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Mon ignorance et celle de tant d'autres. Edition bilingue français-latin
PETRARQUE
MILLON
29,40 €
Épuisé
EAN :9782841371006
Nous sommes à Venise, dans les années 1360. Quatre jeunes gens, imbus de philosophie à la mode, accusent Pétrarque de n'y rien connaître. C'est un brave homme, mais un ignorant. Curieux destin, pour le plus grand lettré du siècle. Il peaufine sa réponse : polémique, ardente, et d'une virtuosité inouïe. Qu'est-ce donc que ce texte, où l'on a vu la première formulation de l'opposition entre la scolastique et l'humanisme naissant ? Qu'est-ce que savoir, et que faut-il savoir ? Où est l'ignorance, si l'on connaît le monde en se méconnaissant soi-même ? Qu'est-ce qu'une science qui n'est pas habitée ? Pétrarque, cet " homme moderne ", retrouve les réponses les plus anciennes, celles d'Augustin, de Bernard, de Jean de Salisbury. Et à ces jeunes " averroïstes ", idolâtres d'Aristote, il oppose l'exemple d'une vie et d'un savoir unifiés, qu'il entend incarner lui-même dans la soumission aux certitudes de la foi. Etrange leçon de sobriété du savoir par l'expression véhémente de soi. Appelons cela une écriture nouvelle ; elle ne va pas sans risques.
L'Afrique, épopée sur les exploits de Scipion, jeune général romain en lutte contre Hannibal le Punique, reste une ?uvre éminemment déconcertante et méconnue : Pétrarque y définit un nouveau projet épique, une symbiose entre histoire et poésie, réalité et fiction, où religion chrétienne et religion antique ne se heurteraient pas. Tous les personnages, quelle que soit leur importance, concourent à cette audacieuse entreprise qui tiendra longtemps Pétrarque en souci. Car c'est en chacun d'eux que se livre la bataille opposant Rome et Carthage : Magon, le barbare punique, qui meurt en confessant ses fautes ; Masinissa, prince berbère, mais profondément séduit par les valeurs qu'incarnent les Romains ; le vertueux Scipion, aux prises avec l'amour qui fait irruption dans sa vie ; Sophonisbe, qui préfère devancer la mort plutôt que de finir ses jours en captive sous le joug de l'oppresseur dans l'épopée masculine, le féminin fait irruption et bouleverse l'ordre établi. Le conflit ébranle aussi l'Olympe : Jupiter hésite à prendre parti, le temps n'est pas encore venu pour intervenir dans l'histoire humaine, bien qu'il soit déjà décidé à revêtir une forme mortelle pour sauver le monde... Écrite en réaction contre la grande poésie épique du XIIe siècle, l'Afrique est un tissage complexe de diverses influences textuelles, tant classiques que médiévales. Pour la première fois, ce texte étrange et somptueux devient enfin disponible en édition bilingue.
Avec ce volume, l'édition des Seniles, les lettres où le grand humaniste, au soir de sa vie, confie ses souvenirs est enfin complète. Non seulement il s'agit de la première traduction française de ce monument de l'humanisme italien, mais également de la première édition critique jamais publiée de cette collection. Le dernier volume poursuit la même politique éditoriale que les précédents. On a cependant été obligé de consacrer un appendice relativement long à la dernière lettre du recueil, l'Epître à la postérité (Posteritati) : on sait que Pétrarque qui avait prévu de long temps de placer une lettre de cette sorte à la fin de son dernier recueil, fut empêché par la mort d'accomplir son projet et ses disciples, chargés de l'édition, ne trouvèrent qu'un manuscrit inachevé, plein de repentirs et de suppléments. Et pourtant, c'est peut-être le document autobiographique le plus important laissé par Pétrarque. Le volume propose un texte nouveau, fondé sur une discussion lucide de tous les témoins et de toutes les sources disponibles. L'ouvrage est complété d'un index général couvrant les livres I-XVIII.
Voici l'oeuvre la plus vaste et sans doute la plus ambitieuse que Pétrarque ait écrite, le traité Des remèdes aux deux fortunes (1354 - 1366) : 254 dialogues portant sur toutes les situations de l'existence, sur toutes les suggestions de la vie ; s'y s'affrontent, peut-être sans espoir de réconciliation, les éléments qui nous font vivre, la Raison inlassable et les Passions obtuses, à la recherche d'un sens et d'une possibilité de bonheur. Le projet de Pétrarque, nourri du plus vaste savoir antique et médiéval, de l'analyse stoïcienne des passions et chrétienne des vices et des vertus, est de confronter ce fonds si solide et si bien établi à la diversité des réalités contemporaines, dans l'idée de répondre à cette seule question : qu'est-ce qui tient dans la vie que nous menons ? Car les temps ont changé, et le monde alentour impose de mettre la Raison à l'épreuve de toutes les propositions du réel : d'où une forme inédite jusqu'alors, une variation indéfinie sur le phénomène de la vie, qui montre, dans cet ouvrage éperdument désireux de fournir une somme de l'existence, l'incapacité nouvelle à accéder à une figure objective de la totalité. La Raison, devant la profusion du réel, le changement de la société, ne peut plus se satisfaire des schémas anciens. Il se peut qu'avec ce texte nous entrions dans un nouvel âge de la Raison : inquiète, et toujours à recommencer. Une somme donc, mais sans organisation, donnant une issue exclusivement morale aux savoirs antérieurs, et soumise à la figure naissante de l'écrivain. Car c'est l'auteur qui suppléera désormais à la certitude ancienne des lieux, de l'architecture et des pensées - c'est-à-dire une mouvance, là où il y avait une assurance. Et par lui, chaque homme à son tour, requis de comprendre les figures d'un monde qui l'excède à mesure qu'il le construit.
En 1358, un ami de Pétrarque l'invite à l'accompagner en Terre Sainte. Mais Pétrarque ne sera pas du voyage : la mer le terrifie. C'est aussi qu'il entend être autrement présent : par les pages qu'il écrira, et que le pèlerin emportera avec lui. Qu'est-ce qu'un Itinéraire quand son auteur n'a jamais vu les lieux qu'il décrit, quand il n'a parcouru que de la pensée les terres qu'il explore pour autrui ? Qu'est-ce qu'un guide, et va-t-on croire que la seule façon de l'être, c'est de donner du corps la mesure des quantités de l'espace ? Les Modernes que nous sommes ont perdu le souvenir d'autres arpentages. Voyage dans les lieux, dans l'histoire et dans les livres, indissociablement : le déplacement est l'aventure de l'esprit. Le temps, l'âme, l'espace ont la même issue.
Au début du XXe siècle, la préhistoire est une science en gestation, et les affaires de faux sont à l'origine de vives controverses qui divisent une partie de la communauté scientifique, puis le grand public, avec de nombreux épisodes judiciaires et des querelles d'experts. Deux grands débats d'authenticité ont dominé la recherche préhistorique : l'affaire de Piltdown et celle de Glozel. André Vayson de Pradenne qui avait participé activement aux deux polémiques, sans doute par crainte d'un procès en diffamation, ne les évoque pas dans son livre. Sous sa plume défilent les plus célèbres affaires de faux du XIXe et début du XXe : c'est l'affaire qui dura huit ans des autographes du géomètre Chasles abusé par Vrain-Lucas, celles des silex de Pile de Riou, du trésor de Curium imaginé et imposé par Luigi Palma di Cesnola, de la tiare de Saïtapharnès, acquise par le musée du Louvre en 1896... On s'étonne avec l'auteur que des simulations, le plus souvent grossières, aient pu tant de fois égarer de véritables savants. Cet ouvrage, paru en 1932, reste le document de référence sur les fraudes préhistoriques.