
Tous fous
Les hommes sont si nécessairement fous que ce serait être fou par un autre tour de folie de n'être pas fou" disait Pascal. Pensée profonde, d'une actualité éternelle, qui n'a peut-être pas été suffisamment prise au sérieux, tant il est vrai que malgré l'accablante accumulation des signes de la folie humaine, nous continuons à nous croire plutôt raisonnables. La cause de cet aveuglement s'explique aisément si l'on répond à la question : qui est fou ? Le fou, c'est l'Autre, évidemment. Il est presque excitant de voir avec quelle habileté l'homme dénonce l'homme, et chaque parti le parti adverse. L'une des grandes faiblesses humaines est l'incapacité d'observer ceux que l'on estime fous avec des yeux qui leur accordent un tant soit peu de raison, ou de s'observer soi-même par les yeux de ses fous sous l'angle où eux-mêmes ne s'admettent pas fous. La Folie, jadis bénéficiaire de l'Eloge ironique d'Erasme, a été la cible privilégiée des rationalistes et des psychanalystes. Apparemment, elle ne s'en serait pas relevée. Bien qu'elle ne soit plus à la mode aujourd'hui, dans un monde imbu de lui-même, car persuadé qu'il détient les formules de toutes les réussites, tant scientifiques que morales, Georges Picard trouve encore à la Folie la vertu réjouissante de troubler les bonnes consciences, de mettre le désordre dans les allées trop bien tracées de la Logique et de titiller la Raison dans son usage dogmatique. D'où l'idée de créer un Club de la Folie Conséquente dans lequel seraient admis tous les fous lucides désireux de tirer les conséquences pratiques de leur état. On y marcherait sur la tête, on s'y tirerait la langue devant des miroirs et, surtout, on y philosopherait à la bonne franquette, sans prétention et sans partis pris, un verre à la main. Les quarante-quatre chapitres de Tous fous constituent un échantillon possible de ces échanges où le bon sens n'est pas toujours une fin en soi.
| Nombre de pages | 201 |
|---|---|
| Date de parution | 15/03/2003 |
| Poids | 190g |
| Largeur | 135mm |
| SKU: | 9782714308115 |
| wmi_id_distributeur: | Not set |
| Is Salable (from plugin): | Yes (In Stock) |
| Is Salable (direct MSI check): | Yes (In Stock) |
| Distributor Name: | Par défaut |
| Availability Value: | 0 |
| Availability Label: | Epuisé |
| Match Result: | |
| Default Availability (Config): | 0 - Epuisé |
| Raw Config Mapping: |
Array
(
[_1772119784121_121] => Array
(
[id] => 12707000
[name] => 12707000
[availability] => 1
[activation_attribute] => 1
)
)
|
| EAN | 9782714308115 |
|---|---|
| Titre | Tous fous |
| Auteur | Picard Georges |
| Editeur | CORTI |
| Largeur | 135 |
| Poids | 190 |
| Date de parution | 20030315 |
| Nombre de pages | 201,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Pour les yeux de Julie
Picard GeorgesPour déclarer sa flamme à Julie, Choiseul a mis le feu à un immeuble et causé l'idignation d'une poignée de malchanceux qui se trouvaient sur les lieux. Mais cet exploit ne suffit pas à la jeune femme. " je me donnerai à toi dit Julie à Choiseul, le jour où tu m'auras vraiment épatée. " Comment Choiseul va-t-il s'y prendre ? Dans ce petit roman qui se moque de la logique et du sens commun, les personnages, tous fous, pourraient sortir d'un film des Marx Brothers : un juge au gros pif qui mange des cravates en soie et fait chanter les hommes politiques, un Irlandais incombustible, insubmersible et blindé au whiskey, une actrice timbrée de son César dont elle ne se sépare jamais, même dans son bain ou en faisant l'amour, une secrétaire espionne à l'oreille hypertrophiée à force d'écouter aux portes, une prostituée sénégalaise qui prépare un diplôme de cryptographie, plus d'autres personnages aussi pittoresques que déjantés... Bref, tous piqués - l'auteur lui-même ne se sentant pas très bien. Sa seule excuse : faire rire. S'il y parvient, il lui sera beaucoup pardonné.ÉPUISÉVOIR PRODUIT14,70 € -

Crème de crimes
Picard GeorgesJe ne sais pas s'il est de bon ton de se croire supérieur à la moyenne des trancheurs de gorge qui peuplent la planète, mais sans fausse modestie, je me crois quelqu'un. Si je n'ai pas inventé le papier buvard, j'ai fait progresser la méthodologie criminelle qui ne sera plus après moi ce qu'elle était avant. Avant, c'était de la pure improvisation, en dépit des efforts publicitaires de Thomas de Quincey pour faire croire que l'assassinat pouvait être considéré comme l'un des beaux-arts. Le fait qu'il n'ait pas eu accès à ma documentation personnelle enlève beaucoup de fonds à son ?uvre. En ce qui concerne la compréhension du crime, je me méfie des intellectuels. " Ce volume contient deux nouvelles d'humour noir, Crème de crimes et Un par an, et deux d'humour rose, Le larbin de Verlaine et Dutillon et son auteur. Il comprend également une surprise finale pour les lecteurs qui arriveront au bout, quelques-uns pouvant mourir avant, de rire de préférence. Georges PICARDÉPUISÉVOIR PRODUIT15,20 € -

De la connerie
Picard GeorgesL'obsession de Flaubert, les virulentes de Rimbaud, de Léon Bloy, de Dada dénonçant la bêtise bourgeoise font partie de l'histoire littéraire et de celle des mentalités. Mais la connerie? Le sujet reste bizarrement sous-exploité. Par une sorte de fausse pudeur, on le cantonne dans les départements périphériques et bas de l'esprit. Réfléchir sur la connerie, peut-être, mais à condition de mettre des gants et de s'essuyer les pieds en sortant. Pourtant la connerie est un sujet profond, multiforme et universel, indissociable de la condition tragique et dérisoire de l'espèce humaine. Il ne relève qu'accessoirement de la plaisanterie et de la polémique, que ce petit essai, du reste, ne cherche pas à éviter. Il y a ce qu'il faut de rire et de mauvaise foi dans ces pages pour dérouter les tâcherons du discours en trois points. Car, à l'encontre de ce qui est généralement admis, l'auteur soutient que la Raison n'est pas l'ennemie jurée de la connerie, qu'il existe entre elles une connivence, que la Raison est tonne, au moins dans un certain usage grossier de ses pouvoirs. Contrairement à la bêtise, cette marche loupée de l'intelligence, la connerie déborde de notre pouvoir de lucidité. Monsieur Teste pouvait prétendre: la bêtise n'est pas mon fort; il n'aurait pas pu en dire autant de la connerie. J'écris sur la connerie, sans doute pour conjurer la mienne à travers l'évocation de celle des autres, admet l'auteur. Comme aurait pu dire Sartre: si je range l'impossible Salut au magasin des accessoires, que reste-t-il? Un con fait de tous lesctons et qui les vaut tous et que vaut n'importe quel con.ÉPUISÉVOIR PRODUIT8,10 € -

Le vagabond approximatif
Picard GeorgesDe la Beauce aux Cévennes, l'auteur égrène rencontres, souvenirs et méditations au cours de pérégrinations à travers les campagnes. Marcheur infatigable mais sans exploits, ami des chats, des oiseaux et des compagnons de rencontre, il accorde à l'errance la valeur symbolique d'un mode d'être et de penser. Un vagabondage mêlant réalité et imagination, dont notre marcheur revendique le caractère d'improvisation joyeuse : " Si les gens ne comprennent pas toujours ce qui motive mon cheminement incertain, trop erratique et désinvolte pour ressembler à une expédition sportive, trop obstiné pour être identifiable à une promenade touristique ou hygiénique, ils me prennent grosso modo pour ce que je suis : un marcheur. Ni maraudeur (on me tirerait dessus), ni randonneur patenté (on me soutirerait des compliments sur les beautés régionales et la supériorité touristique du département sur ses voisins). Cela me va bien, cette espèce d'entre-deux étant conforme au caractère gentiment aberrant de mon voyage ".ÉPUISÉVOIR PRODUIT17,00 €
Du même éditeur
-
Le temps sacré des cavernes. De Chauvet à Lascaux, les hypothèses de la science
Rigal Gwenn ; Latil Magali ; Guitton Philippe ; PiCe livre est une synthèse claire et accessible de l'ensemble des hypothèses formulées au fil du temps par la communauté scientifique pour tenter de répondre à la question de la signification de l'art des cavernes. Il vient combler un manque dans la littérature consacrée à ce sujet : d'ordinaire, le survol théorique se révèle trop rapide ; à moins que l'auteur, théoricien lui-même, ne privilégie ses propres hypothèses au détriment des autres. Rien de tel ici. Fruit de plusieurs années de travail, "Le Temps sacré des cavernes" accorde une attention égale à chaque théorie, exposant au besoin les points de friction entre spécialistes. La première partie présente l'artiste. En se basant sur les publications les plus récentes, l'auteur établit un portrait précis de Cro-Magnon, évoquant tour à tour ses ancêtres, ses contemporains, son apparence, son régime alimentaire, son équipement, ses structures sociales et son mode de relation à l'environnement (humains, animaux, éléments). Les traces qu'il a laissées en termes de pensée symbolique et de spiritualité introduisent la seconde partie. Exclusivement consacrée aux interprétations, cette dernière se fonde sur un travail d'analyse critique aussi exhaustif que possible : art pour l'art, zoocénose, rites d'initiation, culte de l'ours, magies d'envoûtement, de fertilité, de destruction et d'apaisement, code de chasse préhistorique, enseignement de la chasse par rabattage, chamanisme, totémisme, dualisme primordial, zodiaque préhistorique, enfin mythes liés à la Genèse et à la fertilité. Le lecteur, ainsi éclairé, pourra se forger son intime conviction.ÉPUISÉVOIR PRODUIT24,99 € -
Le Rivage des Syrtes
Gracq JulienÀ la suite d'un chagrin d'amour, Aldo se fait affecter par le gouvernement de la principauté d'Orsenna dans une forteresse sur le front des Syrtes. Il est là pour observer l'ennemi de toujours, replié sur le rivage d'en face, le Farghestan. Aldo rêve de franchir la frontière, y parvient, aidé par une patricienne, Vanessa Aldobrandi dont la famille est liée au pays ennemi. Cette aide inattendue provoquera les hostilités... Dans ce paysage de torpeur, fin d'un monde où des ennemis imaginaires se massacrent, le temps et le lieu de l'histoire restent délibérément incertains dans un récit à la première personne qui semble se situer après la chute d'Orsenna. Julien Gracq entraîne son lecteur dans un univers intemporel qui réinvente l'Histoire et donne lieu à une écriture qui s'impose avec majesté, s'enflamme au contact de l'imagination. Pour Le Rivage des Syrtes Julien Gracq obtint en 1951 le prix Goncourt, qu'il refusa.ÉPUISÉVOIR PRODUIT21,00 €
De la même catégorie
-
L'ère du soupçon. Essais sur le roman
Sarraute NathalieCes "essais sur le roman" constituent la première manifestation théorique de l'école du "nouveau roman". Nathalie Sarraute y expose ses propres conceptions qui ont exercé une influence profonde sur les jeunes auteurs. De Dostoïevski à Kafka, de Joyce à Proust et Virginia Woolf, Nathalie Sarraute scrute l'oeuvre des grands précurseurs du roman moderne et examine leur contribution à la révolution romanesque de nos jours.ÉPUISÉVOIR PRODUIT9,50 € -
Discours de Suède
Camus Albert ; Bjurström Carl GustavRésumé : "On aura peut-être été un peu surpris de voir dans ces discours l'accent porté par Camus sur la défense de l'art et la liberté de l'artiste - en même temps que sur la solidarité qui s'impose à lui. Cela faisait certes partie de ce que lui dictaient les circonstances et le milieu où il devait les prononcer, mais il est certain que Camus se sentait accablé par une situation où, selon ses propres paroles, "le silence même prend un sens redoutable. A partir du moment où l'abstention elle-même est considérée comme un choix, puni ou loué comme tel, l'artiste, qu'il le veuille ou non, est embarqué. Embarqué me paraît ici plus juste qu'engagé". Et malgré une certaine éloquence - qu'on lui reprochait également - il se sentait profondément concerné et douloureusement atteint par un conflit qui le touchait jusque dans sa chair et dans ses affections les plus enracinées", Carl Gustav Bjurström.ÉPUISÉVOIR PRODUIT6,60 € -
Marcel Proust
Tadié Jean-YvesRésumé : "Leurs yeux se rencontrèrent" : ces scènes de première rencontre qui font la force des grands romans, de Madame Bovary, de La Chartreuse de Parme, surgissent aussi entre les livres et nous. On m'a souvent demandé : "Comment avez-vous connu Proust ? " comme si j'avais pu l'aborder (ce que je n'aurais jamais osé faire), comme si j'avais été un témoin privilégié de sa vie, comme s'il avait été un de ces amis dont on écrit l'histoire. Ami, on l'est sans doute plus quand on ne connaît que l'oeuvre que lorsqu'on ne connaît que l'homme. Ce recueil rassemble dix ans de critique proustienne. Le hasard des commandes, ou des envies, dessine "à l'horizon peut-être, une constellation". C'est l'occasion de développer des thèmes, de Pompéi aux jardins, des contemporains à peine entrevus, Romain Rolland, une voisine du boulevard Haussmann, un prince monégasque, de reparler des personnages du roman. Des promenades, des variations, des découvertes : une photo inconnue et qui bouleverse notre connaissance de la biographie, une lettre inédite et mystérieuse. Le premier volume du cycle de "La Petite Histoire" de Lenotre, passion de mon enfance, portait le titre de Napoléon : Croquis de l'épopée. C'est ce que je propose ici, au sujet de Proust, parce que l'écriture de la Recherche et le livre lui-même en furent bien une : des croquis de l'épopée.ÉPUISÉVOIR PRODUIT22,00 € -
Vers l'autre flamme. Après seize mois dans l'URSS, confession pour vaincus
Istrati PanaïtVers l'autre flamme s'inscrit bien au c?ur d'une actualité dont les débats idéologiques et culturels confirment la pertinence du regard que portait Istrati sur l'Occident et «Octobre rouge».Un regard contemporain dont l'acuité est révélée par un présent qui n'en finit pas de reproduire son passé... De prisons en ghettos, d'asiles psychiatriques en lois martiales, la gangrène totalitaire exerce ses ravages sans distinctions idéologiques. À de rares exceptions près, nos sociétés, qu'elles se proclament prolétariennes ou libérales, violent impunément les droits et les libertés élémentaires de l'homme. Un homme asservi et exploité par l'homme. À quoi s'ajoute cette tare congénitale des sociétés modernes : la bureaucratie, expression maligne du pouvoir d'État.ÉPUISÉVOIR PRODUIT12,00 €








