Après Lars Sjunnesson et Max Andersson, L'Association poursuit dans sa veine scandinave avec la publication de l'anthologie de cet auteur indispensable. Pilier de la revue suédoise Galago, Joakim Pirinen y a développé un univers angoissé, d'une grande richesse graphique, qui a impressionné ses contemporains sans avoir fait l'objet jusqu'ici de traductions à la mesure de son talent. Constamment à la recherche d'une joie de vivre et d'une innocence qui lui font défaut, il soumet la bande dessinée aux plus grandes épreuves, pour donner corps à son mal-être d'humain et de père de famille. Le Couple mort et ses "amis", que l'on n'ose décrire comme le miroir autofictionnel de l'auteur, est hanté par l'incapacité de vivre ensemble, en famille et ce, jusqu'à la mort. Et malgré les peurs et l'angoisse apparentes, Joakim Pirinen s'impose à nous comme un très grand auteur. Comme l'annonce Yvan Alagbé, qui rédige la préface : "Je ne connais pas Monsieur Pirinen mais je le suivrai les yeux ouverts jusqu'au bout du monde" .
Devenu l'un des auteurs emblématiques de la "nouvelle bande dessinée" , et avec plus de 160 livres à son actif, Lewis Trondheim s'est essayé à tous les genres. Il est aussi membre fondateur de l'Oubapo (Ouvroir de bande dessinée potentielle), cofondateur de l'Association, et dirige la collection "Shampooing" aux éditions Delcourt. Il a contribué à la création du SNAC BD (syndicat des auteurs de bande dessinée) et a inventé le "Fauve" devenu la mascotte du festival d'Angoulême, manifestation qui l'a couronné de son Grand Prix en 2006. Cette carrière d'une richesse remarquable le place au carrefour de toutes les évolutions récentes de la bande dessinée. D'habitude peu enclin aux interviews et aux apparitions médiatiques, Lewis Trondheim s'est cette fois longuement entretenu avec Thierry Groensteen, théoricien et historien de la bande dessinée, et ami de longue date. Le texte qui en résulte éclaire non seulement un parcours artistique aux avant-postes de la création contemporaine, mais également une personnalité intègre, un esprit agile et inquiet, un tempérament joueur. Ce recueil d'entretiens, illustré de nombreux documents rares ou inédits fait le bilan - provisoire - d'une carrière étonnamment féconde. Enrichi du témoignage d'une dizaine de proches de Lewis, cet ouvrage paraîtra à l'occasion de l'exposition rétrospective "Lewis Trondheim fait des histoires" présentée au musée de la Bande dessinée d'Angoulême de janvier à mai 2020.
Fraîchement non diplômé des Arts-déco de Strasbourg, et toujours célibataire, Tofepi est de retour chez ses parents en Vendée dans une petite ville de 6 000 âmes. Sa carrière de dessinateur est au point mort et ses parents s'exaspèrent de son manque d'activité. L'offre d'emploi pour un poste de correspondant local dans " L'Hebdo " tombe à pic : une nouvelle carrière s'offre à lui, peut-être qu'il deviendra journaliste et rencontrera l'âme soeur ! Appareil photo, dictaphone, stylo, gomme et agenda, c'est parti pour une série de reportages sur des sujets aussi palpitants qu'un départ à la retraite, une fête à la crèche ou un concours de belote. C'est aussi l'occasion d'évoquer son quotidien dans sa famille, ses amourettes imaginaires et un poil incarné récalcitrant. En (vieille) voiture, en vélo (de papi) ou à pied, c'est par une sorte de lent road-movie empreint d'humour et de nostalgie qu'il nous invite à visiter ce nouvel épisode de son passé.
Résumé : Parmi les bonnes résolutions que Lewis Trondheim a formulées devant sa bûche au Grand-Marnier le premier janvier 2018, il y avait celle-ci : faire un dessin par jour dans un petit carnet moleskine, mis en couleur à l'aquarelle par ses propres soins. Et c'est Lapinot qui est naturellement apparu sous sa plume. Homme de parole, il réalise depuis, chaque jour, une nouvelle case de ces nouvelles aventures de Lapinot, qui est rejoint par l'incontournable Richard dans une épopée échevelée dans laquelle il est question de dimensions parallèles, de nature qui reprend ses droits (et un peu plus encore), avec de l'amour et des bagarres, des phénomènes surnaturels et du vomi, de l'émotion et des coups de théâtre Ce recueil des 365 cases (on regrettera qu'il n'ait pas choisi une année bissextile) est publié au format des originaux.
Une comédie truculente dans la campagne québécoise des années 20, distillée par Régis Loisel (La Quête de l'oiseau du temps, Peter Pan) et Jean-Louis Tripp (Jacques Gallard, Paroles d'anges). Réalisant ensemble le scénario aussi bien que le dessin, Loisel et Tripp ont conjugué leurs talents pour donner naissance à un auteur virtuel.
En l?absence de Marie, dont personne ne sait si et quand elle reviendra de Montréal, Serge a pris ladécision de s?occuper désormais de son commerce. C?est qu?il faut bien approvisionner Notre-Dame-des-Lacs, qui manque de tout depuis que son Magasin Général est tombé en déshérence.Malheureusement, ce n?est pas si simple. Les fournisseurs de Saint-Simon, qui n?accordaient leurconfiance qu?à Marie, refusent de faire crédit à Serge. La tension monte au village, scindé en deuxcamps: ceux qui regrettent Marie (surtout les hommes) et ceux qui sont heureux qu?elle soitpartie (surtout les femmes), ne lui pardonnant pas d?avoir « fauté ». Pendant ce temps, Marie s?amuse comme une folle à Montréal, sort et multiplie les amants. Mais elle est nostalgique du village?
Récompensé par le prix Pulitzer, Maus nous conte l'histoire de Vladek;.Spiegelman, rescapé de l'Europe d'Hitler, et de son fils, un dessinateur de bandes dessinées confronté au récit de son père. Au témoignage:bouleversant de Vladek se mêle un portrait de la relation tendue que l'auteur entretient avec son père vieillissant.
Avec Moi, René Tardi, prisonnier de guerre - Stalag IIB, Jacques Tardi concrétise un projet mûri de très longue date: transposer en bande dessinée les carnets de son propre père, rédigés des années durant sur des cahiers d?écolier, où celui-ci tient par le menu la chronique de sa jeunesse, en grande partie centrée sur ses années de guerre et de captivité en Allemagne. Après avoir, comme on le sait, énormément travaillé sur la guerre de 14 ? 18, c?est la première fois que Tardi se penche d?aussi près sur la période de la Seconde Guerre mondiale. Ce faisant, il développe également un projet profondément personnel: en mettant en images l?histoire de son père militaire, Tardi explore rien moins que les racines, les origines et les ressorts de sa propre vie. Ce « roman familial » prend des accents d?autant plus intimes que Tardi a associé au projet deux de ses propres enfants, Rachel (qui assure la mise en couleur) et Oscar (documentation et recherches iconographiques).