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La forme des crises. Logique et épistémologie
Parrochia Daniel
CHAMP VALLON
29,00 €
Épuisé
EAN :9782876734852
Malgré l'accroissement massif de nos connaissances, y compris dans les domaines de la sécurité et de la fiabilité des systèmes, nous continuons de vivre aujourd'hui dans un monde changeant, qui tonnait le risque, la menace et l'aléa - l'intensification des communications, mais aussi celle du "bruit". Au surplus, la complexité des sociétés technologiques avancées, le phénomène économique de la dernière "mondialisation", la situation internationale issue de la fin de la guerre froide et ses nombreux effets "pervers" (décomposition des blocs, multiplication des États, guerres périphériques...) nous amènent à devoir affronter désormais de façon assez régulière le surgissement de l'irrégulier, autrement dit, le phénomène des crises. Cet ouvrage, qui en analyse différentes formes (mutations métaphysiques, crises psychologiques, sociales, économiques, stratégiques, défaillances technologiques ou ruptures scientifiques), essaie aussi d'en construire des modèles, à la fois qualitatifs et quantitatifs. Il tente de relever ce nouveau défi pose à la rationalité, et qui la pousse à ses limites, sinon au paradoxe: repérer des "signaux faibles", prévoir l'imprévisible, gérer l'ingérable, maîtriser le chaos: en bref construire - si c'est possible - une véritable "logique des crises". Biographie: Daniel Parrochia est professeur de logique et de philosophie des sciences à l'Université Jean-Moulin-Lyon-III. Il a publié, entre autres, Mathematiques et existence (1991) et Meteores, essai sur le ciel et la cite (1997).
Autrefois, les nuages craquaient comme des sacs (Anaximandre). On poétisait sur le soleil (Héraclite), on moralisait les vents et les courants (Epicure, Sénèque). On confondait tout : comètes, étoiles filantes, tremblements de terre ... Et les météores étaient en nous, autant qu'hors de nous. Mais - triomphe du mécanisme - on découvrit bientôt la fabrique de l'arc-en-ciel (Descartes), l'équilibre des pressions (Torricelli, Pascal), la pompe à vide, et avec eux les instruments classiques (baromètre, thermomètre, hygromètre, anémomètre ...). Alors on classe, on tabule, on multiplie les relevés (Borda, Lavoisier). Encore un peu et l'on préviendra les tempêtes (Le Verrier), on pourra choisir les traversées (Maury). Et voici les premières théories de la circulation de l'atmosphère, l'explication des cyclones et des anticyclones. La Terre, de l'équateur aux pôles : immense machine thermodynamique. Enfin viendra l'informatique et ses programmes. La prévision, mais aussi ses limites, " l'effet papillon " (Lorenz). Eternuez, dix mille morts. Vous êtes pris d'un léger doute ? D'un vertige ? Ce livre, qui retrace une histoire millénaire et riche en images ( de l'âme du monde à l'hypothèse Gaïa), montre que la météorologie, merveilleuse interdiscipline, devrait concerner tout le monde : le spécialiste des sciences humaines comme l'homme politique ... Le familier du ciel comme l'ami de la cité. Il rappelle également que c'est un grand thème que l'idée d'une science du changement, sur lequel les savants ont beaucoup écrit, les poètes beaucoup rêvé ... Enfin, il invite le philosophe à s'aérer. Ne serai-ce que pour mieux comprendre notre actuelle atmosphère informationnelle.
Contrairement à la peinture ou à la sculpture modernes, qui ont fini par être acceptées et par entrer dans les musées de la République, la musique contemporaine continue de susciter les débats les plus vifs. Musique réputée inaudible, sans public, et sous subvention permanente, elle est régulièrement vouée à une mort certaine, de la part de pamphlétaires de tout bord. Le présent ouvrage, par le biais d'une rapide mise en perspective historique, montre au contraire la nécessité du nouvel espace sonore qui s'est constitué au début du XXème siècle (Schönberg) sur les décombres de l'ancien (le système tonal). Dès la fin du XIXème siècle déjà, avec l'élargissement de ce système (Beethoven, Wagner) puis à travers certaines modifications du langage musical (Stravinsky, Debussy, Ravel), se dessinait de nouvelles perspectives. Il montre alors comment la théorie musicale, comme les techniques de composition, en ont été changées (intégration des micro-intervalles (Partch), large recours au hasard (Cage, Stockhausen) ou à un aléatoire mathématisé (Xénakis), la théorie musicale passant rapidement d'un sérialisme strict trop étriqué au sérialisme généralisé, puis, de là, à une véritable axiomatique des espaces sonores (Boulez). L'originalité du livre est alors de confronter cette nouvelle manière de concevoir la musique avec ce que les philosophes, classiques et modernes, en ont dit. On montre ainsi que la philosophie, au moins de Platon à Schopenhauer, ne peut guère concevoir les harmonies de la nouvelle musique ni admettre ses intentions directrices et les principes de son esthétique. Il arrive encore que des penseurs plus récents (Adorno, Lévi-Strauss) restent trop proches de leurs préjugés (politiques ou esthétiques) pour ne pas s'avérer décevants sur la question. Le dernier chapitre opère donc un retournement : désormais, ce sont les philosophes qui ont à apprendre des musiciens. Ceux-ci, avant tout le monde, ont fabriqué des oeuvres ouvertes, dont la cohérence n'est plus fonction d'un accord fondamental autour duquel tout gravite (Gueroult). Il y a là une belle leçon à tirer pour la construction de nouvelles formes philosophiques. La musique contemporaine peut ainsi désormais inspirer l'architectonique d'une philosophie future.
Biographie de l'auteur Daniel Parrochia est professeur de logique et de philosophie des sciences à l'Université Jean-Moulin-Lyon III. Il a publié, entre autres. Mathématiques et existence (1991) et Philosophie et musique contemporaine ou le nouvel esprit musical (2006).
Résumé : Des silhouettes, des êtres éthérés, furtifs. Des fugitifs. Et qui laisseront peu de traces dans les mémoires. Evoluant au voisinage de périodes troubles : Occupation, années soixante, " swinging London "... Le temps d'un livre, le narrateur (une caméra) les suit. Pour témoigner, peut-être. Comme une veilleuse. Pour rien. Comme on inscrit les créations et annihilations de particules élémentaires. Leurs collisions, leurs impacts. Leurs trajectoires spirales ou linéaires sur l'espace-temps. Paradoxe d'une ?uvre qui suggère que seuls les fantômes durent et qu'une bonne manière d'être est sûrement de n'être rien. Pour échapper au temps, à la police - à la critique, qui sait. A toutes les Gestapos. Et trouver de nouvelle possibilités de vie. Magie de Patrick Modiano.
En janvier 1589, alors que la France subit sa huitième guerre de Religion entre catholiques et protestants, Jacques de La Guesle, procureur général au parlement de Paris, dénonce les effets désastreux de la division religieuse aux représentants des trois états réunis au château de Blois. Elle n'a apporté que désordres, confusions, démolitions d'églises. Pour le haut magistrat, la dissension religieuse est un glaive à deux tranchants qui pénètre jusque dans la moelle des os. Les années de la fin du règne de Henri II voient s'accélérer la rupture reli- gieuse entre catholiques et protestants. En témoignent les arrêts criminels rendus par le parlement de Paris, cour souveraine qui rend la justice au nom du roi. Ils sont un observatoire privilégié, sorte de caisse de résonance de leur époque. Ils offrent la possibilité de suivre presque au jour le jour les violences et les affrontements toujours plus intenses entre catholiques et réformés. L'enquête débute en 1555, pour s'achever sur la paix d'Amboise en mars 1563, soit les huit années qui précèdent la première guerre de Religion et qui l'englobent aussi. Se distinguent trois phases différentes : une politique de répression menée par Henri II jusqu'à sa mort accidentelle en 1559, la recherche de conciliation menée en 1560 et 1561, puis l'éclatement de la guerre en mars 1562 et ses effets. L'activité criminelle de la plus haute cour de justice du royaume montre qu'en matière de religion la politique royale est souvent hésitante, parfois volontariste, et qu'elle finit par se heurter à l'opposition des sujets, laquelle entraîne l'inapplication des lois et le développement de la violence. Quant à la justice du roi, son légalisme pétri de modération tente de conjurer une réalité qui ne veut pas s'encombrer de scrupules juridiques. Cette étude révèle à quel point la Réforme protestante a ébranlé la France ainsi que la monarchie. Elle aide à nous convaincre de l'importance du danger que constitue la résurgence de la violence au nom de la religion.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Comment conquérir puis gouverner une dizaine de cités, des nobles par milliers et près d'un million de sujets ? En Lombardie, entre 1515 et 1530, François Ier, Francesco II Sforza et Charles Quint ont buté sur la même question. La réponse offrait un prix de taille : une terre riche et peuplée, à la croisée des chemins de la Méditerranée, des Alpes et des plaines du Nord. Si la guerre fut destructrice et indécise, c'est que les autochtones opposèrent aux conquérants des défis à la hauteur d'une culture politique millénaire. Plus le temps passe, plus la Lombardie apparaît comme une des pièces incontournables de la formation de l'Europe moderne, entre exercice de la souveraineté, de la fidélité et de la médiation mais aussi expérience de la violence, de la servitude et de la résistance.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.