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Ethnographie de l'action. L’observation des détails, Edition revue et augmentée
Piette Albert
EHESS
14,00 €
Épuisé
EAN :9782713228148
L'importance accordée à l'observation de l'action est une tendance marquante des sciences sociales contemporaines. Mais comment observe-t-on ? Que capte l'oeil du sociologue ou de l'anthropologue quand il observe ? En réalité, le regard fait le partage entre ce qui est pertinent et ce qui ne l'est pas ou l'est moins, entre le nécessaire et l'accessoire. Toute observation comporte ainsi un reste, qui mérite cependant que l'on s'y arrête. Dans ce livre publié pour la première fois en 1996 et devenu un classique, Albert Piette interroge les différentes traditions sociologiques ou ethnologiques afin de dégager le principe de pertinence que chacune d'elles met en oeuvre pour séparer l'essentiel du détail. Développant une approche originale, il défend l'idée selon laquelle la réalité sociale se construit dans la tension, variable selon chaque situation et chaque acteur, entre le primordial et le superflu. Ce sont ces écarts, ces restes, qui contribuent à définir les individus dans ce qu'ils ont de proprement humain.
Résumé : "Que se passe-t-il dans une fête ? " : c'est à une telle question que cet ouvrage entend répondre, à partir d'un ensemble de fêtes choisies en Wallonie (carnavals, ducasses ou fêtes politiques), en vue de construire une anthropologie de la fête. Que l'on regarde les peintures de Bruegel ou de Rubens ! Comment décrire et analyser la réalité mouvementée et ambivalente de la fête ? L'auteur propose une théorie centrée sur les notions de jeu et d'intervalle. L'espace-temps de la fête permet des comportements qui, sans être semblables à ceux du quotidien, ne constituent pas pour autant une rupture avec ceux-ci. La fête rend ainsi compatible l'hypersérieux et le dérisoire le plus total. Publié en 1988, "Les jeux de la fête" contient les bases des théories qu'Albert Piette développera par la suite sur le phénomène rituel, le fait religieux, l'observation des détails, le mode mineur de la réalité et aussi l'être humain.
Résumé : Ce livre tente de "réveiller" le thème apparemment banal de l'humain, lui faire tenir ses promesses scientifiques, faire jaillir de lui la richesse philosophique. Les deux textes rassemblés ici, l'un une proposition, l'autre une critique, semblent paradigmatiques des débats possibles lorsqu'il est question des sciences de l'homme. Pour Albert Piette l'anthropologie doit être refondée et adopter un nouveau paradigme : l'étude des volumes humains en train d'exister. Quant à Jean-Michel Salanskis, il tente de montrer que l'opération d'objectivation de l'humain n'est ni heureuse ni facile. Bien que chaque démarche ait le sentiment de totaliser l'humain et de couvrir tout le champ de sa manifestation, chacune emprunte à l'autre et d'ailleurs, chacune a sa façon de se révéler paradoxale.
Piette Albert ; Salanskis Jean-Michel ; Raulin Ann
Un dictionnaire pour réveiller le thème de l'humain, pour lui faire tenir ses promesses scientifiques, pour faire jaillir sa richesse philosophique. Ce dictionnaire aurait-il vu le jour sans le constat implicite d'une absence paradoxale de l'humain, dans un espace disciplinaire des sciences humaines et sociales, langues, littératures et humanités dont il est pourtant l'élément commun ? Un dictionnaire, c'est aussi une bonne occasion de faire dialoguer des idées. Art, divin, guerre, hominidé, langage, sédentarisation, singe, volonté... : des philosophes, des psychologues, des sociologues, des spécialistes de littérature ou des textes anciens, des anthropologues, des géographes, des historiens, des préhistoriens, des éthologues ont ainsi saisi plus de soixante-dix entrées, cherchant ce qu'il en est de la différence anthropologique, ce qui ou ce que fait l'humain, quelles significations s'attachent à la dimension de l'humain. Puisse la traversée des perspectives proposées faire bouger les lecteurs, inviter à la vigilance et à la curiosité, communiquer l'envie de l'enquête et du débat.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".
L'Homme poursuit l'enquête engagée dans le précédent numéro : quelle est donc cette curieuse chimère à deux têtes qui orne sa couverture depuis sa fondation ? Selon Claude Lévi-Strauss, qui l'a choisie, il s'agirait d'un "dieu Tortue" de la culture pré-colombienne Coclé, en Amérique centrale. Que sait-on de cette culture et de ses productions graphiques ? A quel genre de dieu, et à quel genre de tortue, correspond ce personnage ? Et que dire de la bicéphalité joyeuse et hypnotique qui le caractérise ? Richard G. Cooke et Carlo Severi apportent quelques éclaircissements sur ces questions. Trois "Etudes & Essais" forment le coeur de ce numéro, illustrant une nouvelle fois l'ouverture épistémologique de notre revue. Camille Chamois explore à quelles conditions ethnographiques, philosophiques et psychologiques une théorie perspectiviste peut envisager la multiplicité de points de vue d'êtres différents, humains ou non humains. Abigaël Pesses nous conduit ensuite chez les Karen de Thaïlande et nous présente un curieux motif dessiné sur l'envers d'un plateau de riz, dans lequel toute une cosmologie se voit sobrement condensée afin de guider les morts sur le chemin de l'au-delà. Sophie Blanchy et Haddad Salim Djabir, pour leur part, restituent les échanges cérémoniels qui rythment et organisent les relations entre groupes de descendance sur l'île de Mohéli dans l'archipel des Comores, de même que le processus historique de la préservation de ces usages sous l'influence de riches marchands étrangers. Laurent Berger, enfin, clôt ce numéro par un nouveau commentaire critique du livre de Charles Stépanoff, Voyager dans l'invisible. Techniques chamaniques de l'imagination (La Découverte, 2019), en réexaminant la corréla¬tion entre naissance de la hiérarchie et mode de médiation reli¬gieuse. Il est ainsi question de cosmologies, dans ce numéro, et de la matière cérémonielle et picturale par laquelle une population figure - et donc rend disponible - le monde relationnel qu'elle habite et qu'elle produit.