Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Platon et l'Europe. Séminaire privé du semestre d'été 1973, Edition revue et augmentée
Patocka Jan ; Abrams Erika
VERDIER
26,00 €
Épuisé
EAN :9782378562298
Dans cette série de conférences clandestines qui prélude directement aux Essais hérétiques sur la philosophie de l'histoire, Jan Patocka nous propose un cheminement, une " tentative d'introduction aux questions générales d'orientation dans la situation présente du monde ". Remontant aux fondements spirituels de l'Europe et aux racines mêmes de la métaphysique chez Platon, il met le thème platonicien du soin de l'âme en parallèle avec la méthode de la phénoménologie de Husserl et le questionnement renouvelé par la pensée de Heidegger. Il s'interroge à la fois sur notre héritage et sur notre avenir. La fin de la philosophie est-elle possible ? La philosophie - non pas celle qui s'est rendue tributaire de la science ou de la praxis révolutionnaire, mais la philosophie des "hommes pris à la gorge par la nécessité vitale de s'expliquer avec la détresse fondamentale de la vie ", cette aspiration vers la "vie bonne" dont l'Europe est issue ?, n'est-elle pas à même de nous fournir, aujourd'hui encore, un appui et une arme contre le déclin ? N'y a-t-il pas un autre "engagement" que celui qui, se cantonnant dans le domaine du quotidien, s'égare fatalement, victime de prophètes antithétiques ? S'interroger sur le sens et les possibilités de la philosophie, c'est s'interroger sur le rôle qui pourra encore revenir à l'Europe dans l'histoire. Le message de Patocka est fait de lucidité et d'espoir.
Conçue et écrite dans le milieu des années soixante, cette Introduction à la phénoménologie de Husserl marque les retrouvailles de Patocka avec la phénoménologie après la césure de la guerre et des années cinquante. Ayant fait l'objet d'un cours à Prague et à Mayence, ce texte ne vaut pas seulement par ses vertus pédagogiques, mais surtout par la remise en perspective globale, historique et critique, qu'il propose de la problématique du fondateur de la phénoménologie. Exposé en forme de bilan, repartant des origines dans la Philosophie de l'arithmétique et les Recherches logiques, et allant jusqu'à la réduction phénoménologique, la conscience intime du temps et la question de l'intersubjectivité, il est remarquable par son sens des nuances et des difficultés, le plus souvent inaperçues dans des présentations plus doctrinales: on y retrouve tout l'"esprit de finesse" si caractéristique de Patocka. Destiné à tous les publics intéressés par la phénoménologie, cet ouvrage, rédigé par un familier de Husserl, de Heidegger et de Fink, vaudra tant par la puissance que par la subtilité de sa remise au point.Le cours est suivi d'un manuscrit de travail, daté de 1976 par les Archives Patocka, et intitulé "la Phénoménologie transcendantale de Husserl après révision". C'est dire que Patocka ne s'est jamais estimé quitte de l'?uvre de Husserl, dans ses efforts pour en prolonger la portée.
Pendant du volume L'Ecrivain, son "objet" , ce recueil présente neuf études écrites pour la plupart en marge de la traduction de l'Esthétique de Hegel publiée par Patocka en 1966. L'art et le temps, c'est aussi l'art et l'histoire. Non seulement un regard historique sur la discipline spéciale du savoir que l'on nomme l' "esthétique" , un tour d'horizon de la réflexion philosophique sur le beau et sur l'art depuis les présocratiques jusqu'à nos jours, à travers Platon et la Renaissance, avec un grand temps d'arrêt auprès de l'idéalisme et du romantisme allemands, une analyse approfondie de la conception hégélienne qui détermine toute la pensée moderne dans ce domaine, mais encore une réflexion qui rapporte tout ce complexe thématique aux questions fondamentales de la philosophie en général, un chemin de pensée dont les grands jalons - le souci et le drame de l'âme, la tragédie de la liberté, la crise du sens, le temps en tant que lieu de la vérité, fondement à la fois de la phénoménalisation du monde et du mouvement de l'existence humaine dans sa transcendance - sont déjà familiers aux lecteurs de Patocka. Esquissant une approche de la vérité de l'art fondée dans le problème du temps en tant que temporalité, ouvrant en avenir la théorie hégélienne de l'art comme "chose du passé" , le philosophe tchèque défend avec conviction le rôle positif qui peut être celui de la création artistique dans le contexte de la crise actuelle de la civilisation rationnelle - non pas comme récepteur passif d'une "faveur de l'être" , mais en tant que l'art, "identité du sens et de sa manifestation" , demeure "intégralement et par définition une preuve de la liberté spirituelle de l'homme" .
Dans ces douze essais, rédigés entre 1942 et 1973, Jan Patocka reprend le thème du langage abordé en 1936, dans Le Monde naturel comme problème philosophique. Le cadre général de sa réflexion est toujours la phénoménologie du monde de la vie, le propos de vivifier et concrétiser la pensée philosophique conformément au mot d'ordre husserlien d'un "retour aux choses-mêmes" , mais l'interrogation porte ici plus ponctuellement sur la littérature, figure particulière du langage qui constitue l' "objet" ou l' "affaire" de l'écrivain, au sens de ce qu'il y a pour lui à faire. Non pas objet théorique donc, mais modalité de la praxis à travers laquelle se réalise l'existence humaine. Au fil de lectures qui vont d'Homère et Sophocle jusqu'à Tchekhov et Thomas Mann en passant par Comenius, Goethe et le poète romantique tchèque K. H. Macha, le philosophe pose les questions du rapport de l'art au temps, à la vérité, au phénomène et à l'examen de l'âme, s'appliquant surtout à mettre en lumière la fonction d'ouverture et d'ébranlement propre à la saisie du monde qu'il opère. En filigrane, un double dialogue avec Hegel et Heidegger. En toile de fond, une attention sans défaillance portée au destin spirituel de l'Europe. Au bout du chemin, une vision "polémique" de l'art comme partie intégrante du combat pour le sens de la vie dans toute l'amplitude de ses dimensions sociale et historique.
Loin du traité systématique sur la phénoménologie après Husserl et Heidegger, encore plus loin du commentaire savant de tel ou tel texte fondateur, le présent recueil est porté par quelques-unes des questions et perplexités fondamentales laissées pendantes par les deux maîtres de Fribourg. Témoins d'une méditation prolongée sur le sens de la phénoménologie comme interrogation ouverte à l'écart de toute réduction scolastique, les études ici rassemblées (écrites entre 1960 et 1976) sont appelées, par leur style et par leur fond, à faire de Patocka un véritable classique de la phénoménologie, à montrer que celle-ci, quoi qu'on en ait dit durant des années heureusement révolues, appartient toujours au mouvement de la pensée. Qu'il s'agisse du problème de l'autre et de la spatialisation originaire, de la réinterprétation du cogito à travers la conception d'une phénoménologie " asubjective " qui ouvre à un nouveau sens du monde et de sa phénoménalité, ou encore, dans le même mouvement, de la distinction rigoureuse qu'il faut désormais opérer entre épochè et réduction phénoménologique, la pensée ici au travail nous propose des réponses inédites à des apories bien connues, et qui sont susceptibles de constituer, à leur tour, autant de nouveaux départs pour la réflexion. Pour la première fois sans doute depuis le tournant du siècle, et avec une subtilité extrêmement stimulante, Patocka, dont on sait que la vie fut brutalement interrompue en 1977, était en train, parallèlement à Merleau-Ponty, de libérer la phénoménologie d'une métaphysique trop exclusive du temps originaire, et par là, de l'ouvrir à un sens plus aigu de la phénoménalité.
Bashõ est l'une des figures majeures de la poésie classique japonaise. Par la force de son oeuvre, il a imposé dans sa forme l'art du haiku, mais il en a surtout défini la manière, l'esprit : légèreté, recherche de la simplicité et du détachement vont de pair avec une extrême attention à la nature. Le haiku naît donc au bord du vide, de cette intuition soudaine, qui illumine le poème, c'est l'instant révélé dans sa pureté.La vie de ce fils de samourai, né près de Kyoto en 1644, fut exclusivement vouée à la poésie. Agé de treize ans, il apprend auprès d'un maître du haikai les premiers rudiments de ce genre. Plus tard, après avoir lui-même fondé une école et connu le succès à Edo (l'actuelle Tokyo), il renonce à la vie mondaine, prend l'habit de moine, et s'installe dans son premier ermitage. Devant sa retraite, il plante un bananier, un bashõ, offert par l'un de ses disciples - ce qui lui vaudra son pseudonyme. Sa vie est dès lors faite de pauvreté, d'amitiés littéraires et de voyages. Osaka sera le dernier. Après avoir dicté un ultime haiku à ses disciples éplorés, il cesse de s'alimenter, brûle de l'encens, dicte son testament, demande à ses élèves d'écrire des vers pour lui et de le laisser seul. Il meurt le 28 novembre 1694. Sur sa tombe, on plante un bashõ.
Dans un pays dont on ignore le nom, où se succèdent des dictateurs qui tentent de le moderniser, une soeur et son frère jumeau vivent à la ferme de leurs parents, au milieu des plaines. Marcio travaille aux champs avec le père, un homme violent, tandis que Léonora s'occupe de la maison avec sa mère. Ils ont douze ans à peine et leur complicité semble totale, leurs jeux interdits irrépressibles. Mais un soir, alors que leurs corps se rapprochent doucement dans le fenil, le père surgit et voit se confirmer ce qu'il a toujours suspecté. Tandis qu'un nouveau coup d'Etat vient de se produire, les parents décident de séparer les jumeaux. Commence alors un combat long et incertain, celui de la réinvention de soi et de la quête obstinée de liberté.
Car un laque décoré à la poudre d'or n'est pas fait pour être embrassé d'un seul coup d'oeil dans un endroit illuminé, mais pour être deviné dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse qui, par instants, en révèle l'un ou l'autre détail, de telle sorte que, la majeure partie de son décor somptueux constamment caché dans l'ombre, il suscite des résonances inexprimables. De plus, la brillance de sa surface étincelante reflète, quand il est placé dans un lieu obscur, l'agitation de la flamme du luminaire, décelant ainsi le moindre courant d'air qui traverse de temps à autre la pièce la plus calme, et discrètement incite l'homme à la rêverie. N'étaient les objets de laque dans l'espace ombreux, ce monde de rêve à l'incertaine clarté que sécrètent chandelles ou lampes à huile, ce battement du pouls de la nuit que sont les clignotements de la flamme, perdraient à coup sûr une bonne part de leur fascination. Ainsi que de minces filets d'eau courant sur les nattes pour se rassembler en nappes stagnantes, les rayons de lumière sont captés, l'un ici, l'autre là, puis se propagent ténus, incertains et scintillants, tissant sur la trame de la nuit comme un damas fait de ces dessins à la poudre d'or." Publié pour la première fois en 1978 dans l'admirable traduction de René Sieffert, ce livre culte est une réflexion sur la conception japonaise du beau.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.