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Clope au dossier
Pinget Robert
MINUIT
12,50 €
Épuisé
EAN :9782707304926
Ce roman de Robert Pinget, publié en 1961, est épuisé depuis plus de 25 ans. Vous trouverez ci-dessous la critique de Jean-Louis Bory parue dans L?Express en avril 1961. Clope au dossier est le développement romanesque de la pochade burlesque intitulée La Manivelle, que Samuel Beckett a traduite en anglais pour la radio anglaise. Deux vieillards se rencontrent dans la rue, Toupin et Pommard. Toupin joue de l?orgue portatif, Pommard est un monsieur bien. Ils parlent, parlent, parlent - comme Toupin joue de l?orgue : machinalement, enfilant les vieux avis, les poncifs, les phrases toutes faites, les coq-à-l?âne. On retrouve Toupin et Pommard dans Clope au dossier et leur long bavardage à deux - mais intégrés à une histoire plus complexe. (...) Dans Clope au dossier, un fou, Clope, accumule dans un dossier des pièces destinées à sa défense, et c?est toute la petite ville qui vit dans ce dossier. Robert Pinget excelle dans la pseudo-chronique mi-narquoise mi-féroce d?une collectivité médiocre. Chronique entièrement bâtie sur le langage - que ce soit celui du monologue intérieur ou du dialogue. Pinget tourne la manivelle, écoutez la musique. Argot, langage populaire, guiliguili puéril, radotage de gâteux, obsessions d?une femme seule, délire invertébré d?un insensé : on est frappé d?abord par la vérité du ton. Mais, comme toujours chez Pinget, le réalisme ne sert que de tremplin à la poésie. Un déclic - et Pinget part, le lecteur à sa suite, en un emportement allègre qui le conduit vers un univers que tous les lecteurs de Pinget connaissent bien : celui de la précise incohérence. Dans Clope au dossier, nous retrouvons toutes les astuces techniques du roman moderne, mais utilisées avec la plus grande liberté et mises au service de la plus réjouissante jubilation.
Enquêtant sur la disparition de l'intendant du château de Broy, on interroge un ancien domestique, presque sourd, qui a servi longtemps dans cette place. Il raconte son travail au château, la curieuse vie qu'y menaient ses patrons au milieu de nombreux amis, les faits et gestes du village, Sirancy-la-Louve de la ville voisine, Agapa. Sous le feu ininterrompu d'un questionnaire imperturbable se dégagent peu à peu une foule de visages, d'événements et de passions. Cependant la voix qui parle en révèle moins par ce qu'elle dit que par ce qu'elle tait, et l'on devine bientôt que sa vérité est à double fond...
Ce roman est paru en 1953 chez Gallimard où il avait été accepté par Albert Camus pendant que, la même année, Raymond Queneau refusait le manuscrit de Graal Flibuste. Cette édition a été reprise en 1971, sous la couverture des Editions de Minuit, et elle manquait depuis plusieurs années. Le renard et la boussole commence et s'achève par la même phrase : "Je m'appelle John Tintouin Porridge". C'est le nom du narrateur qui écrit un livre de semi-critique sur Marie Stuart, attrape la rougeole, décide de partir en Israël et de rédiger le journal de voyage de Renard et de David, personnages dont il invente l'histoire au fur et à mesure. Ce qui faisait dire à Robert Pinget : "ce voyage impromptu en Israël, faisait perdre la boussole aux voyageurs Renard et David".
Juin 1940. Chartres, submergée par la foule des réfugiés du Nord, s'est simultanément vidée de ses propres habitants. Quelques unités combattantes en retraite la traversent encore, bientôt suivies par les premiers détachements de la Werhmacht. Resté à peu près seul à son poste, le jeune préfet est convoqué par le vainqueur, qui veut le contraindre à signer un document mensonger portant atteinte à l'honneur de l'armée française. Le dramatique récit de Jean Moulin, dont le dépouillement fait la force, ouvre, le 17 juin 1940, le grand livre de la Résistance.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Qu'est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ? - Je ne sais pas. " Une leçon de piano, un enfant obstiné, une mère aimante, pas de plus simple expression de la vie tranquille d'une ville de province. Mais un cri soudain vient déchirer la trame, révélant sous la retenue de ce récit d'apparence classique une tension qui va croissant dans le silence jusqu'au paroxysme final. " Quand même, dit Anne Desbarèdes, tu pourrais t'en souvenir une fois pour toutes. Moderato, ça veut dire modéré, et cantabile, ça veut dire chantant, c'est facile. "
Résumé : Parti sur les traces de Robert Desnos et de son séjour à Cuba en 1928, le narrateur arpente les rues de La Havane, découvre les nombreuses églises et les bars, flâne sur le Malecón pour y capter le " réel merveilleux " auquel il finira par succomber. Au fil de ses séjours, il croise des personnages hauts en couleur, dont un ancien guérillero, des musiciens, des anonymes extravagants rêvant de départs, une riche New-Yorkaise qui attend la chute du castrisme, une mystérieuse infirmière, un prêtre de la santería... Des souvenirs remontent : une amante ensorceleuse, un chauffeur de taxi fanfaron, des poètes et des cinéastes, ainsi que des figures illustres ; Sartre et Beauvoir enflammés par la révolution, Alejo Carpentier, Lezama Lima, le boxeur Kid Chocolate, Paul Morand, le coureur automobile Fangio (kidnappé par les barbudos), Hemingway, Allen Ginsberg, García Lorca et quelques invités surprises, tels que le jeune Leonard Cohen ou encore Anaïs Nin.
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.
Biographie de l'auteur Edouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu : l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.
Résumé : Et vous, quel geste vous trahit ? Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations : le selfie, geste roi de nos vies modernes ; le " vapotage ", qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ; cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ; un verre qu'on tient à la main sans le boire...