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Le zoo des légumes
Page Martin ; Bonini Sandrine
EDL
8,50 €
Épuisé
EAN :9782211213219
La maison des parents de Sara se dressait dans un quartier qui avait petit à petit perdu ses habitants en raison de la crise. Il y avait peu de voisins, et ceux qui restaient étaient très vieux. La plupart des maisons étaient abandonnées. La chambre de Sara se trouvait au deuxième étage, ce qui lui permettait d'avoir une belle vue sur la décharge publique.Un dimanche, après le déjeuner, après s'être brossé les dents et avoir attaché ses cheveux en une coiffure sophistiquée, comme Sara ne savait pas quoi faire, elle décida de ranger sa chambre: cela faisait un certain temps que ses parents lui demandaient d'y mettre un peu d'ordre, ils seraient sans doute contents de voir qu'elle les écoutait parfois.Elle mit ses jouets dans le coffre, rangea les livres sur les étagères et les vêtements dans l'armoire. Elle pourchassa même la poussière et les vieux trognons de pomme qui traînaient. Admirant sa chambre si propre, si nette, Sara pensa qu'elle méritait une récompense. Elle descendit donc dans la cuisine. Ses parents écoutaient un concert de cornemuses diffusé à la radio.Sara éteignit le poste pour bénéficier de l'attention nécessaire, et elle énuméra tout ce qu'elle avait accompli. Ses parents la félicitèrent sans beaucoup d'enthousiasme puis ils se replongèrent dans leurs activités: son père commença à faire la vaisselle, sa mère ralluma la radio.Sara avait fait des choses qu'ils lui demandaient depuis des jours, et ils réagissaient à peine. Ils exagéraient.- Vous n'oubliez rien?Ses parents relevèrent la tête et la regardèrent bizarrement.- J'ai droit à une récompense, dit-elle. Des compliments. Des applaudissements.Ses parents éclatèrent de rire. Ils rirent longtemps, et à chaque fois que leur rire semblait s'éteindre, il repartait de plus belle. (...)
Résumé : Martin, le narrateur, vient d'avoir quarante ans. Il se rend à Paris pour rencontrer une productrice qui souhaite adapter un de ses romans au cinéma. Il loge chez un ami artiste qui lui prête son appartement. Il y découvre la dernière oeuvre de celui-ci : un sarcophage de métal curieusement titré : " Machine à remonter le temps ". Il s'y glisse et s'y endort. Le voilà revenu, 29 ans plus tôt, dans la ville de sa jeunesse, face à un double de lui-même alors âgé de 12 ans. Le lendemain, il retrouve la productrice pour discuter de l'adaptation de son roman. Mais très vite, tout déraille. Le projet de film est annulé et les exigences de la cinéaste deviennent pour le moins surprenantes. Chaque nuit que compte ce séjour parisien où rien ne se passe comme prévu, Martin et son jeune moi poursuivent l'échange. Le quadragénaire cherche à donner des conseils au jeune ado, en échange de nouvelles sur son propre avenir. Mais la relation se complique : décidément, ce double-là a l'esprit de contradiction, au point de mettre Martin, qui ne désire que l'aider, en difficulté, dans sa vie réelle comme dans l'autre, la vie rêvée. Que faire du passé ? Comment être fidèle à l'enfant que l'on a été ? Sous des dehors volontiers humoristiques et fantasques, L'art de revenir à la vie met en scène les concessions, les négociations et le bricolage qui président à notre existence.
Séléna changeait de coupe de cheveux chaque semaine. Elle cherchait celle qui lui irait, qui la caractériserait, qui dirait quelque chose de sa personnalité. Autour d'elle, la plupart des gens n'avaient pas encore trouvé. Ils tâtonnaient un temps et, en général, ils finissaient par abandonner: ils gardaient leur coiffure banale, la même que tout le monde. Néanmoins certains trouvaient le style qui leur correspondait, mais, et c'était le drame de l'existence humaine, leur visage et leur corpulence évoluaient, et cette coupe qui leur allait à merveille quand ils avaient vingt ans devenait grotesque à cinquante.Ce jeudi matin, ses parents partis travailler, Séléna pouvait poursuivre ses recherches capillaires en toute tranquillité. Elle tenta un chignon, des tresses, elle utilisa quantité de barrettes et d'élastiques. Pour rien au monde elle n'aurait avoué le temps qu'elle passait à s'occuper de son apparence, elle n'avait rien d'une fille futile. Elle ne voulait pas se faire remarquer, ni être la plus belle, mais exprimer ce qu'elle était intérieurement.Séléna avait l'impression d'être un jardin qu'il fallait cultiver chaque jour: non seulement elle devait se brosser les dents, se laver, s'habiller, mais tout en elle était à construire. Elle ne voulait oublier aucun détail (chaussures, collants, robe, jupe, pantalon, veste, manteau). Après tout, elle n'avait pas choisi la couleur de ses yeux ni celle de ses cheveux, ni sa taille (un peu trop grande) et son front bombé. Le reste dépendait d'elle et il ne fallait pas tout rater.Parfois, elle cédait à la tentation de s'habiller comme les autres. C'était un grand confort, car ainsi elle ne se faisait pas remarquer. D'autres fois, au contraire, elle imitait ceux qui méprisaient la mode. Mais la question demeurait: qui était-elle? Quel style disait quelque chose de sa nature profonde d'adolescente de ce début du XXIe siècle?Fatiguée par les acrobaties capillaires, elle opta pour deux barrettes en imitation écaille de tortue. C'était simple et élégant. Elle se mit en route pour le collège.
Des portraits de lui sont affichés un peu partout dans la ville. Une photo de classe, avec ces phrases: "Avis à la population. Vous êtes priés de prendre garde à cet individu qui peut représenter un danger pour la sécurité de tous. Ce garçon est un tremblement de terre." C'est vrai que de temps en temps, là où il passait, il y avait une vibration, une secousse, une fissure. Et puis les choses se sont accentuées. Aggravées. A présent, les objets qu'il côtoie se craquellent. Les bâtiments dans lesquels il se trouve tremblent sans raison apparente. Il met tout le monde en danger. Il faut agir. Voir des spécialistes. Prendre des mesures. Des mesures graves, des mesures d'urgence.
Et si l'ONU établissait un moratoire sur la pénétration ?Un manifeste bref et percutant sur les rapports entre les genres.Martin Page, né en 1975, est connu comme auteur de romans (Comment je suis devenu stupide, La mauvaise habitude d?être soi, La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique) et d'essais (sur la pluie,la cause animale et l'écriture) et de livres jeunesse. Avec sa compagne Coline Pierré, il a fondé une micro maison d'édition / laboratoire pour les textes atypiques : Monstrograph.