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Déroutements
Payot Daniel
L'HARMATTAN
14,50 €
Épuisé
EAN :9782296052123
Il parle d'interruptions, d'ellipses, d'écarts, de déroutements, et eux entendent négation, destruction, épuisement. Pauvres eux! Ils feraient mieux d'apprendre à écouter les naissances, les envois, les advenues, et plus tard les tissages, les enchevêtrements, les intrigues. Ainsi le décalage apparaît-il. Dans la complétude qu'ils invoquent, ils projettent une totalité achevée, une substance, un absolu intangible, et ils se voient eux-mêmes en gardiens de ce monument tout positif. Mais leur autoportrait les trahit: ils sont exclusifs, jaloux, méprisants envers ceux qui n'accèdent pas à cette Vérité, cassants pour ceux qui mettraient en doute qu'elle est suprêmement désirable. Ce sont eux les destructeurs, pense-t-il. Lui ne cesse d'être passionné par les aventures des concepts: ils arrivent, ils se meuvent, ils sont ensemble tissés et assemblés, travail sur les jours qui ne les comble pas mais invente, fait être, laisse respirer. Il aime les émergences, et eux ne voient de la présence que ce qui en fait un édifice irréfutable, une stèle immobile, c'est-à-dire, peut-être bien, la mort. Biographie: Daniel PAVOT enseigne la philosophie de l'art à l'université Marc Bloch de Strasbourg et à l'université de Ouagadougou (Burkina Faso).
La philosophie d'Adorno est une critique de la domination politique et idéologique. Elle est aussi une méditation sur les devoirs de la pensée confrontée à la Shoah et aux totalitarismes du XXe siècle. Face à la Catastrophe, elle ne s'abîme pas dans le défaitisme mais tente de retrouver, sous les mythes qui les étouffent, les raisons d'espérer sans lesquelles l'expérience humaine ne serait pas viable. La notion d'utopie, qu'il hérite d'Ernst Bloch et de Walter Benjamin, a d'abord chez Adorno ce sens d'un dégagement de possibles qui, enfouis dans l'Histoire et réprimés par la logique du capitalisme, peuvent cependant être reconnus et libérés. Cela suppose que les singularités - l'individu dans le collectif, le détail dans l'ensemble, l'élément dans la composition - ne soient pas annexées et liquidées, mais au contraire préservées dans leur expression propre. Adorno, avec Benjamin, nomme "constellations" les modes d'articulation qui y parviennent. Pour en dégager les enjeux, il faut entrer dans le mouvement d'une pensée qui déconstruit les concepts d'identité et de totalité mais ne renonce pas à l'espérance. Les conceptions adorniennes de la dialectique et de la négativité sont traversées par cette tension féconde. Cette introduction à l'oeuvre d'Adorno l'interprète comme une réponse à ce que Miguel Abensour appelait la "sommation utopique" : sous l'opacité et la noirceur du monde, l'écriture d'Adorno tente de réveiller un "dire" de vérité, de sauvetage et d'émancipation.
Résumé : Sous le titre Feuillets complices, l'auteur regroupe plusieurs textes qu'il a, au fil du temps et depuis une trentaine d'années, rédigés pour quatorze artistes, à l'occasion d'expositions, de catalogues ou d'autres manifestations. Le fil directeur de l'ensemble est suggéré par le titre : il s'agit pour l'auteur de poursuivre la réflexion qu'il avait engagée avec la rédaction de son livre Retours d'échos, publié en 2021 par L'Atelier contemporain. La thématique, diversement traitée, concerne les rapports qui se tissent entre pratiques artistiques et pratiques d'écriture. Si les secondes ne peuvent en aucun cas prétendre énoncer la "vérité" des premières, de quelles approches, de quels présupposés témoignent-elles ? L'intuition est qu'écrire pour un artiste vivant est toujours une sorte d'aventure qui n'est précédée par aucun mode d'emploi, aucune norme préalablement établie à laquelle il serait possible de se conformer. Si cela rend l'exercice périlleux, il y gagne aussi en expérience éthique. L'écriture - c'est là l'une des motivations de cet essai - n'a de légitimité que quand elle rend compte de l'altérité imprescriptible des oeuvres dont elle parle et des artistes qui les ont créées. A la proximité d'une entreprise commune s'adjoint nécessairement la distance qu'il convient de respecter entre deux modalités différentes de la création et entre deux singularités personnelles. La notion de "complicité" entend suggérer l'une et l'autre. Le regroupement de textes rédigés en des circonstances différentes et à des moments répartis sur un temps relativement long apparaît comme une occasion de manifester par l'écriture les évolutions, continuités et discontinuités, fidélités et reformulations des oeuvres des artistes concernés : Désiré Amani, Patrick Bailly-Maître-Grand, Marie-Odile Biry-Fénique, Jean Claus, Etienne-Martin, Valérie Favre, Ilana Isehayek, Philippe Lepeut, Ann Loubert, Pascal Poirot, Laurent Reynes, Germain Roesz, Daniel Schlier, Sylvie Villaume.
Perrat Benoît ; Pitte Jean-Robert ; Guillot Pierre
Résumé : Grand chef cuisinier aux côtés des Escoffier, des Rambert et des frères Rouzier notamment, le Bressan Benoît Perrat (1873-1957) exerça son art dans les restaurants de tout premier ordre (Lyon, Genève, Paris, York, Berlin, Dresde) puis dans les cours princières et royales d'Europe centrale de la Belle Epoque (Saxe, Bavière, Roumanie, Hongrie). Contraint par la Grande Guerre à quitter ceux qu'il avait somptueusement servis, il retrouve ses terres natales et s'installe quelque temps après à Vonnas (Ain), la "Mecque de gueule", où il tiendra jusqu'à la Seconde Guerre mondiale toujours avec panache et distinction, jusqu'au raffinement ultime, la table et le Grand Hôtel Moderne. Il y rédigera sa célèbre "rhapsodie culinaire et gastronomique", Cornus en Bresse (1932) ? rééditée en 2002 ? et en 1938 sa Hongrie gourmande, restée inédite et publiée ici pour la première fois. Ce recueil surprenant assemble une centaine de ses recettes magyares récolées au gré de ses rencontres, de ses pérégrinations, de ses affectations et de ses enchantements. Récolées... ! C'est peu dire. Benoît Perrat y atteste surtout le "véritable esprit de la gastronomie qui est un patrimoine vivant, en évolution constante, ouvert à toutes les influences extérieures qui sont découvertes, apprivoisées, domestiquées, puis intégrées". C'est donc à une savoureuse déclinaison des riches spécialités danubiennes, parfois "métissées de Bresse", que Benoît Perrat convoque ses lecteurs, au premier rang desquelles le fameux gulash, et bien sûr le paprika, piment-roi de la cuisine magyare. Il les invite surtout à mettre avec lui la main au fourneau puis la serviette au cou.
?Quels sont les secrets d'une vocation ? Par quels chemins mystérieux voyage-t-elle ? Devenir galeriste, est-ce un appel, un destin, ou le résultat des hasards successifs ? A priori, être galeriste c'est vivre entre l'économie et l'esthétique, c'est être partagé entre les échanges et le coeur. Quel impératif l'emporte et comment passer du numéraire à l'esprit, du matériel au spirituel ? A travers quelques anecdotes et faits saillants d'une carrière de vingt ans, l'auteur tente de répondre à ces questions.
Dans un contexte économique caractérisé par la mondialisation où les fusions, délocalisations et liquidations d'entreprises sont autant de risques pour les managers, la ressource principale de l'entreprise reste la connaissance. Véritable capital technique, social et culturel, il convient de la préserver, de l'enrichir et de la transmettre. Le capital mémoire de l'entreprise ouvre la voie au management des savoirs, à la gestion des connaissances et à l'ingénierie de la mémoire organisationnelle qui, chacun dans son domaine, cartographient les compétences et les savoirs que recèle l'entreprise et en définissent les enjeux stratégiques. Loin d'être un tout homogène, la mémoire de l'entreprise emprunte à de multiples sources, individuelles ou collectives, se pourrit de cultures conflictuelles et se fixe sur des supports composites - simples récits d'anecdotes, documents de presse ou institutionnels (affiche, film d'entreprise, banque de données...). Par-delà les clivages culturels, les querelles de territoires, les tactiques du secret, les justifications plus ou moins excusables de l'oubli, cet ouvrage montre en quoi la mémoire constitue, pour l'anticipation stratégique et la construction identitaire des collectifs de travail, un facteur-clef dé la communication d'entreprise. L'exemple des Chantiers de l'Atlantique de Saint-Nazaire illustre toute là complexité et la richesse du capital mémoire d'une grande organisation.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.