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Les derniers magdaléniens d'Etiolles. Perspectives culturelles et paléohistoriques
Pigeot Nicole
CNRS EDITIONS
55,80 €
Épuisé
EAN :9782271061546
Il y a trente ans, après l'étude de la section 36 de Pincevent, Leroi-Gourhan (VIII supplément à Gallia Préhistoire) en appelait à la généralisation des études palethnologiques qui, seules, par la récurrence des résultats, donneraient sens à cette approche. Trente ans plus tard, c'est chose faite, la palethnologie est heuristique et recèle les outils conceptuels permettant de dépasser l'apparente banalité du constat ethnologique universel et de révéler la complexité et la richesse du système social de chaque entité culturelle, avec ses pratiques et ses valeurs. Nous espérons que cette étude de l'unité Q31 d'Etiolles en soit une nouvelle illustration, par son ambition de donner à voir en chaque témoin, même unique, la manifestation d'un "fait social total". Ainsi, au-delà de la technologie, le but de cette publication est d'atteindre les modèles culturels qu'elle exprime, et la technique, acte "socialisé ", est un puissant révélateur dans cet objectif. Il semble désormais avéré que la technologie ouvre largement sur le domaine social et, ultime objectif, sur le domaine des valeurs qui, en retour, éclaire l'ensemble de la chaîne des comportements. Dans une perspective d'identité culturelle et de diachronie, cet aspect est crucial. Le modèle " ethnique " que nous avons conçu à propos des Magdaléniens de Q31 reflète un système technoculturel en mutation au cours du temps tardiglaciaire. Si une véritable "paléohistoire " peut être tentée, c'est grâce à la compréhension des principes (techniques, économiques, idéologiques, sociaux...) qui ont généré les faits archéologiques que nous étudions. Finalement, nous posons l'hypothèse que certaines des divergences existant entre le niveau ancien d'U5 (XXVe supplément à Gallia Préhistoire) et celui, plus récent, de Q31 ne relèvent pas de variantes circonstancielles, mais bel et bien d'un changement d'ordre supérieur, c'est-à-dire du niveau de l'organisation sociale et de ses manifestations culturelles. Il s'agirait d'une variabilité qui modifie le système dans son ensemble: celui-ci, dans tous ses rouages, subit une sorte de relâchement généralisé des comportements et des valeurs par rapport à U5 où, là, l'emprise sociale apparaissait très forte à tous les niveaux de l'analyse. Enfin, l'ensemble du Bassin parisien au Tardiglaciaire cristallise désormais de nombreuses recherches interdisciplinaires depuis une quinzaine d'années. Cette étude des Magdaléniens d'Etiolles s'inscrit donc dans un contexte en plein développement qui légitime son ambition palethnologique et paléohistorique.
Présentes au Japon tout au long de son histoire, les femmes faisant métier de divertir les hommes ont possédé, du XIe au XIIIe siècle, un statut particulier. Organisées en groupes autonomes, elles attendaient, aux escales sur des barques ou sur les routes, à l'étape, les voyageurs appartenant à tous les milieux : nobles de cour, fonctionnaires en tournée, parfois moines itinérants. Certaines d'entre elles étaient mandées auprès de très hauts personnages pour animer les banquets de leurs chansons ou de leurs danses, ou bien pour les instruire dans l'art du chant, dont elles étaient les détentrices reconnues.Loin d'être vilipendées ou méprisées, les courtisanes furent admirées par les lettrés, chantées par les poètes et suscitèrent la réflexion des moines. À travers les nombreux textes réunis, traduits et analysés par Jacqueline Pigeot, on peut suivre la carrière de plusieurs d'entre elles et discerner la place qu'elles occupaient dans l'espace social. On donne surtout à entendre le discours de leurs contemporains, hommes aussi bien que femmes : c'est d'abord une histoire des représentations qui est ici proposée.Au-delà de la figure de la courtisane se précisent la conception de la sexualité et du mariage dans la société du temps, la place du désir dans l'anthropologie bouddhique, ainsi que les tentatives menées dans le Japon ancien pour réhabiliter le divertissement dans une perspective religieuse.
Bourriaud Nicolas ; Millet Catherine ; Pigeat Anaë
Résumé : L'oeuvre de Philippe Parreno s'est imposée dans les années 1990 quand une génération d'artistes, dont il est l'un des principaux représentants, s'écartant du goût pour le "néo" de la décennie précédente, a renoué avec les objectifs analytiques des avant-gardes : redéfinition de l'espace d'exposition, déconstruction des médias, intérêt pour la façon dont les objets s'inscrivent dans un contexte, une histoire, plus que pour leur production proprement dite. A rebours de la tradition qui voulait rendre compte du réel à travers la fiction, Philippe Parreno veut faire entrer la fiction dans le réel pour mieux réinventer celui-ci. Des institutions majeures ont consacré des expositions à cette oeuvre singulière : le musée d'art moderne de la Ville de Paris, le Centre Pompidou, le Mamco de Genève, le Palais de Tokyo...
Cet ouvrage a pour point de départ un paradoxe apparent : la littérature japonaise classique, dans ses diverses formes, n'a pas produit de "grande oeuvre" , ni Odyssée ni Lusiades, dédiée tout entière à la mer, chose surprenante pour un archipel ! La mer, et en particulier la mer Intérieure, est pourtant loin d'être absente de l'imaginaire littéraire et poétique du Japon ancien et médiéval. Dans cette anthologie sont réunis des textes littéraires des VIIIe-XVIe siècles appartenant à des genres divers (récits mythiques, poèmes, récits de voyage, roman, épopée, anecdotes curieuses ou édifiantes, théâtre nô), reposant tantôt sur l'observation des lieux et des gens, tantôt sur un fertile imaginaire.
Quelles sont les différences entre la Bible juive et la Bible chrétienne ? Entre les Bibles orthodoxe, catholique, protestante ? Qui les a fixées ? Comment ont-elles été diffusées ? Aucun livre n'aura été plus copié, imprimé, traduit, commenté, débattu, loué et honni, aucun livre surtout n'aura eu autant d'influence sur nos croyances mais aussi sur nos modèles de pensée, sur notre langage et notre culture que la Bible. De la traduction de saint Jérôme à l'étude des rouleaux de la mer Morte, c'est la véritable histoire du livre que raconte ici, avec une science et un brio inégalés, Jaroslav Pelikan. Un ouvrage indispensable pour découvrir ou redécouvrir la Bible avec intelligence.
Résumé : Que lisait-on dans la France des années noires ? Comment expliquer la "faim de lecture" propre à la période de l'Occupation ? Quelle fut la part prise par le régime de Vichy dans la circulation, la diffusion, l'orientation des livres publiés ? Et celle de la Résistance dans la propagation des écrits clandestins ? Comment accéder à l'intimité des millions de lecteurs qui, cherchant à s'évader hors d'un quotidien éprouvant, trouvèrent alors refuge dans un ailleurs fait de phrases imprimées ? Stratégies et pratiques des éditeurs, querelles autour du patrimoine littéraire, réorganisation corporative de la chaîne du livre, listes d'interdictions et spoliations de l'occupant, écrivains partagés entre collaboration, accommodement, évitement, insoumission : Jacques Cantier signe la première histoire totale du livre et de la lecture entre 1939 et 1945, des politiques de censure mises en oeuvre par Vichy à l'ébullition culturelle de la Libération. Archives publiques, critiques littéraires, notes de lecture mais aussi écrits du for privé permettent de retrouver les traces intimes des actes de lecture : écoliers de la France rurale cherchant à élargir leur horizon, adolescents parisiens en quête d'initiation, prisonniers de guerre tentant de maintenir une vie de l'esprit, victimes de la persécution antisémite en quête de réarmement moral... Jacques Cantier montre qu'en dépit de la défaite, de la peur et des privations, la France continue à lire et à être le théâtre d'une foisonnante vie littéraire et intellectuelle.
Résumé : Début 2016, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf ressort en Allemagne dans une édition scientifique. Dans le même temps, l'éditeur historique de la traduction française annonce son intention de republier l'ouvrage dûment accompagné d'un appareil critique. Comment expliquer la postérité de ce pensum dont les divagations racistes et complotistes apparaissaient déjà comme telles à l'époque ? La réponse à la question ne serait-elle pas à chercher dans la forme plutôt que dans le fond de cet ouvrage ? En plus d'être le manifeste du national-socialisme, Mein Kampf ne serait-il pas en effet l'archétype d'un genre littéraire bien particulier, celui adopté par des leaders amenés à devenir autocrates, et mêlant propagande, manipulation et autobiographie ? En s'immergeant dans le livre, Albrecht Koschorke fait ressortir les procédés visant à rendre irréfutables les propos avancés, attire l'attention sur la construction de l'ouvrage, les transitions des expériences personnelles aux stigmatisations globalisantes, les changements de registres d'écriture, désintrique les niveaux de lecture et éclaire les divers publics visés. Une approche originale qui, dans la perspective de la prise du pouvoir, s'intéresse moins à la "doctrine" postulée de Mein Kampf qu'à sa "poétique" conjuguant autoritarisme et inconsistance intellectuelle.
Les écrans numériques nous sont aujourd'hui devenus indispensables. Disponibles, rapides, ils répondent infailliblement. Leur omniprésence, leur usage coutumier, ne permettent pas, au-delà des rituelles proclamations de risques d'addiction, d'apprendre à discerner les métamorphoses de nos vies qui se produisent par eux. Cet ouvrage nous invite à quitter notre position d'utilisateur et à chercher des éléments de compréhension de la transformation digitale dans les théories de l'écriture. A l'heure où le traitement par le signal, la rationalité technique et l'automatisation investissent de plus en plus nos interactions sociales, l'art de lire et de déchiffrer les signes, le travail d'appropriation du sens, fournissent un antidote, offrent des ressources insoupçonnées pour nous aider à développer une intelligence des contextes. Nos petits écrans du quotidien sont ainsi interrogés par Pierre-Antoine Chardel comme des expériences existentielles à part entière, engageant notre condition d'être interprétant, tout autant que l'avenir de nos sociétés démocratiques. Il est encore temps d'intervenir sur l'évolution de nos sociétés hyper-connectées en favorisant l'épanouissement des subjectivités créatives, dont l'avenir demeure à écrire, par-delà l'empire du signal qui croît.