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Les frontières alimentaires
Pitte Jean-Robert ; Montanari Massimo
CNRS EDITIONS
29,00 €
Épuisé
EAN :9782271066428
Valeurs, attachements identitaires, plaisirs: l'alimentation est un moyen d'échange privilégié entre les sociétés. Découvrir les richesses gastronomiques de leurs voisins décourage les instincts belliqueux des peuples, leurs inclinations à la guerre, aux frontières et encourage plutôt leur curiosité, souvent leur gourmandise, parfois leur verve. Que l'on songe seulement à l'admiration goulue des Français pour la pizza, la pasta, la paella ou la saucisse de Francfort et leur dédain ironique pour la sauce à la menthe, le gigot bien cuit, les légumes à l'eau ou la crème aigre-douce Les frontières qu'examine ce livre sont géographiques. Elles n'en présentent pas moins la condition humaine dans son unité et dans toute sa diversité. Seuls les plantes et les animaux se nourrissent de leur environnement immédiat. Depuis toujours, les sociétés humaines l'ont appel à l'ailleurs. Leurs besoins ont été à la source des grandes routes commerciales, des caravanes de sel et flottilles de vin, d'épices ou de sucre aux avions-cargos de poissons frais pêchés dans toutes les mers du globe, en passant par les camions et trains de fruits et de légumes. Les inégalités de cette diffusion ajoutent aux frontières de la nature, celles de la culture. Goûts, produits, modes de préparation, manières de table, s'ensuivent pour des raisons religieuses, politiques, identitaires ou tout simplement par plaisir. Un panorama sans précédent qui permet de comprendre ce qui fait notre pain quotidien, mais aussi les univers culinaires des autres. Biographie de l'auteur Massimo Montanari est professeur d'Histoire médiévale à l'Université de Bologne. Jean-Robert Pitte est professeur de Géographique historique et culturelle à l'Université Paris-Sorbonne, membre de l'Institut. Tous deux sont spécialisés dans le domaine de l'alimentation et collaborent dans le cadre de l'Institut européen d'histoire et des cultures alimentaires (IEHCA).
Après des décennies de positivisme et de scientisme, de fréquentation exclusive des sciences dites exactes et de l'économie, les géographes sont de plus en plus nombreux à redécouvrir que l'espace terrestre a un passé et que la connaissance de celui-ci est bien utile pour appréhender le présent. Ils acceptent aussi beaucoup plus volontiers l'idée que les choix humains relèvent davantage de logiques culturelles que d'adaptations mécaniques à des règles d'ordre naturel, social ou économique qui seraient intangibles dans l'espace comme le temps. L'Europe est un terrain d'une incomparable richesse pour mettre en valeur l'intérêt de la géographie historique et culturelle. Les auteurs de cet ouvrage ont voulu illustre l'extraordinaire diversité d'attitude, de paysages, d'objets que les peuples de ce continent se sont plus à imaginer et créent encore aujourd'hui, malgré l'apparente uniformisation du monde. C'est un hommage à l'œuvre de Xavier de Planhol, professeur émérite à la Sorbonne, qui a partagé son activité scientifique entre la géographie historique et culturelle du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord et celle de l'Europe, dont il a contribué, en particulier, à comprendre la genèse des paysages et de l'habitat ruraux.
De tous ceux qui peuplent nos pays, le châtaignier est certainement le moins "naturel" des arbres. Sa culture a sans doute été imaginée dans le Caucase et a gagné pendant l'Antiquité l'Europe occidentale où il poussait déjà à l'état sauvage. Grâce à une sélection méthodique de ses meilleures variétés, il a été littéralement "domestiqué" à la fin du Moyen Age et à l'époque moderne. Consommés sous diverses formes, ses fruits — d'une grande valeur nutritive — compensèrent longtemps les fréquents déficits céréaliers d'un monde souffrant d'un trop-plein d'hommes et vulnérable aux moindres variations climatiques. Jouant jusqu'au siècle dernier, en de nombreuses régions d'altitude moyenne au sol pauvre, un rôle fondamental dans l'économie rurale (bien qu'on en ait rarement pratiqué la monoculture), il est à l'origine de paysages très typés — dont il ne reste plus de nos jours que des traces —, et son bois a connu de multiples usages — en particulier les échalas des vignes et une quantité d'objets de la vie quotidienne. On peut donc à bon droit parler d'une "civilisation du châtaignier" qui possède des traits communs en Galice, en Toscane, dans le Trás-os-Montes portugais, en Corse, dans les Cévennes, l'Auvergne et le Limousin : une civilisation à l'imaginaire très riche et dont la disparition entraîne aujourd'hui des nostalgies un peu trop oublieuses de son caractère éphémère à l'échelle des siècles. L'histoire du châtaignier en Europe et des hommes qui l'ont fait et en ont vécu n'avait jamais été entreprise. La voici retracée, d'après l'observation sur le terrain et la consultation des archives, avec la perspicacité que confère à l'historien des paysages la connaissance — propre au géographe — du pragmatisme des activités humaines devant les sols et les climats.
On ne peut plus aujourd'hui comprendre l'histoire de l'alimentation, comme on l'a longtemps fait, au regard des seuls impératifs environnementaux, démographiques, économiques. Non, la nécessité ne fait pas toujours loi. Les valeurs et les croyances la transcendent toujours. On nourrit ses rêves et ses espérances autant que son corps. Dans ce livre, on découvrira les liens qui unissent de nombreux aliments aux religions. Acceptons l'intrication de la matière et de l'esprit, de la bête et de l'ange qui s'unissent en notre nature et nous permettent la tentation si agréable de vivre pour manger, alors que manger pour vivre est une ascèse qui n'est pas accessible à tous. Combien sage était l'apôtre de la Réforme catholique du XVIème siècle, saint François de Sales, lorsqu'il écrivait qu'il faut soigner le corps pour que l'âme s'y plaise! Biographie de l'auteur Membre de l'Académie des sciences morales et politiques et président de l'université Paris IV Sorbonne de 2003 à 2008, Jean-Robert Pitte est l'auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels, chez Fayard, Terres de Castanide (1986), Gastronomie française (1991), Le Vin et le divin (2004), Géographie culturelle (2006).
Résumé : Tandis que l'histoire inscrit les traces de l'action des hommes dans le temps, la géographie le fait dans l'espace. Toute terre immergée présente un paysage et pourtant le paysage - ou plutôt les paysages - de France, à nul autre pareil, est davantage le fruit des décisions des hommes que celui des sols et du relief. D'une nécessité universelle, les Français, depuis le roi jusqu'au plus humble de ses sujets, ont fait de l'alimentation une pierre de touche de leur art de vivre. La vigne est présente presque partout, mais les religions - et singulièrement le christianisme - n'en out pas toutes tiré le même parti... Les ouvrages et études rassemblés ici le montrent à l'envi : la civilisation, la culture ne sauraient se dispenser de l'indispensable éclairage que leur procure la géographie, s?ur siamoise de l'histoire.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
Quelles sont les différences entre la Bible juive et la Bible chrétienne ? Entre les Bibles orthodoxe, catholique, protestante ? Qui les a fixées ? Comment ont-elles été diffusées ? Aucun livre n'aura été plus copié, imprimé, traduit, commenté, débattu, loué et honni, aucun livre surtout n'aura eu autant d'influence sur nos croyances mais aussi sur nos modèles de pensée, sur notre langage et notre culture que la Bible. De la traduction de saint Jérôme à l'étude des rouleaux de la mer Morte, c'est la véritable histoire du livre que raconte ici, avec une science et un brio inégalés, Jaroslav Pelikan. Un ouvrage indispensable pour découvrir ou redécouvrir la Bible avec intelligence.
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux. Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. A l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens, fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes. Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques. Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.
C'est que du bonheur ", s'exclame-t-on désormais communément à tout propos ! Mais qu'est-ce que le bonheur ? Un désir, une aspiration ? Une disposition d'esprit, une aptitude que chacun posséderait à des degrés différents, l'humanité se divisant entre optimistes et pessimistes ? Notre époque, pourtant lourde d'angoisses en l'avenir, semble en effet obsédée par le bonheur. Elle paraît faire de la capacité à être heureux une injonction, un ordre politiquement correct : multiplication de guides et de manuels, créations de clubs et de think tank (" Fabrique Spinoza ", " ligue de l'optimisme "), mise en place de travaux de recherche sur le thème (chaire de sciences du bonheur, Nobel d'économie décerné à Angus Deaton pour ses travaux sur bonheur et croissance). Ce dictionnaire est donc né d'un étonnement sur la place paradoxale prise par une notion fuyante dès que l'on tente de la fixer historiquement et psychologiquement. Il se veut donc critique. Croisant des points de vue multiples à travers 230 entrées et 92 auteurs, de la philosophie à la littérature, des arts à la sociologie, de l'économie à la psychologie et à la psychanalyse, des neurosciences à l'histoire, etc. , il est à la fois instrument de connaissances et invitation à réfléchir sur le contemporain. L'enjeu de ce dictionnaire réside surtout dans la volonté de questionner les nouveaux clichés sur le bonheur.