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Les grammaires de la contestation. Un guide de la gauche radicale
Pereira Irène
EMPECHEURS
14,80 €
Épuisé
EAN :9782359250114
A la gauche du parti socialiste, il y a désormais tout un ensemble de forces politiques, syndicales,associatives, de journaux et revues entre lesquelles il est parfois difficile de se reconnaître, même pour les plus avertis. Il ne s'agit pas, pour l'auteure, d'en dresser une liste qui serait fastidieuse, mais de comprendre les grands ressorts qui expliquent les différences entre les diverses fractions de la gauche de la gauche, et de comprendre les passions qui les animent. Elle propose pour cela un outil pragmatique inspiré du travail de Luc Boltanski, outil qui va lui permettre de distinguer plusieurs grands courants: républicain de gauche, socialiste, postmoderne. Ceux-ci peuvent se retrouver dans les mêmes organisations, s'allier entre eux, mais ils s'opposent à chaque fois que surgit un débat de société important: la laïcité et la place des religions, le féminisme, les luttes homosexuelles, etc. Ces grands courants ont des racines, des histoires et des auteurs de référence différents. Peuvent-ils faire alliance à court et à long terme? Sont-ils condamnés à toujours s'opposer et à se fragmenter rendant impossible l'existence d'un grand courant politique à la gauche du Parti socialiste? Ce sont tous ces débats, et les prises de position qui en découlent, qu'Irène Pereira nous permet ainsi de décrypter. C'est donc bien une « grammaire » qu'elle nous propose, et qu'elle illustre avec demultiples exemples.
Résumé : Cet ouvrage tente de construire une théorie critique à partir d'une perspective pragmatiste. Il ne s'agit pas ici de partir des structures sociales pour analyser l'exploitation, la domination et l'oppression. L'objet est au contraire de s'appuyer sur les actions collectives pour étudier les rapports sociaux inégalitaires et les pratiques d'émancipation collectives. Ce travail prend appui sur une relecture des auteurs de la tradition libertaire ? en particulier Pierre-joseph Proudhon ? et syndicaliste révolutionnaire ? Georges Sorel et Simone Weil. La relecture de ces oeuvres est nourrie et les confronte aux productions actuelles de la sociologie et de la philosophie : études féministes, théories de la reconnaissance, sociologie de la critique, philosophie et sociologie néo-pragmatiste... L'objectif est de contribuer à la construction d'une épistémologie sociale libertaire qui permette une meilleure articulation entre l'individuel et le collectif, les luttes sociales et sociétales, les technocritiques et la dénonciation du capitalisme, l'analyse critique des rapports sociaux et les actions collectives d'émancipation.
Mouvement social, altermondialisme, nouvelles formes de militantisme et d'action politique... la pensée et les pratiques anarchistes sont plus que jamais d'actualité. Cet ouvrage présente au lecteur de façon claire, chronologique et actualisée les principaux penseurs, courants et jalons historiques de l'anarchisme et restitue de manière éclairante les logiques différentes qui animent ces courants. L'actualité sociologique de l'anarchisme y est ensuite analysée d'un double point de vue théorique et militant: présentation des organisations et des anarchistes non organisés en France, analyse des pratiques et théoriciens actuels, et mise en perspective visant l'actualisation de certains aspects de la pensée anarchiste.
Résumé : Que peut apporter l'anarchisme au féminisme ? Le féminisme à l'anarchisme ? En posant cette double interrogation, le féminisme libertaire dévoile les angles morts de ces mouvements et permet d'approfondir leurs questionnements. Clairement distinct d'une acception purement libertarienne, il affirme l'existence de systèmes d'oppression et, en réponse, la possibilité d'une capacité auto-émancipatrice. Véritable enquête philosophique que l'autrice confronte à des éléments historiques, cet ouvrage invite à penser une société radicalement féministe et anti-capitaliste, sans intervention de l'Etat et à la liberté individuelle étendue. Pour utopique qu'il paraisse, le féminisme libertaire peut nourrir les réflexions actuelles et infuser notre monde.
La nomination d'un conseil scientifique de l'Education nationale en 2018 conduit à s'interroger sur les rapports entre science et éthique professionnelle enseignante. En effet, il n'est plus possible de penser l'éthique professionnelle, en particulier enseignante, sans tenir compte de l'histoire du XXe siècle : celle des régimes autoritaires et des massacres de masse qui se sont appuyés sur les progrès des sciences et des techniques. Cela conduit à se demander quelle éthique peuvent se donner les enseignants. L'histoire des fascismes de masse nous questionne sur la place que l'éducation a pu prendre dans ces phénomènes. Les études sur la soumission à l'autorité ou le conformisme de groupe ont interrogé la continuité avec les situations sociales quotidiennes, en particulier professionnelles. Diverses expériences éducatives ont montré qu'il est possible de reproduire les mécanismes d'émergence des totalitarismes dans une salle de classe. Tout cela doit nous conduire à penser ce que sont une éthique enseignante et une éducation qui favorisent la conscience critique et les capacités de résistance à l'oppression. C'est ce que se propose cet ouvrage en s'appuyant en particulier sur une relecture de l'oeuvre du philosophe et pédagogue brésilien Paulo Freire.
Les animaux ont bien changé au cours des dernières années. Les babouins mâles qui semblaient tellement préoccupés de hiérarchie et de compétition nous disent à présent que leur société s'organise autour de l'amitié avec les femelles. Les corbeaux, qui avaient si mauvaise réputation, nous apprennent que, quand l'un d'eux trouve de la nourriture, il en appelle d'autres pour la partager. Les moutons, dont on pensait qu'ils étaient si moutonniers, n'ont aujourd'hui plus rien à envier aux chimpanzés du point de vue de leur intelligence sociale. Et nombre d'animaux qui refusaient de parler dans les laboratoires behavioristes se sont mis à entretenir de véritables conversations avec leurs scientifiques. Ces animaux ont été capables de transformer les chercheurs pour qu'ils deviennent plus intelligents et apprennent à leur poser, enfin, de bonnes questions. Et ces nouvelles questions ont, à leur tour, transformé les animaux... Depuis la première édition de ce livre, les uns et les autres ont continué à se surprendre et un chapitre inédit nous fait découvrir leurs avatars les plus récents. Aujourd'hui, des rats rient dans leurs laboratoires, des perroquets australiens apprennent, avec leurs scientifiques, à mieux collaborer. Quant aux babouins, on découvre que certains auraient domestiqué des chiens et apprivoisé des chats ! Ce livre fourmille de mille exemples et histoires et nous invite à nous demander si tous ces êtres ne sont pas occupés à nous poser une question politique.
Il y a maintenant presque huit ans, je me suis retrouvée de façon inattendue éperdument amoureuse d'une chienne rouge piment que j'ai appelée Cayenne. " C'est en partant des gestes les plus ordinaires du quotidien et non pas de grands principes que Donna Haraway nous invite à penser notre relation aux espèces compagnes. Ces espèces avec lesquelles nous " partageons le pain ", depuis les micro-organismes qui nous peuplent jusqu'aux animaux de compagnie. Cet enchevêtrement nous conduit auprès de bouledogues français à Paris, à des projets concernant les prisonniers du Midwest, à des analyses coûts-bénéfices dans la culture marchande autour des chiens, à des souris de laboratoire et des projets de recherche en génétique, sur des terrains de baseball et d'agility, auprès de baleines munies de caméras au large de l'Alaska, sur des sites industriels d'élevage de poulets, etc. Il s'agit ici non pas de domestication, de contrôle ou de rachat de la dette mais de contact. Quelle est la valeur ajoutée du contact ? Que nous apprennent à sentir et à faire les " zones de contact " ? Loin de tout retour romantique à une rencontre sauvage, dénuée d'intérêts et de contamination biopolitique, prendre soin du contact entre espèces " entraîne " à un perpétuel zigzag entre ce qui nous affecte, nous rattache, nous rend interdépendants, simultanément robustes et vulnérables.
Lowenhaupt Tsing Anna ; Pignarre Philippe ; Stenge
Anna Tsing parcourt les forêts tropicales indonésiennes ravagées par le capitalisme. L'affrontement suppose des alliances étonnantes entre indigènes habitant les forêts, ONG internationales et étudiants défenseurs de l'environnement. Ne nous laissons pas intimider par l'idée d'une globalisation invincible. C'est la friction avec une surface qui fait qu'une roue tourne ; envoyée en l'air, elle ne va nulle part. La friction de deux morceaux de bois produit de la chaleur et de la lumière ; un morceau de bois seul n'est qu'un morceau de bois. Sans friction, pas de mouvement, pas d'action, pas d'effet. Mettant en cause l'idée qui veut que la globalisation signifie le choc des cultures, l'anthropologue Anna Tsing fait de la friction une métaphore des multiples imbroglios socio-épistémiques qui font voyager partout dans le monde ce à quoi nous attribuons le pouvoir de globaliser ce monde. Tsing a parcouru les forêts tropicales indonésiennes où le capitalisme a redessiné les paysages en les transformant en zones-frontières où entrepreneurs légaux et illégaux s'emparent des terres des peuples indigènes, exploitant et détruisant sans vergogne toutes les ressources. En réaction, des mouvements environnementalistes ont pris la défense des forêts et des populations qui y vivent. L'affrontement mobilise des scientifiques, des opérateurs de la finance internationale, des idéaux d'émancipation ou de défense de la nature, comme aussi de prospérité par le développement. Mais cet affrontement ne traduit pas le heurt local d'enjeux valables partout. Ce qui anime les épargnants canadiens, les investisseurs des pays dits développés, les industries prédatrices, les experts des agences internationales, les anciens des villages de Bornéo, les étudiants de Djakarta amoureux de la nature, n'est ni local ni global mais toujours pris dans des reprises locales particulières de ce qui se présente comme cause globalement reconnue. Même ceux qui font alliance pour défendre la gestion communautaire des forêts le font pour des raisons différentes, souvent sur la base de malentendus. Mais ces malentendus sont justement parfois ce qui permet de gagner. Plutôt que de se laisser fasciner par le spectre d'une globalisation invincible, Anna Tsing appelle à une attention pragmatique à des collaborations engagées, situées, qui tirent leur force de références globales tout en les particularisant. Anna Tsing renouvelle les méthodes de l'ethnographie. Elle multiplie les modes d'approches qui permettent de saisir le rôle, fructueux ou désastreux, des différences culturelles dans le processus même de ce que l'on appelle trop facilement la globalisation. Elle nous offre un récit politique, ethnographique et poétique bouleversant.
Depuis la terrible expérience du confinement, les Etats comme les individus cherchent tous comment se déconfiner, en espérant revenir aussi vite que possible au " monde d'avant " grâce à une " reprise " aussi rapide que possible. Mais il y a une autre façon de tirer les leçons de cette épreuve, en tout cas pour le bénéfice de ceux que l'on pourrait appeler les terrestres. Ceux-là se doutent qu'ils ne se déconfineront pas, d'autant que la crise sanitaire s'encastre dans une autre crise bien plus grave, celle imposée par le Nouveau Régime Climatique. Si nous en étions capables, l'apprentissage du confinement serait une chance à saisir : celle de comprendre enfin où nous habitons, dans quelle terre nous allons pouvoir enfin nous envelopper - ; à défaut de nous développer à l'ancienne ! Où suis-je ? fait assez logiquement suite au livre précédent, Où atterrir ? A Comment s'orienter en politique. Après avoir atterri, parfois violemment, il faut bien que les terrestres explorent le sol où ils vont désormais habiter et retrouvent le goût de la liberté et de l'émancipation mais autrement situées. Tel est l'objet de cet essai sous forme de courts chapitres dont chacun explore une figure possible de cette métaphysique du déconfinement à laquelle nous oblige l'étrange époque où nous vivons.