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Diaspora et terrorisme
Pérouse de Montclos Marc-Antoine
SCIENCES PO
24,50 €
Épuisé
EAN :9782724608977
A l'heure où la Somalie est suspecte de prêter abri des sympathisants de la mouvance Ben Laden, ce livre fait le point sur un pays ravagé par de nombreuses guerres : crise de l'Ogaden contre l'Ethiopie en 1977, bombardement de Hargeisa en 1988, luttes de factions après l'effondrement de la dictature Siad Barre en 1991, etc. Le sud de la Somalie continue aujourd'hui de présenter le cas assez extraordinaire d'un territoire sans Etat. Le vide politique a favorisé la montée en puissance de groupements fondamentalistes qui n'ont cependant pas réussi à établir une république islamique. La guerre a aussi mis en évidence l'importance d'une diaspora constituée de réfugiés dans les camps de la Corne de l'Afrique ou du Yémen, de clandestins dans les pays voisins de la Somalie ou dans le Golfe, ou de demandeurs d'asile en Occident. Si, par défaut d'Etat, la diaspora somalienne représente également un formidable vecteur de la reconstruction du pays, la fragmentation du champ politique dans la Corne encourage toutes sortes de drives criminelles et aiguise les stigmates qui font du Somali un bandit en puissance. La criminalisation du migrant somalien se lit en réalité à deux niveaux, la fois par les interférences d'organisations mafieuses et par la représentation que les Occidentaux ou les Elites chrétiennes au pouvoir en Ethiopie et au Kenya peuvent avoir d'une diaspora musulmane.
A la suite de la débâcle des Etats-Unis en Afghanistan et à l'heure où l'armée française se retire du Mali, l'Afrique subsaharienne revient sur le devant de l'actualité djihadiste. On ne peut comprendre la résilience des groupes insurrectionnels de la zone sans prendre en compte la faiblesse des Etats qui sont censés les combattre. Loin des spéculations habituelles sur de supposés soutiens en provenance d'Al-Qaïda ou de l'Etat islamique, ce livre met ainsi en évidence les racines locales des conflits en cours au Sahel et dans la Corne de l'Afrique. Il propose une analyse rationnelle d'insurrections dites " terroristes " dont la dimension religieuse est fort discutable, alors que la poursuite des hostilités tend à séculariser et criminaliser la logique des affrontements.
François Hollande avait annoncé que la France n'interviendrait pas au Mali. L'objectif était seulement d'appuyer une éventuelle opération de paix des Nations-Unis pour rétablir l'ordre à Bamako où des mutins avaient pris le pouvoir. Un mois plus tard l'armée française intervient. L'auteur, chercheur, spécialiste des questions africaines et du djihadisme, écoute les partisans de l'opération Serval, les discours, les déclarations d'intention qui balaient toute critique, tout scepticisme. Or pour Marc-Antoine de Montclos il y a tout de suite un risque de retour aux grandes heures de la Françafrique, un risque d'enlisement, un danger extrême pour une ancienne puissance coloniale à se substituer à l'Etat et à l'armée maliens. Il suit tout le déroulement de l'opération depuis 2013 : l'intervention aurait dû être courte, elle s'éternise et avec des effets dévastateurs. Les fondements de l'intervention au Mali font débat. Le récit officiel veut que, le 7 janvier 2013, des pickups chargés de djihadistes se soient ébranlés en direction de Konna. On sait que les combattants viennent du Nord du Mali où ils se sont emparés de Tombouctou, Gao et Kidal quelques mois plus tôt. Il faut agir, dit-on, sinon Bamako pourrait tomber et puis Niamey, Ouagadougou, Nouakchott... Tout le " Sahélistan " serait aux mains des fous de Dieu. La France est la seule à intervenir. Pour quel bilan ? Les mouvances djihadistes ont proliféré et étendu leurs actions, les violences intercommunautaires se sont multipliées, le banditisme. Que doit faire l'armée française ? Rester en vain sans améliorer la situation ? Se retirer pour se dédouaner de toute responsabilité dans les événements en cours ?
L'Afrique fait parfois la Une des médias lorsqu'on y déplore des attaques djihadistes ou des confrontations entre musulmans et chrétiens. Les crispations confessionnelles y semblent d'autant plus vives que, du fait de sa vitalité démographique, le continent enregistre des taux de croissance assez exceptionnels des communautés de croyances des deux principales religions abrahamiques. Pour autant, la complexité des réalités sociales observées sur le terrain invite à prendre ses distances avec les narratifs en vogue sur des guerres de civilisations. D'abord, les insurrections portées au nom d'Allah ou de Jésus ciblent essentiellement des croyants de même confession. De plus, beaucoup de mouvements religieux à caractère prophétique et contestataire sont difficilement classables, répudiés qu'ils sont par les musulmans et les chrétiens tout à la fois. La notion de "violence religieuse" , enfin, prête souvent à confusion et mérite d'être discutée plus avant. Ce livre explore ainsi le rapport des chrétiens et des musulmans au politique et à la rébellion à partir d'exemples méconnus et essentiellement puisés au sud du Sahara.
La manière dont l'Allemagne traite ses habitants [... ] n'est pas plus notre affaire que ce n'est celle d'un autre gouvernement de s'interposer dans nos problèmes". Les mots de Robert Jackson, procureur en chef américain au procès de Nuremberg, sont sans ambages : la répression des crimes racistes commis par les nazis ne saurait ouvrir la voie à un examen international de l'ordre racial qui prévaut alors aux Etats-Unis. L'atteste la définition particulièrement corsetée du crime contre l'humanité adoptée en 1945. A partir d'une enquête sur les lawyers qui, outre-Atlantique, ont jeté les bases du procès, impulsé et conduit les débats, Guillaume Mouralis propose une relecture passionnante de Nuremberg. Il révèle le faisceau des contraintes professionnelles, sociales et culturelles qui ont lourdement pesé sur ce moment expérimental. Il s'interroge finalement sur son legs. Comment a-t-il été mobilisé dans les luttes afro-américaines pour les droits civiques, ou celles, ultérieures, contre la guerre du Vietnam ? Et comment ces appropriations militantes ont-elles marqué l'émergence d'un dispositif judiciaire international ?
Le rejet du Traité constitutionnel européen en 2005 par les peuples français et néerlandais, suivi du "non" irlandais de 2008 et du Brexit de 2016, a plongé l'Union européenne dans une crise grave. II a fait resurgir doutes et incertitudes quant à sa nature institutionnelle, à la répartition des pouvoirs, à la place des citoyens et des opinions et à sa capacité à faire face aux enjeux mondiaux actuels. Comprendre cette crise, et ses répercussions profondes sur la politique des Etats membres, exige d'affronter la complexité de l'Union, sans en exagérer la portée. Ce livre a pour ambition de mettre en évidence la cohérence et l'originalité du régime politique européen. Il analyse la nature de la "fédération d'Etats" et montre comment les conflits de compétence sont résolus en son sein. Il revient sur l'équilibre institutionnel original du "modèle communautaire" et sur les mécanismes de décision qu'il génère. Il se penche sur la "vie politique" qui s'ébauche dans l'Union et s'interroge sur la manière dont cette fédération d'Etats peut devenir pleinement démocratique. Dépassant les dichotomies classiques et posant le compromis comme principe constitutif de la vie politique européenne, cet ouvrage constitue une véritable référence qui permet de mieux saisir les enjeux de l'Union européenne.
La crise des réfugiés qui secoue l'espace européen depuis 2015 a mis en lumière l'incapacité des institutions politiques à fournir des réponses satisfaisantes à tous les profils de migrants. Fruits de globalisations contradictoires, les flux migratoires s'accélèrent à travers le monde. Alors même que des frontières se ferment et que des murs s'érigent, les catégories de migrants et de réfugiés se brouillent, les pays de départ deviennent pays de transit et d'accueil et inversement, le contenu de la citoyenneté se diversifie, l'expression d'un droit à la mobilité des personnes émerge partout dans le monde. Réel enjeu planétaire, longtemps oubliées des grandes questions mondiales, les migrations transforment et affectent les relations internationales, redéfinissent la souveraineté des Etats. Elles disent surtout l'urgence d'une diplomatie nouvelle intégrant leur gouvernance mondiale et régionale.
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.