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Agone N° 33, 2005 : Le syndicalisme et ses armes
Patillon Christophe
AGONE
22,40 €
Épuisé
EAN :9782748900323
On peut regretter l'absence de grands dirigeants syndicaux comme Emile Pouget, ce secrétaire national de la CGT d'avant 1914, pour proclamer : " L'action directe, c'est la force ouvrière en travail créateur : c'est la force accouchant du droit nouveau - faisant le droit social. " On entend déjà les sceptiques et les " modernes " : il est impossible de transposer les méthodes d'hier au traitement des questions d'aujourd'hui, de tirer des leçons d'un conflit localisé pour des questions d'importance nationale dans un contexte mondialisé. Il faut savoir s'adapter, renoncer à la grève qui est périmée, et tout miser sur le dialogue social. La classe ouvrière organisée n'existe plus guère, certes, mais les ouvriers et employés subalternes restent légion et largement majoritaires dans nos pays développés. La plus grosse difficulté vient du fait qu'eux-mêmes et la plupart des intellectuels qui s'expriment ne croient plus qu'ils sont potentiellement porteurs d'un avenir meilleur pour l'humanité.
Nerrière Xavier ; Patillon Christophe ; Prampart G
Figure du syndicalisme et du communisme de la Basse-Loire, secrétaire des métaux CGT (1961-1970) et de l'UD CGT (1970-1982), membre du bureau fédéral du PCF (1950-1979), Georges Prampart fut, dès la Libération, au sein des jeunesses communistes et de la CGT, de tous les combats qui ont marqué l'histoire sociale de la Loire-Atlantique. A quatre-vingt ans passés, on peut encore croiser le papou parcourant les manifs au bras de Cécile, sa compagne. " Jojo " communiste sans parti avec, en poche, sa soixante-cinquième carte de la CGT, demeure attaché à un syndicalisme " rassemblé " uni dans l'action, et le combat politique, lui semblent indispensables pour changer de société. Ce livre dévoile une personnalité au caractère bien trempé, un homme combatif mais pas belliqueux, généreux, amoureux de la vie (autant dire de la lutte) et nanti d'une certitude inaltérable : l'émancipation des travailleurs sera l'oeuvre des travailleurs aux-mêmes.
Ce Précis d'analyse littéraire, destiné aux étudiants de premier cycle, propose une méthode pour réunir des observations claires et objectives sur les textes littéraires, conçus comme structures de formes et de significations. On y apprend, à l'aide d'exemples, à reconnaître qui parle, qui voit, quelles sont les principales techniques de la construction, les principaux modes de la fiction. Des modèles de descriptions de textes indiquent comment faire servir ces données à l'analyse littéraire.
Ce recueil rassemble une biographie (1896-1939) qui raconte sa jeunesse passée dans la campagne angevine, un témoignage poignant sur sa vie de soldat pendant la Première Guerre mondiale et l'occupation de l'Allemagne, son implication dans le mouvement syndical de l'entre deux guerres, sa vie de receveur despostes en Indre et Loire à partir des années 1930 ainsi que le récit remarquable de son séjour à Moscou en 1928 comme délégué au congrès de l'Internationale syndicale rouge, au cours duquel il a rencontré clandestinement quelques figures de l'opposition au stalinisme. S'y ajoute un saisissant Journal de guerre (1939-1945), témoignage rare d'un militant de base sur les relations internationales, le régime de Vichy et la vie sous l'Occupation. Biographie de l'auteur Anarchiste, syndicaliste, antimilitariste, pacifiste, internationaliste, anticlérical, hygiéniste, néo malthusien et, par dessus tout, homme libre, François Bonnaud (1896-1981) fut l'une des figures du syndicalisme ouvrier du Maine et Loire.
Thomas Frank écrit régulièrement pour Le Monde diplomatique des articles d'analyse sociale et politique de la situation américaine. Déjà paru en français: Le Marché de droit divin (Agone, 2003).
Fields Barbara J. ; Fields Karen E. ; Crépin Xavie
Les deux brillantes chercheures que sont Barbara et Karen Fields traitent ici de ce qu'elles appellent le «racecraft» et de son importance dans la société états-unienne. Lorsqu'une personne noire est tuée par un policier, les états-uniens s'accordent spontanément pour dire qu'il a été tué «à cause de sa couleur de peau». «Etrange causalité», constantent les deux auteures, qui s’attellent ici à l'âpre tâche de démêler les fils de ce raisonnement confus aux airs d'évidence. Cette causalité illusoire, c'est celle du «racecraft». Ce mot forgé à partir de «race» et de «witchcraft» (sorcellerie) désigne ici la croyance en une forme de performativité de la «race», semblable à la croyance en l'efficacité réelle de la «sorcellerie». Invoquant l’histoire et l’anthropologie, les sœurs Fields analysent avec sérieux l’idée sociale de « race », de sa genèse à sa reproduction, en passant par ses effets. Robin
En 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.