Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
LE THEORISTE
PAGES YVES
GALLIMARD
15,20 €
Épuisé
EAN :9782843351013
Avec Le Théoriste, l'auteur remonte - à la première personne - le cours d'une enfance labyrinthique. Un labyrinthe très spécial, conçu à l'image du dispositif d'expérimentation animale au sein duquel le père du narrateur, directeur d'un Institut d'éthologie comparée, aurait placé son propre fils. "Aurait", puisque ce dernier, souffrant d'une amnésie partielle, s'obstine à voir dans la moindre coïncidence l'hypothétique preuve d'une manipulation précoce. La certitude d'avoir été un cobaye demeure, tout au long du livre, son idée fixe. Elle le voue à une réécriture paranoïaque de ses origines, comme si un tel miroir déformant lui permettait de s'inventer une vérité plus vraie que nature. Ce roman des sciences (trop) humaines accouchera bel et bien d'une souris de laboratoire, morte d'avoir saccagé l'enceinte où se déroulait l'expérience. A moins que cette souris n°98 ne soit une fausse piste supplémentaire... Puzzle intimiste, damier fantasmatique, échiquier politique, carte aux trésors seventies, jeu de dupe ou de patience ? Le lecteur finira par trouver l'issue in extremis, non sans devoir reparcourir à l'envers tout le dédale déjà lu.
Résumé : L'ouvrage d'Yves Pagès marque une date pour les études céliniennes. Publié en 1994, il traite, sous un angle nouveau, une épineuse question rarement abordée par l'ensemble des études ou travaux parus depuis : quels sont la nature et le rôle des matériaux idéologiques, explicites ou implicites, à l'oeuvre dans l'ensemble des écrits céliniens ? Par-delà l'épisode traumatique de la Première Guerre mondiale, Céline conserve une grille d'interprétation du monde tamisée par le filtre déformant des clichés de la Belle Epoque. Tour à tour, et parfois simultanément, il endosse un argumentaire conservateur et un discours libertaire. Ces chimères ambivalentes sont bouleversées dès lors que le catastrophisme droitier tarit l'imaginaire fictionnel pour privilégier une écriture ostentatoirement politique. Quant à la sensibilité réfractaire et subversive de Céline, devenue presque clandestine, elle ne se lit plus que dans l'écart existentiel incarné par tel personnage ou dans la morale insoumise de tel épisode romanesque.
Des années durant, l'écrivain Yves Pagès a glané toutes sortes de statistiques, notant dans un carnet des centaines de pourcentages. De ce vertigineux inventaire, il a fait un livre étrange qui, entre jeu littéraire à la Raymond Queneau et réflexions philosophiques à la Theodor Adorno, reconstitue par fragments le tableau d'une société infestée par une vision comptable du monde. Difficile de rompre la glace du monstre statistique, d'échapper à ses ordres de grandeur qui prétendent tout recenser de nos faits et gestes, quantifier nos opinions, mettre en coupe réglée nos vies matérielles. Sous emprise comptable, chacun se sent casé d'office, sondé de bas en haut, pris au piège. Mais alors, comment nous soustraire au grand dénombrement ? Sans prétention d'exhaustivité, l'auteur se propose de passer ces données brutes au tamis de rêveries interprétatives, pour traquer leurs failles implicites ou les confronter à d'autres cas de figure. A la logique de la quantification de toutes choses, il oppose, par collage, accumulation et divagation, une poétique de l'absurde. Par-delà cet art du détournement stylistique, il nous livre en pointillé une analyse caustique de la condition des vivants à l'ère de la gouvernance par les nombres, agrémentée de quelques suggestions paradoxales pour passer entre les mailles du filet statistique.
Résumé : Dans le sillage des Petites natures mortes au travail, Yves Pagès a esquissé des morceaux d'histoires, de personnages et des bribes de fictions laissés en suspens. À partir de ces éclats d'écrits, il a donné naissance à des héros du rien ou presque, façonné des "portraits crachés" qui, comme il le constate en début de recueil, "devaient un jour [lui] retomber dessus". Voici une soixantaine de spécimens humains (à l'exception d'un bovidé), observés, imaginés et refondus scrupuleusement en de petites figures de mots. Chaque portrait est vu sous l'angle qui sied à sa condition d'anonyme, mais chaque individu a un prénom : Charlotte, la cascadeuse de cinéma, "suicidaire intermittente" croise Anne, monteuse de films porno, la belle endormie du taxi ; Sylvain, vainqueur des Olympiades Handisport par tricherie, réalise ses exploits alors que Phil, ex-brancardier et malade chronique de l'embauche, est un handicapé du travail...
Ce volume contient les oeuvres suivantes: Les Souffrances du jeune Werther - Les Affinités électives - Wilhelm Meister: 1° Les années d'apprentissage - 2° Les années de voyage ou les renonçants. Traduit de l'allemand par Bernard Groethuysen, Pierre du Colombier et Blaise Briod, introduction de Bernard Groethuysen. Notes des traducteurs.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.