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Le temps des fruits
Piñon Nélida
DES FEMMES
15,75 €
Épuisé
EAN :9782721004338
Le titre du livre évoque la venue du printemps. Pourtant, les créatures du Temps des fruits traversent un paysage rude, violent, découvert par l'homme depuis peu. Héritiers de mythes et de souvenirs épars, ils ne conservent, du paradis terrestre primitif, que des lambeaux de rêves, des traces d'un monde épique disparu. En leur qualité de pèlerins, ils explorent le désordre de la réalité, tout en aspirant à l'éloquence des gestes dramatiques, à des sentiments d'une densité archéologique. Quasiment aphasiques, privés du prestige du verbe et de la voix, des bruits polysémiques, il ne leur reste que l'héritage d'émotions funestes, passionnées, sauvages et de gestes subtils, distraits, parfois raréfiés". Ainsi s'exprime l'auteure à propos de ce recueil de nouvelles, écrites à vingt-huit ans. Peut-on parler de "personnages" à propos de ces êtres sans nom, qui évoluent à travers le recueil ? Nelida Pinon se dirige à pas sûrs vers une forme de narrativité à la limite de la parabole.
La République des rêves est une saga somptueuse, dominée par la haute figure de Madruga, immigrant espagnol devenu magnat de l'industrie. Fuyant la misère de son village de Galice, il s'est embarqué, à treize ans, pour "les Amériques" . Le village espagnol de Sobreira au début du siècle, le Brésil des années 1930, avec la dictature populiste de Getulio Vargas, le Brasilia de Kubitschek, le Brésil des années 1980 servent de toile de fond à la tumultueuse histoire d'une famille déchirée, partagée entre la nostalgie du pays natal et l'amour de cette nouvelle patrie, à la fois accueillante et hostile. Dans une atmosphère d'inceste, trois générations s'affrontent sous le regard de la jeune Breta, dépositaire de l'épopée familiale et de rêves ancestraux : rêves d'anciennes esclaves et mémoires de l'Afrique, rêves d'immigrants qui se ruent vers la fortune, rêves de puissance des classes dominantes, rêves des pauvres qui se réfugient dans la magie...
A la fois roman d'action et roman d'un flux de conscience, ce récit, de forme autobiographique et qui s'inscrit dans la tradition des romans d'apprentissage, est un voyage dans un Portugal de la deuxième moitié du XIXe siècle mêlant inextricablement réel et imaginaire. Le narrateur, Mateus, y retrace son existence marquée par un traumatisme affectif initial. En quête désespérée d'un amour perdu d'avance, il est passionné par l'histoire portugaise et l'identification chimérique qu'elle permet avec les grands mythes de la mémoire collective. Une action structurée autour de trois lieux : le village pauvre de la province du Minho, à l'extrême nord du pays où il a passé son enfance auprès de son grand-père ; Lisbonne où il se confronte aux modes de vie de la grande ville ; Sagres, dans l'Algarve, destination mythique qui hante ses rêves depuis l'enfance, cité située entre l'Afrique et l'Europe, à l'extrême pointe du Portugal et du continent européen, choisie par l'Infant Henrique (Henri le Navigateur) pour y fonder une école navale et en faire la base de départ des expéditions qui permettront la constitution de l'empire mondial portugais. Le récit est nourri par la récurrence de plusieurs thèmes : la nature, le lien profond avec les animaux, les besoins d'amour et de sexe(s), avec leurs rituels primitifs et leurs délicatesses, le bonheur et le malheur de vivre et de mourir dans une société où le salut est individuel et le naufrage social. Le roman est aussi un hymne à la langue portugaise et à la création littéraire, dont la référence héroïque est Camões, le grand poète-barde-prophète épique des Lusiades, héritier d'Homère et de Virgile, inventeur de la mythologie des expéditions portugaises et de ses héros. " Tout triste rebelle que je suis, j'attribue des formes informes aux miettes de pain éparpillées sur la table. Alors que j'apprécie les produits de la terre, il n'y en a pas beaucoup chez moi, je me nourris pour ainsi dire de petites bricoles. Pourtant sans eux, je ne serais pas ici, sur cette colline de Lisbonne, une des sept existantes, que je parcours en m'appuyant aux murs pour ne pas tomber. Après avoir quitté les terres de mon grand-père et m'être établi à Lisbonne, à Sagres, et puis dans le monde, c'est ici que je suis revenu. Qui suis-je sans les ruines des villes humaines et sans les bribes de mon existence ? Qui suis-je sans ces histoires, mes décombres ? Je vis avec une parcimonieuse économie. Les pièces de monnaie que j'ai dans la poche nourrissent à peine mes rêves. Les restes d'un travail presque esclave, des voyages où jadis nous autres Portugais nous étions passés maîtres. "
Nous sommes en avril-mai 66. Les Grecs de Césarée viennent de gagner leur procès contre les Juifs devant Néron. Les Juifs de Césarée avaient une synagogue jouxtant un terrain appartenant à un Grec de cette ville. Ils s'étaient souvent efforcés d'acquérir cet emplacement, en offrant une somme plusieurs fois supérieure à sa valeur. Le Grec ignora leurs propositions, et pour leur être désagréable, il fit même bâtir sur cet emplacement et y aménager des ateliers, ne laissant aux Juifs qu'un accès étroit et incommode à la synagogue. Tout d'abord, les plus batailleurs des jeunes Juifs bondirent sur les constructeurs pour les empêcher de bâtir. Puis pour régler le problème, les Juifs tentèrent d'acheter le gouverneur romain Gessius Florus. Ils lui offrirent huit talents, ce qui était une somme considérable, pour qu'il interdise les constructions. Gessius Florus empocha l'argent et quitta Césarée pour Sebastê - c'est-à-dire Samarie -, laissant le champ libre aux constructeurs. C'est comme s'il avait vendu aux Juifs le droit de se battre. " Pierre Vidal-Naquet
Après "La Maison de la passion", livre-poème grave et lyrique, "La Force du destin" est un opéra-bouffe, une parodie burlesque, et aussi une réflexion sur le travail de l'écrivaine. En réécrivant le célèbre opéra de Giuseppe Verdi, Nélida Pinon a voulu interpréter une histoire et pousser des personnages dans leurs derniers retranchements. Se sachant observés par la chroniqueuse, ils cessent d'être eux-mêmes, prennent des poses, jouent. Ils demandent à la narratrice de leur donner un "destin" . Ils aspirent à devenir un mythe. Ce récit est une parodie cocasse, où lecteur et auteure sont complices. C'est aussi une réhabilitation du mélodrame en tant que genre qui "convient le mieux aux sentiments lyriques" , à ces grandes passions à l'état brut, qui sont les archétypes de tous les sentiments.
- La Chrysalide constitue une remise en question du système féodal régissant la destinée de la femme algérienne. - ELLE- La Chrysalide saisit et fixe; à travers l'histoire d'une famille comme mille autres, l'injustice et la douleur qui sont le lot quotidien de la femme. (...) Les droits du père, du mari, en terre arabe; sont sans limites. Aïcha Lemsine donne à voir et s'élève contre le mariage forcé, la répudiation, la polygamie. - LE MONDE- La Chrysalide est un livre qui, de page en page, vous fera rire et vous fera pleurer. - LE NOUVEL OBSERVATEUR- C'est la première saga maghrébine, un de ces romans populistes qui, à travers l'histoire d'une famille, révèle la condition féminine algérienne. De cette femme que l'on marie, que l'on répudie, que l'on bat ou que l'on méprise. Car l'islam a engendré l'une des civilisations les plus misogynes du globe. - L'EST RÉPUBLICAIN
Quella-Villéger Alain ; Chombart de Lauwe Marie-Jo
Le rôle des femmes dans la Résistance, qui plus est juives et/ou communistes, est longtemps resté un point aveugle de l'historiographie des années 1940-1945. Cette biographie vient ainsi réparer un oubli en faisant renaître, à partir d'un travail d'archives rigoureux, la figure emblématique et méconnue de France Bloch-Sérazin, "morte pour la France", chimiste de premier plan et militante communiste engagée tôt dans la Résistance. Elle a été arrêtée à Paris par la police de Vichy et guillotinée par les nazis à Hambourg en février 1943, alors qu'elle n'avait pas trente ans. Voici le portrait d'une femme de combat, retrouvée ici grâce aux témoignages, aux lettres inédites, aux rapports de filature, aux interrogatoires. Une femme passionnée, symbole de courage, de générosité, de haute valeur humaine. Autour d'elle : son mari Frédo Sérazin, résistant mort pour la France à Saint-Etienne ; son père, l'écrivain Jean-Richard Bloch, tenant d'un milieu intellectuel foisonnant et engagé. Toute une famille dispersée par la guerre, de l'Amérique du Sud à l'URSS, des prisons françaises aux camps d'extermination. En toile de fond, c'est aussi un pan central de la Résistance communiste parisienne, organisée autour du 14e arrondissement et de Raymond Losserand, qui nous est révélé. Un récit poignant.
Voici, enfin disponible en édition de poche l'essai majeur d'Angela Davis, figure emblématique des luttes pour les droits civiques aux Etats-Unis depuis les années 1960. Dans "Femmes, race et classe", Angela Davis, historienne et militante, retrace avec brio les liens entre féminisme, antiracisme et lutte des classes, à travers l'histoire des femmes, des noir-e-s et de leurs luttes aux Etats-Unis du XIXe siècle aux années 1970. Elle analyse aussi bien les écueils provoqués par le racisme dans le mouvement féministe américain blanc que la misogynie au sein des mouvements révolutionnaires noirs et montre comment des premiers liens se sont établis entre le féminisme naissant et la lutte pour l'abolition de l'esclavage, avant de se distendre face à la pression d'adversaires politiques qui cherchent à diviser les luttes. Redonnant vie à des figures politiques majeures méconnues en France, comme Sojourner Truth et son célèbre " Ne suis-je pas une femme ? " qui interroge la place des femmes noires dans la société, "Femmes, race et classe" est un essai dense et fondateur. Soulevant la question des contradictions à dépasser entre les oppressions spécifiques, il trouve aujourd'hui une actualité centrale avec les débats contemporains sur le féminisme dit " intersectionnel ".
Catherine Weiss caressait les épaules et le torse de l'homme abandonné à sa compétence autant qu'à sa tendresse. Sous ses mains inspirées, porteuses d'indicibles messages, le corps à bout de vie ressuscitait de part en part. La tête, lentement, se tournait vers elle, les doigts se déployaient, les lèvres esquissaient un sourire, la peau frémissait. Émerveillée, Catherine laissait ses mains expressives s'égarer sur le ventre, sur le galbe des cuisses."Ne meurs pas, Ralph. Laisse-toi faire. Laisse-moi te toucher"..." M-C. T-M.