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Qu'est-ce qu'une discipline ?
Passeron Jean-Claude ; Boutier Jean ; Revel Jacque
EHESS
24,00 €
Épuisé
EAN :9782713221033
Quelle est la signification des frontières tracées par l'histoire entre les "disciplines" scientifiques ? Quelle est l'utilité de leur classification au sein d'un système unifié ? Sûrement pas les mêmes selon que l'on veut décrire l'identité sociale, l'identité professionnelle ou l'identité épistémologique des savoirs spécialisés qui sont aujourd'hui enseignés dans les universités ou catalogués dans les institutions de recherche. Le tableau d'un "système" des disciplines, qui composait harmonieusement aux 19e et 20e siècles la diversité des pratiques avec l'unité épistémologique de la rationalité scientifique, a été bouleversé dans toutes ses dimensions par les développements internes de l'histoire des sciences comme par la multiplication de leurs fonctions symboliques et économiques. Le débat politique où s'affrontent aujourd'hui des intérêts disciplinaires divergents gagne à être éclairé par un examen, à la fois épistémologique et sociologique, des liens entre "paradigmes", institutions et innovations scientifiques, méthodes de recherche et structures d'objets. Au sommaire : Au sommaire : J.-L. Fabiani, «À quoi sert la notion de discipline ?» ; A. Abbott, «Le chaos des disciplines» ; G. Lenclud, «L'anthropologie et sa discipline» ; D. R. Kelley, «Le problème du savoir et le concept de discipline» ; C. Blanckaert, «La discipline en perspective. Le système des sciences à l'heure du spécialisme (XIXe-XXe siècles)» ; A. Laks, «L'émergence d'une discipline. Le cas de la philosophie présocratique» ; M. Werner, «Le moment philologique des sciences historiques allemandes» ; F. Locher, «Configurations disciplinaires et sciences de l'Observatoire. Le cas des approches scientifiques de l'atmosphère (XIXe-XXe siècles)» ; A. Boureau, «De l'enquête au soupçon. La fondation de la discipline théologique à l'université de Paris (1200-1350)» ; E. Sibeud, «Ethnographie, ethnologie et africanisme. La "disciplinarisation" de l'ethnologie française dans le premier tiers du XXe siècle».
Il y a 40 ans, Pierre Bourdieu, Luc Holtanski. Robert Castel et Jean-Claude Chamboredon publiaient : Un art moyen. Essai sur les usages sociaux de la photographie (Éditions de Minuit, Paris, 1965), fruit d'une grande enquête sociologique où ils étudiaient les usages sociaux de la photographie. Ils en montraient d'abord le caractère normatif et la prégnance des conformités. Ils montraient aussi combien pesait sur les pratiques le poids des hiérarchies sociales et de leurs représentations. Peut-on aujourd'hui re-convoquer à nouveaux frais la problématique des " arts moyens " L'idée d'une monosémie culturelle battue en brèche par les enquêtes contemporaines, l'hypothèse de la diversité des pratiques et du sens donné aux pratiques peuvent aujourd'hui être réexaminées. N'y a-t-il vraiment qu'un seul "peintre du dimanche", simplement modalisé par les statuts sociaux, un seul vidéaste amateur se conformant aux règles de l'espace social ? À une époque où les frontières entre amateurs et professionnels sont devenues de plus en plus floues dans de nombreuses pratiques artistiques justifiant qu'on s'interroge sur la définition de ce terme, et après 40 ans d'avancées technologiques fulgurantes, cet ouvrage est aussi l'occasion de réexaminer la modernité d'un concept à l'aune des NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) et d'un ensemble d'instruments technologiques qui n'existaient pas à l'époque : Vidéo, téléphones portables, appareils photo et caméras numériques, photo et caméra numériques intégrées dans les téléphones portables, Internet. Web, Net Art. Cyber-pratiques. etc. Les auteurs envisagent la diversité des pratiques des amateurs, au double sens du terme, et la diversité des pesanteurs sociales s'exerçant sur elles. Considérer la multi-détermination des pratiques des arts moyens permet à ce travail collectif d'explorer un espace aux dimensions multiples et croisées, de calculer des degrés d'autonomie, d'entrevoir aussi le fardeau de certaines stéréotypies. Cet ouvrage vise ainsi à esquisser la figure contemporaine des " arts moyens ".
Résumé : Face à la culture populaire, les intellectuels s'exposent à tomber dans deux pièges symétriques. Ceux qui célèbrent l'authenticité des goûts du peuple et la richesse inaperçue de ses pratiques, par opposition aux faux-semblants des pratiques cultivées, oublient que la culture populaire est une culture socialement dominée et, au nom du relativisme, versent dans le populisme. Ceux qui, à l'inverse, n'envisagent la culture des classes populaires qu'en termes de manque peinent à s'extraire de leur propre légitimisme et cèdent au misérabilisme. C'est à éviter ces deux biais, à l'oeuvre en sociologie et en littérature comme en politique, qu'invite cet ouvrage.
L'Autre s'identifie souvent aux mondes lointains et exotiques. Sociologues, Claude Grignon et Jean-Claude Passeron réfléchissent ici au contraire sur l'altérité domestique, celle que nous côtoyons tous les jours, qui nous est familière, presque intime. Comment décrit-on la culture populaire, c'est-à-dire : comment se donne-t-on les moyens de la penser ? Faut-il, pour la comprendre dans sa cohérence, la traiter comme un univers autonome de significations, ainsi que le conseille le relativisme culturel ? Faut-il, au contraire, partir des mécanismes de domination sociale qui la constituent, comme le voudrait une théorie de la légitimité culturelle ? En quoi rend-on, par l'un ou l'autre choix, justice aux traits propres dont elle est porteuse ? Les deux figures opposées du misérabilisme et du populisme sont communes à toute une série d'entreprises, de la littérature à la politique et aux sciences sociales. Elles permettent d'identifier les opérations de la description, depuis la production de l'illusion romanesque jusqu'à l'interprétation sociologique. Leur efficacité obstinée suggère que vouloir penser l'Autre comme radicalement Autre ou comme utopiquement Même, c'est, comme le dit l'expression populaire, "du pareil au même".
Septembre 1993 : Serge Moscovici devient docteur honoris causa de l'université de Séville. Le discours qu'il prononce alors allie bilan critique de la théorie des représentations sociales. retour réflexif sur son propre parcours et nouveaux horizons de recherche. Avec ce texte inédit. Moscovici érige la psychologie sociale, dont il est l'un des fondateurs, en véritable anthropologie du monde contemporain.
Observer, participer, comprendre, décrire sont les étapes clés du travail de l'ethnographe. Elles ont donné lieu à de véritables controverses, d'autant plus intenses que s'est accru l'engagement du chercheur dans la cité. Présentant des textes récents, mais déjà classiques, L'engagement ethnographique se lit comme une anthologie de réflexions sur le travail de terrain. Enquêter, c'est s'engager dans des activités, s'impliquer dans des échanges, collecter des informations et, dans le même mouvement, transformer des savoirs et se transformer soi-même. L'expérience du terrain est ici irremplaçable: elle permet une pensée en prise sur le concret. Et contre tout dogmatisme, elle aide à trouver de nouvelles solutions à des problèmes éthiques et politiques. Du terrain aux comptes rendus de situations sociales, l'ethnographie est, plus qu'une méthode, un art de mener l'enquête. Ses pratiques ont connu de grandes transformations, à l'épreuve de la mondialisation. Elles s'enrichissent des apports de l'histoire et de l'analyse de réseaux. De territoire circonscrit, le terrain devient flux. La tâche de l'ethnographe est désormais de suivre de site en site des personnes, des capitaux, des marchandises, des techniques, des histoires, des conflits... Il se retrouve aux avant-postes de la réflexion sur la globalisation.