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Les Mains gamines
Pagano Emmanuelle
POL
15,20 €
Épuisé
EAN :9782846822732
«Les mains gamines étaient très jeunes et malhabiles, inexpérimentées, presque analphabètes, d'autant plus brutales. Crier ne servait à rien. Pour supporter, je me disais crier ne sert à rien. Je tenais en me disant plus tard, j'écrirai, et ce sera plus violent encore, plus adroit. Je rentrais en classe, et j'essayais d'apprendre très vite, de tout comprendre, pour aller plus loin, bien plus loin que leurs gestes limités de petits garçons. J'ai des mains de petite fille, gants taille 5-6, 12 ans. N'empêche, je sais écrire. J'ai des mains qui ont l'air d'être des mains de petite fille, mais ne vous y trompez pas, ce sont des mains d'adulte. Avec elles, j'écris. Je suis allée beaucoup plus loin en moi que cet endroit dont leurs doigts n'ont aucun souvenir.»
Résumé : Je m'appelle Emmanuelle Salasc. Je suis née à Rodez, Aveyron, le 15 septembre 1969, quelques minutes avant ma soeur, de Norbert Salasc, originaire d'Octon, tout près de la rivière Salagou, département de l'Hérault, et de Monique Virenque, originaire de Boussinesq, commune d'Alrance, tout près de la rivière Alrance, sur le Lévézou, département de l'Aveyron. Entre ces deux territoires familiaux, il y a le pas de l'Escalette et le plateau du Larzac. Depuis le mois de mars, dans la vallée, les vannes du barrage sur le Salagou étaient fermées. En septembre, le patient travail de la montée des eaux abordait les deux petites vignes de mon grand-père paternel, pendant que ma mère perdait les eaux, dans la ville d'en haut. Sur ces hauteurs maternelles, un autre lac artificiel, barrant déjà l'Alrance depuis plus de quinze ans, gardait contre sa rive le secret d'un autre lieu familial disparu.
« Parfois je me demande comment arriver à maintenir cet espace, ce jeu, entre ces lettres et nous. Il y a du jeu, cela ne s?ajuste pas parfaitement. Je ne sais pas comment relier ces lettres à nos personnes. Comment nos personnes peuvent s?entendre avec nos personnages? Quand on se verra, bientôt, s?il se passe quelque chose entre nous, et que cela se passe mal, je me dis ce ne sera pas grave, parce que nos lettres, nos lettres d?après pourront toujours arranger nos gestes. Mais l?inverse? Si jamais cela se passe bien, trop bien, nos personnes et nos corps pourraient mettre en péril cet échange de lettres. Et nous n?aurons plus que des banalités à nous écrire. Je ne veux pas écrire avec une fleur dans les cheveux, je voudrais écrire comme on mord dans la viande, avec des dents et de la faim, avec du sang et du désir ».
«L?amour plus des copeaux de bois, du produit pour les vitres, une clochette, du shampoing, des oiseaux, des écharpes, des appareils photos, des ponts, des cordes, un vélo, des instruments de musique, une canne à pêche, des brosses à cheveux, des fusils de chasse, des livres...»
Le vingt-huit octobre, au bord de la Caspienne, une journée de pêche se prépare. Tout le monde est réuni autour de Jonathan Bonnefonds, tous sauf un, l'ami d'enfance. Ces dernières semaines, le niveau de l'eau a baissé progressivement. Les poissons suffoquent, les cormorans hantent le ciel, la lumière vient rappeler sa beauté au pays des mille eaux. Depuis les profondeurs aveugles de l'océan Atlantique, David Gareau, lui, écoute les sons de la mer et s'apprête à remonter pour la dernière fois. Il manque à l'appel de l'étang.
Résumé : Augustin aime la propreté car il se rêve ordinaire et sain. Il collectionne les slips car il rêve de caresses. Mais ses élans d'affection sont généralement mal perçus et les femmes qu'il convoite peinent à consentir. Il lui faut donc forcer un peu le destin. La morale commune lui échappe et sa vie repose sur un malentendu : il ne veut pas faire de mal, juste se faire du bien.
Résumé : "Quand je quitte la route principale, Hélène se relève et vient poser sa tête sur mon épaule, nos regards se trouvent dans le rétroviseur central, elle murmure : "Ici finit la civilisation ! " C'est elle qui le dit".
Résumé : Bertrand Schefer, qui est aussi cinéaste, a longtemps travaillé sur le scénario d'un film dans lequel il voulait raconter l'histoire d'un cher ami d'enfance qui s'était peu à peu coupé du monde et vivait en marge de la société, errant sans domicile fixe et sans travail. Son destin hantait Bertrand Schefer et sa figure grandissait en lui avec les années, absorbant ses forces. Il vivait avec ce qui était devenu comme un double obscur, une part d'ombre qui le dévorait de remord et de culpabilité. Grâce au cinéma il espérait en finir avec ce fantôme et se libérer du passé. Le film n'a pas pu se faire, mais de cet échec est sorti un texte, ce récit d'un homme hanté par un double dont la figure et les choix de vie radicaux ont fixé à jamais l'époque de la jeunesse. Entre le temps de l'éloignement et celui du retour, le narrateur retrace sous la forme d'un rapport factuel, comme pour donner de la réalité à sa mémoire trouée, l'histoire réelle et fantasmée d'une amitié fondatrice.