Et si la crise économique profitait au populisme radical ? Pour expliquer la montée du populisme de droite en Europe, les analystes privilégient soit les facteurs de type politique - l'influence des partis et des leaders politiques -, soit mettent l'accent sur les caractéristiques des populations qui les plébiscitent par leur vote. Ils décrivent alors les adhérents aux idées du populisme de droite comme les "perdants de la modernité" appartenant le plus souvent à la classe populaire. Ce livre, qui se fonde sur une enquête originale réalisée en Suisse dans le cadre d'un projet de recherche européen, propose d'interroger ces explications univoques. L'exploration du monde du travail permet de plonger au coeur des raisons qui ont modifié les visions du monde qui, par certains aspects, présentent des affinités avec les programmes des mouvements de la droite radicale. Par le biais d'entretiens approfondis auprès de travailleuses et travailleurs dans des entreprises ou des secteurs économiques en grande transformation, les chercheurs ont dévoilé des effets peu connus des "nouvelles organisations du travail". En déstabilisant les conditions d'attachement au travail des salariés, le nouveau management des entreprises affecte également leur subjectivité politique, à savoir leur rapport citoyen au monde social. C'est ainsi que dans une société de plus en plus multiculturelle, touchée par la globalisation et les transformations du marché du travail, les individus tentent d'expliquer le monde qui les entoure et redonner un sens aux situations (souvent difficiles) qu'ils vivent au quotidien. Ce faisant, ils modifient leur grille de lecture de la réalité et mobilisent des éléments très proches des schèmes typiques du populisme de droite : limitation du nombre d'étrangers, fermeture du pays, protection de la culture nationale, critique des élites politiques et économiques, exclusion des "marginaux sociaux", vision nostalgique du passé, etc.
Mona mène une vie d'ado presque banale. Elle découvre les soirées, les premiers émois amoureux et les incertitudes liées à son jeune âge. Pourtant, Mona ne voit plus le monde qui l'entoure. Sans raison apparente, ses paupières se sont un jour définitivement fermées devant ses yeux. Les moqueries au lycée fusent et elle doit s'adapter sans repères. Mais elle réalise que cette privation lui octroie un tout autre pouvoir : celui de sonder l'esprit des individus afin d'y déceler leurs secrets. Bien malgré elle, Mona va lever le voile sur les sombres mystères enfouis de la petite ville de Cérifault. Un roman noir, onirique et écologique qui explore la candeur de l'adolescence et le vertige du passage à l'âge adulte.
Sainsaulieu Ivan ; Surdez Muriel ; Plomb Fabrice ;
Résumé : Le travail a-t-il un sens politique ? La conscience ou l?engagement politique se forgent-ils au travail ? Loin d?être anodines, ces questions méritent d?être réexaminées. Les travaux sur la socialisation politique se sont en effet déconnectés des recherches sur les transformations des conditions de travail. D?où l?intérêt du présent ouvrage consacré aux sens politiques du travail, aux différentes formes de politisation dans des situations et des secteurs professionnels contrastés. Dans une perspective résolument internationale et par un dialogue constant entre la sociologie et la science politique, il montre, d?une part, comment le milieu professionnel modèle les rapports à la vie politique. Il présente, d?autre part, l?articulation des différentes dimensions du travail et du " hors travail ". Au final, l?ouvrage offre un regard plus fin sur ce qu?on considère trop rapidement comme des processus de dépolitisation, de volatilité ou d?individualisation croissante des opinions politiques. Le travail continue à configurer le sens que les individus donnent à la politique, voire à façonner des sociabilités porteuses d?action collective.Cet ouvrage a été dirigé par Yvan Sainsaulieu et Muriel Surdez de l?Université de Fribourg. Avec les contributions de Amin Allal, Leyla Arslan, Marie-Christine Bureau, Florent Champy, Régis Cortesero, Christelle Didier, Youssef El Chazli, Isabelle Ferreras, Olivier Fillieule, Philippe Gottraux, Guy Groux, Francisca Gutiérrez Crocco, Antoine Kernen, Alexandre Lambelet, Stéphane Le Queux, Chantal Magnin, Lilian Mathieu, David Mélo, Julian Mischi, Cécile Péchu, Fabrice Plomb, Francesca Poglia Mileti, Arnaud Saint-Martin, Ariel Sevilla, Kristoff Talin, Éric Zufferey.
Au pays de l'épargne et des banques, l'endettement privé a longtemps été considéré comme un problème mineur. Pour la première fois, des chercheur-es et des intervenantes sociaux issus de différentes disciplines et régions linguistiques proposent un état des lieux de l'endettement problématique et du surendettement en Suisse. Les contributions réunies dans ce livre bilingue (français/ allemand) contribuent toutefois à enrichir la réflexion au-delà des frontières. Forte d'une tradition libérale où les vertus civiques comme la responsabilité financière personnelle et l'esprit d'économie sont valorisées et encouragées la Suisse constitue en effet un terreau particulièrement propice pour rendre compte des dimensions structurelles de l'endettement et du surendettement. Organisé en huit parties proposant différents niveaux d'analyse (macro, méso et micro), ce livre met en lumière les mécanismes juridiques, administratifs, économiques et sociaux qui contribuent souvent incidemment à favoriser des processus d'endettement problématique dont il est alors particulièrement difficile de s'extraire.
Ce livre constitue un inédit dans le domaine du music-hall. Les cinquante années envisagées s'étalent de la fin du XIXe siècle à la décennie cinquante. Les chercheurs et curieux y trouveront les noms d'artistes de talent qui eurent du succès en leur temps mais ne figurent dans aucun ouvrage, même spécialisé. Ce travail a demandé des recherches considérables mais n'a guère la prétention d'être exhaustif. Un des objectifs consiste également à réparer des injustices et susciter peut-être des rééditions d'enregistrements rares et précieux.
Au matin du 22 mars 2016, en se rendant à son bureau, Caroline Choplin monte dans le dernier wagon de la rame de métro qui s'arrêtera brusquement à la station Maelbeek. Elle ne le sait pas encore, mais ce choix involontaire lui sauvera la vie. Trois ans après le double attentat qui a frappé la capitale belge, elle revient sur les émotions ressenties ce matin-là et celles des jours et des mois qui ont suivi le choc.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
Mukendji Mbandakulu Martin Fortuné ; Lianza Zalonk
L'ouvrage s'attèle à montrer le rapport dialectique entre la guerre et la paix. La guerre semble être le lot des hommes. Les causes, les sources de la guerre sont relevées ici. Les théories sur les guerres traditionnelles et modernes y sont développées. Il n'y a pas de paix sans guerre. Bien que celle-ci ait des germes de destruction de celle-là, elle en est aussi génératrice. Les relations entre les états sont sujettes à cette ambivalence. On fait la guerre pour avoir la paix. La guerre ne peut cesser que si les causes des conflits entre les nations, entre les hommes peuvent être extirpées. La paix est préférable mais elle reste à conquérir. Cette étude corrige l'opinion selon laquelle les relations internationales et la philosophie ne peuvent faire bon ménage. La polémologie et l'irénologie sont donc inséparablement liées aux réflexions philosophiques.