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Les humanitaires dans la guerre. Des idéaux à l'épreuve de la politique
Pérouse de Montclos Marc-Antoine
DOC FRANCAISE
19,50 €
Épuisé
EAN :3303331953616
Dans la tradition de la Croix-Rouge, l’aide humanitaire apportée aux victimes de conflits armés se présente comme neutre et apolitique. Mais la réalité est plus complexe : trop souvent rackettées et attaquées par les combattants, les organisations de secours peuvent alimenter les guerres par leurs effets d’entraînement économiques ou du fait qu’elles déchargent les belligérants de leurs obligations sociales en leur permettant de concentrer toutes les ressources locales vers l’action militaire. Paradoxalement, il arrive donc que les interventions humanitaires contribuent à prolonger les conflits. Elles peuvent également être instrumentalisées par les États et les bailleurs de fonds. A l’épreuve du terrain, la neutralité et l’indépendance revendiquées par les organisations non gouvernementales doivent notamment se plier à des impératifs de coordination et d’efficacité qui les obligent à entretenir des relations ambiguës avec les militaires déployés dans le cadre d’opérations de paix. A partir de l’étude de plusieurs conflits survenus au XXe siècle, cet ouvrage donne des éléments d’information très riches sur la façon dont les institutions humanitaires tentent de gérer de pareils dilemmes.
A partir d'exemples majoritairement puisés en Afrique noire, ce livre analyse les dilemmes de la sécurité publique dans les États faibles. Il montre notamment que si les polices des pays en développement sont rarement considérées comme des objets de recherche dignes de considération, elles constituent en fait un enjeu fondamental de la construction de l'État. Leurs défaillances relèvent en effet de problèmes structurels et pas seulement conjoncturels. Elles ne sont ni récentes, ni limitées géographiquement. De façon empirique, le visiteur de passage ou l'expatrié ne peut certainement pas les ignorer. Les check points de police qui lui barrent la route sont bien visibles. Appelés bouchons en Afrique francophone, ils mettent en évidence toute une économie politique de la violence et du racket qui consiste à rançonner la population au nom de l'État et au service d'intérêts privés. Ces pratiques d'extorsion ne sont pas de simples bavures: au vu de leur caractère systématique, il convient assurément de les avoir à l'esprit si l'on veut réformer en profondeur les appareils sécuritaires des pays en développement. Dans le même ordre d'idées, il importe également de dépasser les habituels lieux communs sur la prétendue "nouveauté" des phénomènes de privatisation de la sécurité depuis la fin de la guerre froide. Historiquement, le monopole weberien de la "violence légitime" n'a été qu'une référence lointaine dans le cadre colonial d'États inachevés et jamais hégémoniques. Autrement dit, parler aujourd'hui d'une "privatisation" de la sécurité perd beaucoup de son sens quand on sait que les polices coloniales défendaient déjà les intérêts d'une frange minoritaire de la population, à défaut d'avoir été conçues comme un véritable service public. Biographie: Chargé de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (1RD) et docteur en sciences politiques, Marc-Antoine Pérouse de Montclos travaille sur les conflits armés, les déplacements forcés et l'évaluation de l'aide humanitaire en Afrique subsaharienne. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris où il enseigne, il a vécu plusieurs années au Nigeria, en Afrique du Sud et au Kenya et accomplit régulièrement des missions d'études en Afrique. Il est l'auteur de nombreux articles et livres dont Le Nigeria (1994), Violence et sécurité urbaines (1997), L'aide humanitaire, aide à la guerre? (2001), Villes et violences en Afrique subsaharienne (2002), Diaspora et terrorisme (2003) et La guerre des autres (2007).
Cet ouvrage traite de la montée en puissance des associations de solidarité internationale du Nord intervenant au Sud. L'originalité de l'étude est triple : d'une part, elle interroge l'évolution des discours menés sur l'impact de l'aide ; d'autre part, elle apporte un éclairage sur le fonctionnement interne des opérateurs de cette aide, les associations de solidarité internationale, et enfin, elle livre une approche critique de l'institutionnalisation et de la marchandisation des ONG. L'ouvrage ne se limite pas à une simple analyse critique des ONG, il est aussi et surtout une analyse de la critique contre les ONG.
L'Afrique fait parfois la Une des médias lorsqu'on y déplore des attaques djihadistes ou des confrontations entre musulmans et chrétiens. Les crispations confessionnelles y semblent d'autant plus vives que, du fait de sa vitalité démographique, le continent enregistre des taux de croissance assez exceptionnels des communautés de croyances des deux principales religions abrahamiques. Pour autant, la complexité des réalités sociales observées sur le terrain invite à prendre ses distances avec les narratifs en vogue sur des guerres de civilisations. D'abord, les insurrections portées au nom d'Allah ou de Jésus ciblent essentiellement des croyants de même confession. De plus, beaucoup de mouvements religieux à caractère prophétique et contestataire sont difficilement classables, répudiés qu'ils sont par les musulmans et les chrétiens tout à la fois. La notion de "violence religieuse" , enfin, prête souvent à confusion et mérite d'être discutée plus avant. Ce livre explore ainsi le rapport des chrétiens et des musulmans au politique et à la rébellion à partir d'exemples méconnus et essentiellement puisés au sud du Sahara.
François Hollande avait annoncé que la France n'interviendrait pas au Mali. L'objectif était seulement d'appuyer une éventuelle opération de paix des Nations-Unis pour rétablir l'ordre à Bamako où des mutins avaient pris le pouvoir. Un mois plus tard l'armée française intervient. L'auteur, chercheur, spécialiste des questions africaines et du djihadisme, écoute les partisans de l'opération Serval, les discours, les déclarations d'intention qui balaient toute critique, tout scepticisme. Or pour Marc-Antoine de Montclos il y a tout de suite un risque de retour aux grandes heures de la Françafrique, un risque d'enlisement, un danger extrême pour une ancienne puissance coloniale à se substituer à l'Etat et à l'armée maliens. Il suit tout le déroulement de l'opération depuis 2013 : l'intervention aurait dû être courte, elle s'éternise et avec des effets dévastateurs. Les fondements de l'intervention au Mali font débat. Le récit officiel veut que, le 7 janvier 2013, des pickups chargés de djihadistes se soient ébranlés en direction de Konna. On sait que les combattants viennent du Nord du Mali où ils se sont emparés de Tombouctou, Gao et Kidal quelques mois plus tôt. Il faut agir, dit-on, sinon Bamako pourrait tomber et puis Niamey, Ouagadougou, Nouakchott... Tout le " Sahélistan " serait aux mains des fous de Dieu. La France est la seule à intervenir. Pour quel bilan ? Les mouvances djihadistes ont proliféré et étendu leurs actions, les violences intercommunautaires se sont multipliées, le banditisme. Que doit faire l'armée française ? Rester en vain sans améliorer la situation ? Se retirer pour se dédouaner de toute responsabilité dans les événements en cours ?