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Hautes-Huttes
Pfister Gérard
ARFUYEN
19,50 €
Épuisé
EAN :9782845903142
Après le triptyque de La Représentation des corps et du ciel composé de : Le grand silence (2011), Le temps ouvre les yeux (2013) et Présent absolu (2014), les mille poèmes de Ce qui n'a pas de nom (2019) constituaient une telle somme poétique et philosophique qu'elle semblait ne pas laisser de place à un second volume. Hautes Huttes est cette suite inattendue et pourtant évidente. Les deux livres se complètent comme le Yin et le Yang, le sans-nom et le nom, la vie et la mort. A l'épigraphe du poète-philosophe majeur de l'Occident, Lucrèce, répond ici l'épigraphe du plus admirable poète-philosophe de l'Orient, Li Po, quatre vers écrits sur la Montagne des Huttes : " Las d'agiter l'éventail de plumes blanches, / torse nu dans l'ombre verte de la forêt, / j'ai laissé mon bonnet au creux d'un rocher, / doucement sur mon crâne s'écoule le vent des pins. " Cet homme seul sur la montagne des Huttes, comme abandonné au bord du vide, c'est nous. Cet être sans cesse en déséquilibre, effrayé par la mort et comme incapable pourtant de vivre. " Que peut l'homme, interroge le poème / toujours absent // que cherche-t-il / de son grand pas bancal ". La vie est là, à portée de main, et sans cesse il la fuit. Pire, il la souille, il la détruit, comme si, de ne pas savoir en jouir, il l'avait prise en haine. " Qu'est-il arrivé / à cette vie // qu'on ne sache plus / l'aimer ", interroge le poème. Pourquoi cette pulsion de mort a-t-elle ainsi dévoré nos existences, nous entraînant et le monde avec nous vers l'abîme ?
Le 15 septembre 1942, Serge Bermont, un jeune professeur de philosophie, est assassiné par la Gestapo de Strasbourg, après avoir subi interrogatoires et tortures chaque jour d'une longue détention. Son sort paraît d'autant plus choquant que l'intellectuel n'avait pas hésité à prêter allégeance dès la première heure au nazisme, la nouvelle "religion" d'Etat. La réponse à cette énigme ne se dévoilera que cinquante ans plus tard, lorsque son épouse Jeanne découvrira par hasard le fruit des recherches qu'il avait soigneusement dissimulées dans leur maison de montagne à Hohrod. Aux sources de la philosophie allemande auxquelles il a consacré ses travaux, resplendit la mystique la plus pure incarnée par Maître Eckhart. Mystique confisquée, niée dans sa vérité, par le nouveau maître d'Allemagne des années trente, le Führer... Une négation qui a commencé bien avant. Comme le démontre l'histoire de cette mystérieuse "Communauté du Haut-Pays", connue depuis le Moyen Age et dont la piste s'est ensuite effacée. Le fondateur de cette utopie, le fameux "Ami de Dieu", a-t-il existé ou faut-il croire les savants qui, à la fin du XIXe siècle, ont prétendu à une mystification ? Et qui est cet étrange banquier, Roland Merswin, qui aurait tout inventé : mystique visionnaire ou dangereux manipulateur? Héritier d'Eckhart ou ancêtre de Rosenberg, haut théoricien du parti nazi ? Ce roman de l'intégrité intellectuelle, aux accents apocalyptiques, ouvre sur une quête d'absolu qui interroge sans cesse le sens caché de l'Histoire au fil des siècles.
j'avancetrès droitsur un filinvisibletendudans l'airet je ne saispourquoiet je ne voisvers oùun pas devantl'autreil n'y a pasde butpasde choixc'est autrepartque celase passelàoù il n'y aquel'ombrela lumièreet plus riende nousles derniersjoursde septembre(...)
Sur la scène, ce ne sont que des mots et ce qu'ils jouent, ce n'est que leur histoire. Et notre joie est dans cette représentation et cette révélation qui nous libèrent de l'illusion du langage. Quand la parole s'accepte comme fable ? création de mythologies ?, quand la fable se libère d'elle-même dans le chant. "Sono o vaneggio ?", demande Orphée. Ce qui nous chasse de la vie, ce qui nous chasse de la mort, cette fatalité de la parole, est-ce rêve ou délire ? Et en Orphée le poème répond, livrant ce qui fait à notre insu l'essence de la parole : "Favola in musica", mythe et musique indissolublement. Gérard Pfister
Publiées seulement en 1997, les Select Meditations ont été écrites avant les Centuries et sur une longue période, sans doute de 1664 à 1667. Tout autant que la beauté de leur écriture, ce qui frappe dans ces textes, c'est la force de l'expérience qui les inspire. En bien des pages, ils témoignent d'un détachement et d'une lucidité qui évoquent l'Advaïta Vedanta : " Dans mes plus Intimes Retraites, certaines années, c'était comme si Personne d'autre que moi n'avait été dans le monde. Tous les Cieux étaient à moi, rien qu'à moi. Et je n'avais rien à faire d'autre qu'à cheminer avec Dieu, comme s'il n'y avait personne d'autre que Lui et Moi. Quand je vins parmi les hommes, je découvris qu'ils étaient des Trésors Surnuméraires. Et Seul je Demeure : le Goûteur de tout. " C'est une vision du monde dynamique et étonnamment moderne que Traherne nous apporte : " C'est nous qui sommes de nature Successive, l'Eternité ne l'est pas. Nous dépassons les arbres lors d'une promenade Bien qu'eux-Mêmes se tiennent immobiles. Les moments se Tiennent là, nous nous déplaçons, nous les dépassons et nous nous écrions que le Temps s'enfuit. [...] Mais il ne peut se déplacer ni même Bouger. Quelle infinie liberté dans Son Royaume ! " Toujours sa méditation de Traherne débouche sur l'émerveillement et la gratitude d'être un témoin de cette Vie et de pouvoir y participer.