de l'oeuvre de Christian Prigent - "Malaise dans l'admiration" , tel est le titre d'un article qu'il a consacré à son aîné en 2014. Signe d'une "relation enragée" , pour reprendre l'expression de Benoît Auclerc, concepteur de cette édition.
Résumé : "NIOQUE est l'écriture phonétique (comme on pourrait écrire inivrant) de GNOQUE, mot forgé par moi à partir de la racine grecque signifiant connaissance, et pour ne pas reprendre le GNOSSIENNE de Satie ni le CONNAISSANCE (de l'Est) de Claudel". Francis Ponge.
Coffret de trois volumes vendus ensembleNotes Biographiques : Né le 27 mars 1899 à Montpellier, Francis Ponge rencontre Jacques Rivière et Jean Paulhan et entre à l'Alliance française en 1952. Il a reçu le Prix international de Poésie en 1959 et ses divers recueils lui ont valu une audience de premier ordre, en particulier auprès de la jeune littérature. Francis Ponge est mort à Bar-sur-Loup le 6 août 1988.
Résumé : "Mes amis Paulhan et Gallimard ayant porté au grand jour, en 1942, ce très mince recueil, Le parti pris des choses, morceaux choisis de proses nées sur mes établis durant la première moitié de mon âge, il en résulta que je me trouvai, peu après, fréquentant certains autres ateliers : ceux de peintres et sculpteurs me traitant en familier, eux aussi, au point de souhaiter tout aussitôt se voir traités par moi, à leur tour, je ne dis pas tout à fait comme des choses, mais enfin à ma manière, c'est sûr. Aussi bien, les chocs émotifs ressentis au contact de cette espèce d'hommes, observés "à l'oeuvre" et dans leurs comportements quotidiens, tant éthiques qu'esthétiques, m'obligeaient-ils, de toute nécessité et d'urgence, à en obtenir, si je puis ainsi dire, raison. Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Que faisons-nous ? Que se passe-t-il, en somme, dans l'atelier contemporain ?" Francis Ponge.
Né le 27 mars 1899 à Montpellier, Francis Ponge rencontre Jacques Rivière et Jean Paulhan et entre à l'Alliance française en 1952. Il a reçu le Prix international de Poésie en 1959 et ses divers recueils lui ont valu une audience de premier ordre, en particulier auprès de la jeune littérature. Francis Ponge est mort à Bar-sur-Loup le 6 août 1988.
Résumé : C'est ainsi que j'érige les idoles polymères, chimie sophistiquée de l'être au monde. Elles me parlent comme je leur parle, une harangue de sourds-muets dans le silence peuplé du rien à dire. Que font-elles ? Elles gesticulent. Elles gesticulent pourquoi dire, pourquoi faire, je ne le sais pas, pour rien. Et pourtant ce rien dit quelque chose. Il a pris corps pour tout dire du rien à dire après tout très loquace. OEuvre atypique que celle Jean Claus - non seulement du fait de l'ancrage régional de l'artiste, qui tient résolument son Journal d'un Vosges-trotter, mais aussi et surtout de l'inspiration baroque de sa peinture et de sa statuaire. Tableaux de couples nus s'égayant dans des cieux pastel, sculptures de corps androgynes en suspension acrobatique, monuments copulatifs, oratoires, reliquaires, autels domestiques, vaisseliers... : autant dire que la visite de son atelier - ou de son "garde-meubles", selon le mot de l'artiste - vaut pour une exploration de l'inclassable. Et que, face à l'irrésistible légèreté de cet art, qui balance entre l'anachronisme riant de ses sujets et l'ironique modernité de ses matériaux, c'est le spectateur, pour finir, qui ne sait plus sur quel pied danser.
Résumé : De 1908 à 1943, Käthe Kollwitz commente dans son journal la vie de son entourage, le progrès de ses travaux et les vicissitudes, lointaines ou infiniment proches, d'une Europe qui s'enfonce rapidement dans le cataclysme. Autant de lignes croisées, chez cette artiste à qui la guerre enleva un fils, et qui ne cessa jamais de croire aux vertus politiques de l'art. Ce Journal est non seulement le portrait d'une artiste, un recueil de réflexions sur sa création, un témoignage formidable de ce que peut être en art l'engagement, mais aussi un tableau terrible et dramatique de l'histoire de l'Allemagne du début de la première à la fin de la seconde guerre mondiale.
des Forêts Guillaume ; Rabaté Dominique ; Bettenco
Prolongeant la publication en 2015 des oeuvres complètes de Louis-René des Forêts en "? Quarto ? ", ce livre collectif présente pour la première fois de manière exhaustive tout l'oeuvre peint et dessiné de l'écrivain. On connaissait déjà par des expositions dans les années 70 et par des publications en revue (notamment le "? Cahier du Temps qu'il fait ? " en 1991, certaines reproductions dans le "? Quarto ? ") l'activité picturale de Louis-René des Forêts, à laquelle il s'est consacré durant plusieurs années alors qu'il avait cessé d'écrire. Mais on en avait jamais eu que des vues partielles, plus ou moins bien reproduites. C'est donc un manque que vient combler cette publication collective, en permettant de reproduire en grand format les soixante et une peintures de l'auteur et la totalité de ses dessins. L'ouvrage sert donc de catalogue raisonné de toute cette oeuvre secrète pour la donner à voir de la façon la plus exacte et la plus agréable, de la découvrir enfin dans l'ampleur et l'originalité de ses compositions, dans la variété de ses réalisations plastiques. Reprenant son titre à celui d'un des tableaux de des Forêts, cet ouvrage propose aussi une véritable enquête biographique et critique de la constitution de l'oeuvre picturale, en reprenant patiemment la chronologie des dessins et des tableaux, pour établir précisément l'archéologie ancienne d'une activité qui remonte aux années de collège entre 1930 et 1932. On trouvera ainsi l'ensemble des dessins que le jeune des Forêts fait sous nom d'emprunt de ses camarades et de ses maîtres, et où il jette les bases de l'univers adolescent qui irrigue son oeuvre jusqu'à Ostinato. On découvrira aussi une série de dessins de facture plus réaliste, des choses vues prises plus ou moins sur le vif, comme lors d'un voyage en Angleterre en 1970. Il faut donc souligner que l'ouvrage donne accès pour la première fois à une part véritablement cachée de l'oeuvre, qui est ainsi mise en rapport avec les tableaux, eux aussi donnés à voir pour la première fois de façon exhaustive, et dans un format qui leur rend mieux justice. Cessant d'écrire entre 1968 et 1974, Louis-René des Forêts trouve dans la liberté du dessin et dans l'aventure de la gouache une autre manière de s'exprimer, sans doute plus proche d'un monde onirique auquel il donne libre cours, dans des compositions souvent baroques qui jouent des effets de redoublement et de miroir. Quand il entreprend à partir de 1975 "? Légendes ? " qui deviendra Ostinato, il pose définitivement crayons et pinceaux. Mais le détour par la peinture, par les visions qui s'imposent à lui pendant ces années, a nourri le retour à une écriture poétique et obliquement autobiographique. Pour accompagner ce voyage dans les tableaux et les dessins, l'ouvrage propose aussi plusieurs pistes de réflexion sur les liens entre écriture et dessin. L'introduction de Dominique Rabaté revient sur la puissance onirique des tableaux. Bernard Vouilloux établit avec soin la chronologie des dessins en commentant précisément leur évolution. Pierre Vilar déplie les trois temporalités qui fabriquent le pouvoir d'étrangement de visions qui consonnent avec celles de Klossovski ou de Bettencourt (dont les textes sont ici repris en fin de volume). Nicolas Pesquès suggère deux récits critiques qui rendent compte du hiatus et des liens entre littérature et peinture chez des Forêts.