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Long séjour
Pancrazi Jean-Noël
FOLIO
5,90 €
Épuisé
EAN :9782070411795
Il ne me reconnaissait pas quand j'entrais dans la chambre de la Maison Eugénie. Il était étendu sur le lit, dans la veste de son vieux costume gris, aux fines rayures blanches, qu'il gardait en permanence sur son pyjama. De la poche gauche dépassait une bourse pleine de rasoirs Bic jetables ; la manche droite était ceinturée par un brassard où on avait cousu, en grandes lettres bleues, le nom de la clinique, pour qu'on l'y ramenât si jamais il réussissait à s'enfuir : on l'avait plusieurs fois surpris rôdant, à minuit, dans le couloir du long séjour, avec sa valise de cuir brun, aux angles ferrés - celle de tous les déménagements, de tous les adieux ; il butait dans l'obscurité contre les murs, à la recherche de l'escalier principal, tendu, exalté et anxieux comme si on venait de le convoquer, en pleine nuit, sans lui en indiquer le motif, dans un commissariat, à l'autre bout d'Ajaccio. "
Montecristi est le récit d'une saison en enfer. Tout commence la nuit de Noël, en République dominicaine. Le narrateur est seul à la terrasse d'un hôtel de la petite ville de Montecristi, tout près de la frontière haïtienne, où il s'est installé, un an auparavant, après avoir quitté Paris et ses amis. Montecristi aurait pu être pour lui un lieu idéal d'exil, il en découvre l'envers: bagarres, assassinats, passeurs sans scrupule exploitant la misère des émigrés clandestins. Mais surtout, il comprend que l'eau de la mer, dans un rayon de plusieurs kilomètres autour de la ville, est empoisonnée par des fûts toxiques déposés là, une nuit, en secret, par des cargos américains. Ces déchets irradient la population, déciment les pêcheurs et tuent Chiquito, le petit cireur de chaussures auquel il s'était attaché. L'auteur s'était promis de révéler ce scandale, il le fait aujourd'hui avec ce roman.
Une petite ville d'Algérie, pendant la guerre. Le narrateur a huit ans. Il joue, une après-midi de juin, avec ses camarades dans la cour de la minoterie où son père travaille. Le chauffeur de l'usine leur propose de les emmener avec lui pour faire un tour dans la montagne où il leur est pourtant interdit d'aller à cause des événements. Inquiet, le jeune narrateur refuse et les laisse partir. Le soir arrive, ils tardent à revenir. Une patrouille militaire part à leur recherche. C'est le début d'un drame qui bouleversera l'auteur pour la vie.
Résumé : Depuis des années, Hélène vient, chaque soir, au Cancan, le cabaret de la rue Caumartin, que son père lui a légué. Mais, cet été-là, elle n'y passe plus qu'en coup de vent, tant elle est hantée par l'amour qu'elle porte à François, un homme marié qu'elle rejoindra peut-être pour quelques heures d'étreintes clandestines à l'hôtel des Roches Rouges. Son ami, le narrateur, vit une passion parallèle avec William, un jeune comédien qu'il a laissé s'en aller vers l'île de Carloforte avec des camarades de son âge. Quant à Auguste, son vieux compagnon de la nuit, il ne franchit les limites de son quartier et ne domine sa peur du soleil que pour se poster devant l'immeuble de la rue Saint-Maur où Serge lui a permis de monter, une fois, en juin. Le roman est l'histoire de ces passions. Prix Valery-Larbaud 1994.
Élisabeth, romancière et éditrice, est atteinte d'un cancer. Elle rassemble ses forces, un soir de septembre, en compagnie de son meilleur ami, le narrateur, pour retrouver les milieux qu'elle a le mieux connus : la maison d'édition où elle a longtemps travaillé et où elle assiste à un cocktail de la rentrée d'automne, le monde des cabarets où elle venait ressourcer son envie d'écrire et d'aimer. Elle parcourt Paris en taxi jusqu'à son domicile où, avant l'aube, s'achèvera leur histoire...
Le XXe siècle a vu naître les deux plus belles théories physiques jamais inventées. La première, la relativité générale, est l'oeuvre du seul Albert Einstein. Son domaine d'application est l'infiniment grand. La seconde, la mécanique quantique, est l'oeuvre collective de certains des plus grands esprits du XXe siècle. Son domaine d'application est l'infiniment petit. Mais ces deux théories sont incompatibles entre elles. Cherche-t-on à les réunir dans ce qu'on appelle la "théorie du tout", on se heurte alors à d'insurmontables difficultés. Aujourd'hui, la "théorie des cordes" semble en passe de réussir là où toutes les précédentes théories ont échoué: ce faisant, elle bouleverse notre conception de la matière, de l'espace et du temps. C'est l'histoire pleine de rebondissements de cette révolution en marche - où les particules élémentaires s'avèrent semblables à d'infinis bouts de ficelle, où l'espace-temps se déchire, se répare, se replie en dix dimensions invisibles, où le Big-Bang et les trous noirs prennent des formes inattendues - que nous raconte ici l'un de ses éminents acteurs. Après la relativité générale et la mécanique quantique, l'avenir appartient-il à la "théorie des cordes"?
«Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied: "Tu ne peux pas t'en aller à Jérusalem", lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. "Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes. Moi je vais à pied même si je suis un ange et toi tu iras jusqu'au mur occidental de la ville sainte avec une paire d'ailes fortes, comme celles du vautour." Et qui me les donnera, insiste Rafaniello. "Tu les as déjà, lui dit celui-ci, elles sont dans l'étui de ta bosse." Rafaniello est triste de ne pas partir, heureux de sa bosse jusqu'ici un sac d'os et de pommes de terre sur le dos, impossible à décharger : ce sont des ailes, ce sont des ailes, me raconte-t-il en baissant de plus en plus la voix et les taches de rousseur remuent autour de ses yeux verts fixés en haut sur la grande fenêtre.»
Nouvelle édition en 20034e de couverture : "Quant aux femmes de ces histoires, pourquoi ne seraient-elles pas les Diaboliques ? N'ont-elles pas assez de diabolisme en leur personne pour mériter ce doux nom ? Diaboliques ! il n'y en a pas une seule ici qui ne le soit à quelque degré. Il n'y en a pas une seule à qui on puisse dire le mot de "Mon ange" sans exagérer. Comme le Diable, qui était un ange aussi, mais qui a culbuté, - si elles sont des anges, c'est comme lui, - la tête en bas, le... reste en haut !"
Le Baiser de l'Hôtel de Ville. Je n'aimais pas cette photo. Tout ce noir et blanc, ce gris flou, c'était juste les couleurs que je ne voulais pas pour la mémoire. " La librairie où François travaille ferme ses portes; à l'approche de la quarantaine, il se retrouve face à lui-même. Les souvenirs se bousculent, amplifiés par la vogue des années cinquante. Il éprouve alors le sentiment d'être dépossédé de son enfance. Pourquoi ses parents ont-ils toujours prétendu être les amoureux que l'on voit sur cette photo de Doisneau