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Eclipses de miroir
Ozyasar Murat ; Cavaillès Sylvain
KONTR
15,90 €
Épuisé
EAN :9782491221188
Dans ce monde où l'on ne se reconnaît plus, les histoires d'Ozyasar sont autant de pas qui nous rapprochent du miroir". Hakan Günday Les douze nouvelles d'Eclipses de miroir ont, à leur parution en 2008, installé d'emblée leur auteur sur la scène littéraire de Turquie. Dès la nouvelle titre, ÖzyaÅar accueille le lecteur dans son univers si particulier, très marqué géographiquement et culturellement (la Turquie et ses régions kurdes) mais qui touche à l'universalité grâce à la précision des observations sur lesquelles personnages et histoires sont construits. Echafaudées sur des reflets et des abîmes, ces histoires de miroirs et de puits nous font osciller entre tragique et absurde, balancer de l'angoisse au rire et, emmenées par un style vif et rythmé, elles nous guident sur une vaste palette d'émotions et de caractères, dressant autant de portraits saisissants de notre terrible condition humaine. Ceux qui ont lu Rire noir et Certifié conforme, histoires de Diyarbakır reconnaîtront immédiatement cette langue si vive, si musicale que Murat ÖzyaÅar s'est forgée en descendant aux sources hybridées de son identité. DANS LA PRESSE (à propos de Certifié conforme) "Remarquablement traduite par Sylvain Cavaillès, cette claudication linguistique donne une saveur rare à ces Histoires de Diyarbakir, la ville où la guerre, non contente d'avoir brisé les vies, aura aussi changé le sens des mots". Le Monde "Ce petit livre réussit à brosser, dans sa finesse et son collage ethnique, l'histoire et la géographie des opprimés du Sud-Est, une population conspuée et dévalorisée. Certifié conforme est un portrait de ville comme il en existe peu". Le Monde Diplomatique Originaire de Diyarbakır, Murat ÖzyaÅar (1979-) vit à Istanbul. Son écriture si particulière (où transparaît le dilemme linguistique des Kurdes de Turquie), l'honnêteté intellectuelle avec laquelle il aborde les thèmes les moins consensuels et surtout l'humour par laquel il vient à bout de tout tragique en on fait, dès son premier livre en 2008, l'un des auteurs les plus singuliers du paysage littéraire de Turquie. Il travaille actuellement à son premier roman. Rire noir a reçu le prix Balkanika 2016 et Certifié conforme, Histoires de Diyarbakır a été finaliste du prix Inalco Vo/Vf 2022 pour la traduction de Sylvain Cavaillès.
Ozyasar Murat ; Demirel Selçuk ; Cavaillès Sylvain
Les villes et leurs écrivains... Après La Forme d'une ville de Gracq, Les Villes invisibles de Calvino, Pamuk et son Istanbul, Tanpinar et ses Cinq villes ou encore Mungan et Les Djinns de l'argent, c'est au tour de Murat Özyasar d'écrire celle qui l'a vu grandir, Diyarbakir, en évoquant ses dimensions culturelles, politiques, mais aussi le rapport tout personnel qu'il entretient avec elle. De " Vivre à Diyarbakir " à " Meryem Ana ", ces textes apportent ainsi de précieuses clés à qui veut mieux saisir l'univers de Murat Özyasar ou ce qui fait la particularité de sa langue littéraire. Parfois héroïne malmenée de l'histoire républicaine, parfois décor de scènes contemporaines dramatiques, Diyarbakir apparaît ici, grâce à l'écriture à l'humour teinté de deuil dont le lecteur de Rire noir est familier, sous de multiples visages, proche et insaisissable, meurtrie et incroyablement vivante.
Les nouvelles de Murat Özyasar nous entraînent dans un espace jusqu'à récemment peu défriché de la littérature turque, le Sud-Est de la Turquie, et plus particulièrement la ville de Diyarbakir. Menés par une écriture vive, rythmée, tour à tour drôle et poignante et qui se fait l'écho de problématiques de la région, ses personnages nous conduisent à travers cette cité qui fut jadis "Amed la Noire" en vertu du basalte à la base de son architecture et qui subit encore aujourd'hui les conséquences d'une guerre plus que trentenaire. Loin du pathos où d'autres tomberaient facilement Ozyasar raconte, à travers ses personnages ets a langue hybride (un turc "contaminé par le kurde"), le Diyarbakir d'aujourd'hui, un territoire qui, malgré le deuil impossible des tragédies passées, reste animé, envers et contre tout, par une formidable pulsion de vie.
Istanbul, à l'orée des années 1980. Fatma Aliye vit seule avec sa mère et son grand-père sénile dans leur vieille demeure ottomane, ultime symbole de leur grandeur passée. La visite de sa soeur Talia vient raviver de vieilles rancoeurs et des douleurs encore tenaces, tandis que sourdent en arrière-plan les remous politiques annonciateurs du coup d'Etat du 12 septembre. Dans son hammam où s'organise la sociabilité homosexuelle stambouliote de l'époque, Madame vit elle aussi avec ses fantômes : le traumatisme des pogroms anti-grecs de 1955 et l'absence de son fils. E5ber, Reha et Suat Bey évoluent entre frigidarium et pierre ventrale, trouvant en Madame une figure de mère protectrice, échappant dans ce refuge aux menaces qui pèsent sur eux du fait de leur identité.
C'est avec ce recueil paru en 1992 que Murathan Mungan a acquis la renommée dont il jouit depuis en Turquie et qui n'a jamais été démentie. Passe l'été est, dans son oeuvre poétique foisonnante (22 recueils entre 1981 et aujourd'hui), son recueil le plus populaire. Composé de trois parties, il aborde successivement le thème de la séparation amoureuse, celui de l'univers maritime (non sans évoquer l'Ode maritime de Pessoa) et celui de la fin de l'été. Cette langue poétique élégante et exigeante, traversée d'images fortes et saisissantes, a imposé Mungan comme l'un auteur primordial de la poésie turque de ces quarante dernières années.
Les microfictions de Murathan Mungan n'ont rien à envier au plus dense des romans. Chacun de ces très courts récits contient une, voire plusieurs vies, une ou plusieurs expériences qu'il nous est donné d'apercevoir à la faveur d'un craquement d'allumette et de partager le temps de sa consomption. Signaux de fumée ou instantanés pris sur le vif, elles nous interrogent sur ce qui fait une histoire, sur ce qui fait qu'elle nous interpelle et nous investit plus ou moins intensément et pour plus ou moins longtemps, sur le pouvoir du récit et, en nos temps où l'on communique en messages de plus en plus brefs et virtuels, sur l'art même de la fiction.
La poésie de Cihat Duman, où se mêlent joyeusement absurde et hyper-réalisme, prend le pouls d'une Turquie contemporaine où la révolte du parc Gezi se révéla à la fois un tournant et un point de non-retour dans l'avancée de l'autoritarisme. Dans les failles d'une expression avoisinant la folie se lit aussi, et peut-être surtout, la contemporanéité des tragédies vécues par les Kurdes de Turquie. La poésie de Cihat Duman, où se mêlent joyeusement absurde et hyper-réalisme, prend le pouls d'une Turquie contemporaine où la révolte du parc Gezi se révéla à la fois un tournant et un point de non-retour dans l'avancée de l'autoritarisme. Dans les failles d'une expression avoisinant la folie se lit aussi, et peut-être surtout, la contemporanéité des tragédies vécues par les Kurdes de Turquie.