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Charles Blanchard
Philippe Charles-Louis
PART COMMUNE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782844180018
Bouleversé par la mort de son père. Charles-Louis Philippe entreprend de rédiger Charles Blanchard auquel il travaillera les deux dernières années de sa vie. De ce roman inachevé, nourri des anecdotes que racontait son père qui était sabotier, Philippe disait : " je voudrais que ce livre soit un beau livre et qu'il apprenne à ceux qui le liront qu'un homme loyal et courageux qui était mon père a vécu une vie de travail... " Roman du pauvre, tableau de primitif, Charles Blanchard est selon Léon-Paul Fargue " Un livre de leçons de choses, de leçons de choses passionnées sur " quelques facultés de l'âme "." Ami de Valéry Larbaud, André Gide, Léon-Paul Fargue, Charles-Louis Philippe (1874-1909) fut comparé à Dostoïevski, Jules Renard, Charles Dickens et Thomas Hardy, Gide écrivait à son propos : " Il porte en lui de quoi désorienter et surprendre, c'est-à-dire de quoi durer ".
Bien que son nom resurgisse de temps à autre dans le paysage littéraire, Charles-Louis Philippe (1874-1909) est un écrivain aujourd'hui délaissé. D'origine provinciale et modeste, il est à la fois poète, critique littéraire, chroniqueur et romancier. Son oeuvre témoigne d'une sollicitude marquée à l'égard des "gens de peu". Comme il l'écrit à M. Barrès en 1903 : Nous avons été murés comme des pauvres et, parfois, lorsque la Vie entrait chez nous, elle portait un bâton. Nous n'avons eu comme ressource que de nous aimer les uns les autres. C'est pourquoi j'écris toujours plus tendre que ma tête ne le commande. Je crois être en France le premier d'une race de pauvres qui soit allé dans les lettres. Je crois être en France le premier d'une race de pauvres qui soit allé dans les lettres.
Le "milieu", ses filles et ses souteneurs, la violence nue, les prisons et les boulevards au début du siècle. Dans ce monde où la misère écrase, où l'argent tue, Charles-Louis Philippe nous fait vivre une histoire d'amour fou entre un jeune homme et une prostituée. Berthe croira échapper à sa condition avec Pierre, mais Bubu le souteneur viendra la reprendre.
Croquignole n'était pas un homme comme les autres. Il possédait des yeux, un nez, des joues, une bouche et leur mise en place dans une tête charnue, avec, de plus, une fusion singulière de la chair dans la chair voisine: le nez gros et pris dans le visage, les yeux aux trois quarts entourés par les pommettes et deux joues qui avaient bien mûri. Pour la bouche, elle contenait des dents. D'ailleurs, ce n'était pas tout Croquignole. Il possédait encore une poitrine et deux bras. Il en parlait: Regardez, ah! mais regardez donc comme mes deux bras sont vides! Ses deux jambes lui servaient à marcher de long en large, son poing aussi était utile. Il le tendait vers la fenêtre: Vous la voyez, elle est encore fermée. Un de ces jours, je lui casserai la gueule."
Sans aucun doute le livre le plus personnel de Léon Bloy, Le Sang du Pauvre est aussi celui dont la maturation fut la plus longue et la plus sourde. Ce sang du pauvre dont il est ici question n est autre que l argent, transfiguration audacieuse du sang versé par le Rédempteur: « Il est exécrable et adora-ble, symbole flagrant et ruisselant du Christ Sauveur. La force de Bloy est de nous happer dans son imaginaire intuitif, pour offrir une vision à charge du monde industriel. Mais un siècle après Sueur de Sang a paru en 1908 ce discours violent contre le matérialisme reste d une lucide actualité: l argent est la nouvelle foi des hommes, encline aux mêmes excès, au même fanatisme et au même dévoiement. Bloy se livre à une diatribe contre cette civilisation inhumaine régie par les seules lois de l économie. En somme, Bloy est, dans sa dénonciation de la société matérialiste, un précurseur de l altermondia-lisme qui aurait les emportements oratoires des prophètes de l Ancien Testament.
Ces deux récits d'une fibre toute rabelaisienne, qui comptent parmi les oeuvres de jeunesse de Gustave Flaubert (1821-1880), contiennent déjà une charge contre la bourgeoisie. Dans Ivre et Mort, deux amis se lancent un défi pour savoir celui qui boira le plus. Mais si derrière la farce truculente perce la tragédie de la fin violente, ce conte bacchique aux accents philosophiques est également un traité faisant l'éloge du vin. Les Funérailles du Docteur Mathurin est d'une veine plus cocasse, qui met en scène trois hommes inutiles, heureux et inactifs vivant dans un oubli total du monde, d'où se dégage une gaie sagesse.
Il aimait faire le clown, dans la vie comme dans son oeuvre. Se mettre en scène, se raconter, de lui-même faire un personnage à la fois tragique et dérisoire. Ainsi le vit-on paraître en pornographe provocateur des années d'après-guerre, en prophète annonçant une apocalypse américaine, en gourou d'une Californie jouissive, en vieillard lubrique... Mais le personnage ne doit pas masquer l'oeuvre, abondante, puissante, généreuse: le nombril de Henry Miller était l'oeilleton magique par lequel il voyait sans oeillères le monde. Son oeuvre est une autobiographie narcissique, monumentale, puissante, généreuse, dramatique, ironique et toujours en grand chant païen. Au centre il y a les deux Tropiques et les trois volumes de la Crucifixion en rose, grands romans, lyriques autant que philosophiques, chants d'un moderne et rigolard Dostoïevski en lesquels le clown montre qu'il est une autre face de l'ange. Et Miller n'a pas manqué, en sa longue vie et en ses nombreux autres livres, faits de souvenirs, témoignages, réflexions, correspondances, qu'Auguste au centre du cirque est un ange dont les ailes ne demandent qu'à se déployer.
De leur rencontre en 1846 dans l'atelier du sculpteur James Pradier, jusqu'à leur rupture violente en 1854, Gustave Flaubert et Louise Colet échangèrent d'innombrables lettres. Quoi que l'une des plus belles correspondances amoureuses de la littérature, cet ensemble n'a inexplicablement jamais fait l'objet d'une publication isolée. Ces lettres accompagnent par ailleurs la germination de Madame Bovary. Flaubert, qui est encore un tout jeune homme de 25 ans quand il rencontre la belle et brillante Louise Colet, d'une dizaine d'années son aînée, y apparaît tour à tour tendre, malicieux, tourmenté par les " affres de la création " ou savoureusement paillard. Lire ces lettres, c'est découvrir la vraie nature humaine et littéraire de Flaubert, l'extraordinaire liberté de son génie et son tempérament passionné. C'est surtout s'initier à ce qui constitue sans doute l'un de ses chefs-d'?uvre : sa correspondance !