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Long séjour
Pancrazi Jean-Noël
GALLIMARD
12,00 €
Épuisé
EAN :9782070748532
Il ne me reconnaissait pas quand j'entrais dans la chambre de la Maison Eugénie. Il était étendu sur le lit, dans la veste de son vieux costume gris, aux fines rayures blanches, qu'il gardait en permanence sur son pyjama. De la poche gauche dépassait une bourse pleine de rasoirs Bic jetables; la manche droite était ceinturée par un brassard où on avait cousu, en grandes lettres bleues, le nom de la clinique, pour qu'on l'y ramenât si jamais il réussissait à s'enfuir: on l'avait plusieurs fois surpris rôdant, à minuit, dans le couloir du long séjour, avec sa valise de cuir brun, aux angles ferrés - celle de tous les déménagements, de tous les adieux; il butait dans l'obscurité contre les murs, à la recherche de l'escalier principal, tendu, exalté et anxieux comme si on venait de le convoquer, en pleine nuit, sans lui en indiquer le motif, dans un commissariat, à l'autre bout d'Ajaccio.
Résumé : Depuis des années, Hélène vient, chaque soir, au Cancan, le cabaret de la rue Caumartin, que son père lui a légué. Mais, cet été-là, elle n'y passe plus qu'en coup de vent, tant elle est hantée par l'amour qu'elle porte à François, un homme marié qu'elle rejoindra peut-être pour quelques heures d'étreintes clandestines à l'hôtel des Roches Rouges. Son ami, le narrateur, vit une passion parallèle avec William, un jeune comédien qu'il a laissé s'en aller vers l'île de Carloforte avec des camarades de son âge. Quant à Auguste, son vieux compagnon de la nuit, il ne franchit les limites de son quartier et ne domine sa peur du soleil que pour se poster devant l'immeuble de la rue Saint-Maur où Serge lui a permis de monter, une fois, en juin. Le roman est l'histoire de ces passions. Prix Valery-Larbaud 1994.
Montecristi est le récit d'une saison en enfer. Tout commence la nuit de Noël, en Républiquedominicaine. Le narrateur est seul à la terrasse d'un hôtel de la petite ville de Montecristi, toutprès de la frontière haïtienne, où il s'est installé, un an auparavant, après avoir quitté Paris et sesamis. Montecristi aurait pu être pour lui un lieu idéal d'exil, il en découvre l'envers: bagarres,assassinats, passeurs sans scrupules exploitant la misère des émigrés clandestins. Mais surtout,il comprend que l'eau de la mer, dans un rayon de plusieurs kilomètres autour de la ville, estempoisonnée par des fûts toxiques déposés là, une nuit, en secret, par des cargos américains.Ces déchets irradient la population, déciment les pêcheurs et tuent Chiquito, le petit cireurde chaussures auquel il s'était attaché. L'auteur s'était promis de révéler ce scandale, il le faitaujourd'hui avec ce roman.
« Elle dénouait son foulard, caressait les papillons chiffonnés qui semblaient peu à peu revivre, retrouver leurs couleurs, leurs antennes, leur direction dans le ciel de soie blanche, déboutonnait son manteau, le laissait entrouvert face à l'avion-toboggan dont les ailes jaunes étincelaient dans la nuit, telle une passagère qui se mettrait à l'aise avant d'embarquer, prête à n'importe quel départ devant la première passerelle, me demandait, incapable de se baisser, de défaire les boucles de ses escarpins, de les retirer tout doucement de ses pieds qui n'avaient plus de forme, qui étaient devenus ceux, durcis, figés, emmitouflés, déjà, dans leurs bandeaux de chair bleutée, d'un fantassin centenaire et glacé, qui, loin de tout, n'attendait plus d'ordres que de lui-même et ne tenait debout que par le souvenir de l'honneur inculqué. »
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.