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Nationale 7. Carnet de voyage à Madagascar
Ovidio Pierre d'
TEMPS IL FAIT
20,00 €
Épuisé
EAN :9782868535115
A Madagascar, loin des hôtels de luxe et des boutiques pour touristes (l'île en compte encore assez peu), Pierre D'Ovidio est surtout sensible à la misère et à son cortège de gagne-petit, de mendiants et de marchands à la sauvette. Confronté à la rue, puis à la route, il mesure la dure réalité de la vie réduite à la survie. Pays abandonné, méprisé, Madagascar - qui ne s'est jamais complètement remis des ravages de la colonisation - n'est évidemment pas épargné par les terribles effets de la mondialisation... Cet anti-guide de voyage dissipe quelques trompeuses images exotiques, pour les remplacer par d'autres, moins complaisantes et plus en conformité avec le monde et son usage. Biographie de l'auteur Pierre D'Ovidio est né en 1949 à Paris. Après avoir fréquenté étudiants et professeurs de l'Ecole nationale des Beaux-Arts et débuté dans la peinture et la gravure, il s'est très vite passionné pour l'écriture. Installé aujourd'hui dans un village de la Vienne, il a d'abord écrit des textes sur les peintres et la peinture, avant de publier plusieurs romans aux éditions Phébus, dont Les cahiers au feu (2004) et Les enfants de Van Gogh (2007).
Le spectacle n'était pas encore commencé.Sur l'invitation reçue il y a une quinzaine, une secrétaire ou le directeur de l'établissement avait indiqué 14 h 30. En fait, il était écrit «à partir de 14 h 30», mais Bertrand n'avait pas remarqué et croyait être en retard. D'une bonne demi-heure, maintenant. Et maman détestait. «L'exactitude, mon garçon, la politesse des rois!»Il avait donc accéléré sur la petite route étroite et boueuse qui passait de champs nus en bosquets noirs. Sans trop forcer. Son break 305 n'appréciait pas plus les brusqueries fantasques que la brutalité. Maman disait «bizarrerie de comportement» et n'aimait pas. N'avait jamais aimé.Elle ne l'avait pas élevé comme ça. Pas quelqu'un à se mettre toujours en avant, son Bertrand! A jouer les m'as-tu-bien-vu! A utiliser à tort et à travers son klaxon comme un casse-tête dans les rues du bourg ou à faire vibrer les vitres de la voiture avec les basses de son lecteur de cassettes comme autant de «boum! boum!» d'une parade de cirque. Sûr qu'elle n'aurait pas plus apprécié qu'il coupât les virages, mais elle n'avait jamais aimé attendre. Non plus. Alors...Il avait soupiré, soulagé, en franchissant le sas vitré de l'entrée.Maman était dans son large fauteuil à roulettes, tout au fond de la salle à manger. Et le spectacle n'était pas commencé. Elle l'avait vu. Elle lui faisait de grands signes. Une tornade lente. Un immense désordre de mouvements pesants de tout le torse, des bras, des mains et de la tête. Elle semblait plus joyeuse que lors de ses visites ordinaires, celles du dimanche matin.- Tu es en retard, mais ça n'a pas commencé! Assieds-toi à côté de moi, j'ai réservé un siège, je l'ai gardé libre. Pour toi. Toi tout seul. Tu es content?Bertrand hocha la tête. Maman parlait fort. Beaucoup trop fort. Elle hurlait. Tout le monde se retournait et cela gênait Bertrand qui slalomait entre les habitués en multipliant mimiques de reconnaissance et inclinations de tête.- Tu te souviens de la phrase? brailla-t-elle, comme il se penchait vers sa joue.- Bonjour, maman. Parle moins fort, je suis juste à côté... C'est joli, la décoration. Il est très beau le sapin à l'entrée... Quelle phrase?- Celle où elle parle de madame Auriol et du ménage.- Tu as encore perdu le livre! Tu sais que j'ai eu beaucoup de mal à le retrouver...- Non, il est dans la chambre. Mais en t'attendant j'essayais de me souvenir. Tu sais, la phrase avec le grain de poussière?
Méchante affaire de cul dans la France profonde : une jeune prof affirme avoir été violée par six élèves d'une classe de troisième à l'issue d'une petite fête de fin d'année scolaire qui aurait mal tourné. Tous les journaux bientôt en parlent. D'autant que les gamins clament haut leur innocence : à les entendre, la prof était consentante, et même un peu plus. Jean Mascarpone, journaleux local, enquêteur à ses heures perdues, est dépêché sur les lieux par le quotidien régional qui veut faire toute la lumière sur cette pénible histoire. Car dans ce coin de province qui hésite entre Touraine et Poitou, on n'est pas chez les " sauvageons " des banlieues défavorisées, mais bien au fond de la sainte cambrousse, vertueuse et bucolique, où l'on sait garder en tout sage mesure (Descartes est né pas loin). Le brave Jean comprend vite qu'il ne lui sera pas trop facile d'y voir clair, car pour ce qui est des affaires de fesse, les gens de par ici ne sont pas du genre causant. D'autant qu'après un bout de temps un vrai crime - un brin méchant cette fois - vient se greffer par là-dessus. Pour le coup, le fait divers qui faisait doucement rigoler au bistrot commence à sentir mauvais. Où l'on retrouve Pierre D'Ovidio (comparé naguère à Henri Calet, rien de moins) au mieux de sa forme, toujours fidèle à soir anti-héros préféré, Jean Mascarpone, enquêteur malgré lui : pour un nouveau polar rural de sa façon, où l'intrigue à démêler compte beaucoup moins que l'" atmosphère ".
Dans les années 70, un groupe de jeunes gens issus de ce que l'on appelait le gauchisme décident qu'à défaut de changer la vie des Français - une révolution devenant de moins en moins plausible -, ils allaient tâcher de changer la leur. Unis par l'art, et surtout par la peinture, Arthur, Matthias, Nadja, Claire et Jean-Baptiste vont fonder une sorte de communauté utopiste dans un pavillon délabré de banlieue, appelé la Nef. Mais au fil de la décennie qui va suivre, la réalité va les rattraper, et la communauté se disperser aux vents divers. En 1984, meurt Jean-Baptiste, le plus fragile d'entre eux. Vingt ans après, les post-soixante-huitards se retrouvent pour tenter de comprendre les raisons d'un échec et d'une disparition... Sur un ton à la fois drôle et désabusé, Pierre D'Ovidio nous conte les amours et les trahisons, les rancoeurs et les petits bonheurs, les illusions perdues d'une génération. Le regard plein de tendresse et d'acuité qu'il porte sur une bande de copains nostalgiques n'est pas sans évoquer les grands films de Claude Sautet.Né à Paris en 1949, Pierre D'Ovidio s'est fait remarquer en 1995 avec La Vie épatante (Phébus). Il est également auteur de trois polars - Demain, c'est dimanche (Phébus, 2001), Pertes et profits (Phébus, 2002), Les Cahiers au feu (Phébus, 2004) - et de livres d'art.
Belles têtes d'Irlandais dans les rues de Killarney. D'un certain âge. Des têtes conformes à la tradition et qui, au-delà du folklore touristique, donneraient à n'importe qui manie vaguement le crayon l'envie d'écrire et de conserver ces personnages dans les mots. On ne s'attache pas à repérer d'abord les faces qui affichent leur alcoolisme. Ici, c'est un penchant qui ne s'avoue pas, mais se clame et se trompette. Il met tant de sincérité dans la laideur que là encore, parce qu'on est en Irlande, on se sent en confiance. Des trognes aussi évidentes et qui témoignent d'une impeccable assiduité au pub ne savent plus mentir. La caricature est une innocence brute." Dans ce récit de voyage fort peu héroïque - camping et vélo -, l'auteur s'attache à montrer des spectacles qui n'ont pas lieu et des êtres sans grandeur dont, en amoureux comblé de la langue, il sait faire une véritable matière littéraire.
Mécompris, censuré, tout ensemble adoré et haï, le recueil des Petites pièces philosophiques (Operette morali) apparaît comme le revers implacable du lyrisme des Canti. Leopardi, négligeant dédaigneusement l'arsenal romantique, y déploie les ressources d'une prose à la fois délicieuse et terrifiante, dont la littérature européenne offre bien peu d'exemples. Dans ce petit théâtre philosophique, fiévreusement élaboré au début du XIXe siècle, le nihilisme moderne semble naître tout armé. Schopenhauer, Nietzsche, grands lecteurs de Leopardi, creuseront ce sillon ; d'autres suivront celui du Désir. Grosses d'un désespoir qui est déjà le nôtre, ces pièces témoignent aussi de la littérature comme activité frivole et nécessaire, comme exercice presque joyeux du sens contre le rien.