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Archives de sciences sociales des religions N° 185, janvier-mars 2019 : Christianisme orthodoxe et é
Pelletier Denis
EHESS
23,00 €
Épuisé
EAN :9782713227820
Au cours de ces dernières années, la crise économique quia secoué en priorité l'Europe du Sud, réputée majoritairement orthodoxe ou catholique, a remis à l'ordre du jour la question jadis posée par Max Weber du rapport entre les appartenances religieuses et "l'esprit du capitalisme". Certains observateurs ont aussi vu dans le mode procédural de construction de l'Union européenne l'action d'une Europe du Nord d'inspiration protestante, à laquelle ces sociétés du sud peineraient à se plier. Il n'appartient pas à une revue comme les Archives de se positionner dans ce type de débat, bien souvent réducteur. La question du rapport entre orthodoxie et économie mérite néanmoins d'être posée, y compris à l'aune de la crise présente, dans la manière dont elle constitue le fait religieux en observatoire des mutations contemporaines des sociétés de l'Europe méditerranéenne d'une part, du questionnement de la relation entre Eglise et Etat à l'épreuve de la sécularisation d'autre part. C'est l'objet de ce dossier, qui s'ouvre sur un bilan critique de la thèse wébérienne à l'épreuve de l'orthodoxie, et s'appuie sur plusieurs enquêtes de terrain conduites en Grèce, à Chypre et en Bulgarie. A ce dossier s'ajoutent trois articles consacrés aux polémiques antithéâtrales du XVIIe siècle, à la gestion par la municipalité de Bordeaux du pluralisme religieux en contexte de laïcité, aux reformulations en cours de la relation entre religion et écologie.
Dans la seconde moitié du XXe siècle s?est imposée en France une désignation tantôt valorisante,tantôt péjorative: « cathos de gauche », par extension « chrétiens de gauche » ? car cette nébuleuseenglobe des catholiques et des protestants. Qui étaient-ils et comment ont-ils pris le tournant del?engagement à gauche face à une Église massivement portée à droite? Les « cathos de gauche »voulaient, au nom de l?Évangile, inventer une Cité où s?exprimerait l?idéal biblique de la justice. À partirde 1962, le concile Vatican II semble signer leur victoire et, dans la foulée de Mai 68, ils réclament desréformes, parfois révolutionnaires, dans l?Église et dans la société. Rien des enjeux de l?heure ne leursera étranger: marxisme, gauchisme, autogestion, renouveau syndical, féminisme, tiersmondisme?L?élection de François Mitterrand en 1981, à laquelle ils ont contribué, semble pourtant marquer le début de leur déclin. C?est le temps du reflux, du désenchantement: arrêt du « recrutement », départs hors de l?orbite chrétienne, émiettement des groupes, dissensions politiques. Le pontificat de Jean-Paul II les affaiblit, en dépit de quelques événements rassembleurs qui ne permettent que des résurgences éphémères. Au début du XXIe siècle, cette variété de militants chrétiens existe-t-elle encore? Que reste-t-il de leurs luttes et des idées qu?ils entendaient porter?
Résumé : Ce livre entend poser les jalons d'une histoire globale de Jean-Marie Lustiger, figure éminente de l'Eglise de France entre 1981 et 2005. Le cardinal-archevêque de Paris n'occupait pas seulement une position décisive : il était par son itinéraire d'enfant juif converti, par sa personnalité atypique et par son rayonnement bien au-delà des cercles ecclésiaux, une voix originale. L'homme a suscité des controverses que le temps qui passe n'a pas toutes éteintes, et le devenir du catholicisme français depuis la fin du concile Vatican II est une question ouverte, sur laquelle acteurs et chercheurs débattent encore. Dans cette démarche, où se croisent l'histoire, la théologie, l'histoire de l'art et la science politique, et pour laquelle se sont rencontrées plusieurs générations de chercheurs et de chercheuses, il importait aussi de faire place à des témoignages d'acteurs et d'actrices, selon une démarche qui s'est imposée depuis longtemps dans le cadre de ce qu'il est convenu d'appeler l'histoire du temps présent. Ce parti pris d'ouverture à la diversité des tons et des regards semble le mieux à même de rendre compte d'une histoire qui demeure ouverte, et sur laquelle le volume que l'on va lire n'a certes pas la prétention de dire le dernier mot. Grâce à l'Institut Lustiger qui a voulu la rencontre scientifique à l'origine de ce livre collectif et à son action pour rassembler un corpus archivistique considérable, les contributeurs de ce volume ont le sentiment d'avoir, sinon ouvert, au moins conquis "le moment Lustiger" pour les études universitaires.
Résumé : Depuis le tournant du millénaire, l'émergence de minorités catholiques actives, les prises de positions de l'Eglise de France comme la médiatisation de ses crises internes ont fait prendre conscience qu'il existe dans notre pays une "question catholique" . Or, dans la société la plus sécularisée d'Europe, le catholicisme est mal perçu, mal connu, voire étranger à beaucoup de Français. Par sa clarté et sa forme narrative l'explication passe par le récit, l'ouvrage de Denis Pelletier met l'histoire de ce monde singulier à la portée de tous. De la Révolution à aujourd'hui, il déconstruit les idées reçues et montre comment les différentes mémoires celle des catholiques, celle des anticléricaux, celle du roman national ont souvent déformé les réalités historiques. Un livre éclairant, à l'heure du réveil politique d'une certaine droite catholique, du traumatisme des révélations sur les clercs pédophiles, mais aussi de la redécouverte d'un patrimoine commun après l'incendie de Notre-Dame de Paris. Denis Pelletier est directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études, spécialisé dans l'histoire du catholicisme français.
Remaud Olivier ; Schaub Jean-Frédéric ; Thireau Is
Que signifie l'acte de comparer pour les sciences sociales ? Dans ce volume, la démarche comparative est vue comme un éloge de la pluralité: aucune science sociale ne peut se borner à l'étude d'un seul cas. Dès lors, chaque nouveau savoir, chaque nouvel échange entre disciplines se trouvent confrontés aux fausses évidences de leur irréflexion. On tend à décréter le comparable, à stipuler l'incomparable. Comparer en sciences sociales, c'est répondre aux défis du découpage et de l'asymétrie des objets. C'est également forger les outils d'une méthode qui s'ajuste à des écarts. Cet ouvrage reflète les approches très différenciées dans lesquelles s'inscrit la comparaison. Pour les uns, celle-ci est une ressource de l'analyse; pour les autres, elle constitue la matière d'un programme de recherche. Pour tous, l'acte de comparer pose le cadre théorique de leur réflexivité scientifique. Il définit aussi l'horizon d'un langage commun. Il désigne enfin l'objet observé: des sociétés composées d'acteurs qui ne cessent de qualifier leur situation par comparaison.
Dans une Italie communale qui bénéficie, au cours des XIIe et XIIIe siècles d'un essor sans précédent de la production et des échanges, le paysage urbain se hérisse de tours, tandis que les rues résonnent en permanence du pas de ces puissants chevaux de guerre qui peuplent tant de fresques et de tableaux de la première Renaissance. Tours et chevaux symbolisent la supériorité d'une classe sociale, la militia, qui pendant longtemps restera ouverte à tous ceux qui ont les moyens d'acheter un cheval de guerre et de s'entraîner pour le combat monté. Composée pour l'essentiel de propriétaires fonciers, la militia n'en présente pas moins une grande diversité de conditions sociales qu'accentue encore la participation plus ou moins active de ses membres aux secteurs les plus dynamiques de l'économie marchande. Seuls en fait les profits tirés de la guerre et la défense des privilèges qui lui sont reconnus en échange de ses prestations militaires expliquent l'étonnante cohésion de cette classe et sa capacité à perpétuer un système de domination qui s'identifie, jusqu'au début du XIIIe siècle, avec le régime des consuls. Et pourtant, la militia se verra contrainte, en l'espace de quelques décennies, de renoncer à ses privilèges et d'abandonner le pouvoir à de nouvelles catégories de la population regroupées sous la bannière du popolo. Comment expliquer une débâcle aussi rapide ? Par l'irrésistible montée en puissance du popolo, sans aucun doute, et par les décisions internes de la militia. Mais elle apparaît plus encore comme la conséquence inévitable d'une culture de la haine qui, malgré tous les mécanismes destinés à en limiter les effets, conduit à l'implosion d'un tel système de domination.
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
Georges Guille-Escuret bouscule un des tabous de la civilisation: le cannibalisme. II soumet au crible d'une analyse incisive le regard porté par les sciences sociales sur l'anthropophagie. Entre les récits d'explorateurs, les témoignages de missionnaires et les commentaires de savants, se dessine une épistémologie à double sens, portant sur la confrontation entre la culture des peuples observés et celle des observateurs. Le cannibalisme se révèle une formidable loupe pour observer les antagonismes de pensée autour du rapport nature/culture. Il permet aussi de mettre au jour la dimension historique de l'exotisme. Ce livre, tout en réinsérant le cannibalisme parmi les sujets anthropologiques, prétend combattre efficacement l'ethnocentrisme et le mépris du "sauvage" dans la "civilisation".