Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La nommée Libermann. Une aventurière européenne (1892-1937)
Oudin-Bastide Caroline
HEMISPHERES
24,00 €
Épuisé
EAN :9782377011674
Esther, ma mère, nous montrait parfois quelques menus objets ayant appartenu à cette grand-mère que l'on n'avait pas connue : un fin poudrier en or laqué noir ; deux montres de sac en argent s'enfermant dans leur étui, recouvert de cuir brun pour l'une et de minuscules débris de coquille d'oeuf pour l'autre ; une "rivière de diamants" - de simples pierres du Rhin montées sur argent ; deux petites "broches noeud" en or blanc serties de brillants, destinées à orner l'extrémité des bretelles des robes. Le seul bijou hérité de sa mère qu'Esther portait fréquemment était un bracelet manchette russe ou oriental en argent, orné de cabochons filigranés et d'un merveilleux fermoir marqueté de pierres vertes transparentes. "J'adorais ma mère" , glissait immanquablement Esther quand elle évoquait son enfance ou son adolescence. Eléonore était une ravissante petite femme, menue mais faite au tour, un tanagra... un tanagra... ; elle avait un charme, un je-ne-sais-quoi, qui séduisait tous ceux qui la côtoyaient ; elle était très élégante, elle portait des chapeaux cloche qu'elle inclinait sur le côté ; elle fumait des cigarettes russes dont elle parfumait légèrement le long filtre en carton ; elle traînait ses filles dans les musées, les théâtres et les salles de concert ; elle était audacieuse, capable de surmonter des obstacles apparemment insurmontables ; elle aimait ses enfants avec une exceptionnelle passion ; elle était révoltée, tout la révoltait... Elle disait être née à Kiev en 1892. C'était une aventurière. Et un rat d'hôtel...
Résumé : Une étrange épidémie d'"empoisonnements" s'est répandue dans les Antilles françaises aux XVIIIe et XIXe siècles. Or, ce terme est fréquemment synonyme de "maléfices" tandis que les "empoisonneurs" sont souvent dénoncés comme "sorciers". Les imputations de crime d'empoisonnement participent d'un système de croyances magiques, qui amène les colons à prêter aux "nègres" (sorciers et guérisseurs) une extraordinaire force de nuisance fondée sur une science botanique occulte, associée à d'effrayants pouvoirs. L'effroi qui saisit les maîtres engendre la terreur contre les esclaves. Exacerbée par l'incapacité de la justice ordinaire à mettre fin au fléau, elle entraîne la création de juridictions spéciales et l'instauration d'un dispositif administratif de répression épouvantable. Face à une mortalité animale ou humaine inhabituelle les colons s'attendent à une accusation d'empoisonnement, la suspicion face à un décès isolé, d'une bête de somme, d'un esclave ou d'un blanc, ne surprenant jamais personne. Celui qui ne se conforme pas à cette attente s'expose à l'exclusion sociale, voire à la violence coloniale. Lassalle, commandant du quartier de La Trinité à la Martinique, ne craint pas de proclamer, en 1824, qu'il frappera de sa cravache quiconque parlera d'épidémie. C'est en explorant les archives des procès tenus en Guadeloupe et à la Martinique que l'auteure a pu faire la généalogie de cette grande peur et en reconstituer la logique sociale. La violence que l'analyse du crime d'empoisonnement met en lumière est tout autant la violence subie au quotidien (constituée par les privations continuelles, le travail effectué sous le fouet du commandeur, les châtiments pratiqués de façon habituelle sur les habitations, quatre-piquets, mise aux fers, cachot) que la violence dans ses manifestations les plus cruelles, dont le but immédiat est de montrer aux esclaves que leur sort est entre les mains du maître, qu'aucun autre pouvoir (politique, judiciaire ou religieux) ne peut leur venir en aide.
Résumé : Sherlock Holmes, création du romancier britannique Arthur Conand Doyle, est à coup sûr un des personnages les plus célèbres de toute l'histoire. Mais, au-delà de son succès proprement littéraire, il existe un " phénomène " Homes, vieux maintenant d'un siècle et qui ne donne aucun signe de déclin. Il a été le héros le plus souvent porté à l'écran et des dizaines d'écrivains ont voulu donner une suite à ses aventures. Mieux encore, dès la parution des premières ?uvres, des milliers de gens ont cru à l'existence réelle du détective. Aujourd'hui encore, du courrier arrive à son domicile supposé de Baker Street. Plusieurs centaines de clubs holmésiens dans le monde, jusqu'en Amérique et au Japon, perpétuent son culte. Bernard Oudin, spécialiste de Sherlock Holmes, démêle les fils de cet étonnant sortilège qui a amené un personnage de fiction aux frontières de la réalité et du fantasme.
Cet ouvrage d’Antoine Oudin est un complément nécessaire à sa grammaire. Ferdinand Brunot (Histoire de la langue française. Vol. III) dit de ces Curiosités françoises qu’elles sont une source unique pour les expressions triviales et même populacières, qu’on trouve dans certains textes, et dont l’explication est donnée là. Antoine Oudin est parmi les linguistes les plus complets de son époque, donnant des mots nouveaux que les lexicographes ont recueillis après lui, mais que Nicot ni Monet n’avaient encore cités.
Il se commet chaque jour dans le monde des centaines d'homicides, soit des dizaines de milliers par an. Mentionnée en quelques lignes dans la presse locale, la quasi-totalité de ces crimes passe inaperçue, sauf des proches ou de la police. D'autres attirent l'attention de l'opinion publique, l'émeuvent ou la fascinent. Comment demeurent-ils dans la mémoire collective? Pour leur mystère, de Jack l'Eventreur au "petit Grégory"? Pour la monstruosité d'un Troppmann ou de serial killers contemporains? Pour la personnalité d'un Al Capone ou d'un Petiot? Pour la dramaturgie des procès, tels ceux de Landru ou Marie Besnard? Au-delà des affaires réelles, les crimes littéraires marquent autant les esprits. Des Mystères de Paris d'Eugène Sue en 1842 aux romans policiers contemporains, ils constituent une exploration des passions humaines à leur paroxysme. Mais c'est le cinéma qui, oscillant entre idéalisation du criminel - du brigand Cartouche au gangster Dillinger - et esthétisation de la violence, révèle avec le plus d'acuité notre fascination pour le meurtre. Bernard Oudin, nous invitant à un discernement salutaire, raconte comment se décline cette passion pour le crime.
Quels sont les enjeux de santé liés aux migrations actuelles, non seulement pour les migrants, mais aussi pour les structures qui les prennent en charge ? L'originalité de cet ouvrage est de réunir universitaires et acteurs de terrain pour répondre à cette question, en faisant dialoguer observations ethnographiques et mises en application cliniques. A partir de parcours migratoires et de leur incidence sur la santé, et en prenant en compte les vécus psychiques de migrant(e)s dans des contextes extrêmement variés, expériences et travaux rendent compte des différentes modalités de confrontation des professionnels de la santé et des chercheurs (médecins, psychiatres, psychologues, infirmiers, assistantes sociales et anthropologues), dans diverses situations d'accueil et de soins, face à la variété des parcours et du vécu des traumatismes, de l'expatriation, de l'exil clandestin, de la précarité sociale et la maladie.
Explicitant la philosophie et les critères de son approche, Zafrani écrit lui-même à ce sujet : "Nous nous sommes proposés, tout au long de nos études et de nos recherches, de réaliser à la fois une analyse raisonnée des situations et une synthèse équilibrée des phénomènes afin de servir la science et la conscience historique, la mémoire collective et un patrimoine culturel qui nous est cher, à mille égards. Cela, nous l'avons fait avec le projet d'une quête des lieux de dialogue, de rencontres des hommes et des idées, d'espaces de convergences entre cultures et civilisations qui sont autant d'espaces de fidélités, de liberté et d'universalisme." Haïm Zafrani, auteur notamment de Deux mille ans de vie juive au Maroc, Juifs du Maroc. Vie sociale, économique et religieuse. Etudes de taqanot et responsa, et de Juifs d'Andalousie et du Maghreb, a consacré toute son existence à ses recherches et à l'enseignement, en étant toujours soucieux de transmettre son savoir. Son engagement, en la matière, qui était une forme de militantisme, ne peut qu'inciter à la réflexion tous ceux qui se soucient aujourd'hui d'histoire, de culture, de patrimoine, de diversité, de paix et de fraternité en ces premières décennies du XXIe siècle. Une urgence d'autant plus vitale pour l'humanité que l'enracinement culturel est devenu un enjeu capital dans le monde ultra-connecté. L'on ne peut que saluer et se réjouir de l'initiative prise par Mustapha Saha de consacrer un ouvrage à ce "penseur de la diversité", et de présenter, avec sa belle plume et le sens de la formule qui le distingue, l'homme dont il était familier depuis fort longtemps, et une oeuvre féconde dont il a une connaissance intime et qu'il rappelle avec une remarquable précision. Mohammed Kenbib.
Comme l'a écrit Bertrand Tavernier, les films de Quentin Tarantino sont "extrêmement bien pensés et réalisés ". Quelles sont les clés de ce que Tarantino appelle lui-même son "esthétique globale"? C'est le propos de ce livre. Cette esthétique est indissociable d'un rapport constant avec le regard du public : celui-ci n'est jamais réduit par Tarantino à une consommation passive, mais constitue un vecteur de la création du film. Autre principe : Tarantino non seulement filme les images montrées, mais il leur surajoute une ou des indication(s) de ce qu'elles montrent et de ce qu'il y a à voir. Il ne cesse en fait de révéler au public que les images regardées sont du cinéma. Du coup, il crée un cinéma plus vrai que toute forme de mise en scène qui s'effacerait afin de faire croire à la réalité du récit porté à l'écran. Quentin Tarantino multiplie les références cinématographiques, musicales, textuelles. Ce faisant, il fait accéder le spectateur à ce qu'il appelle le "monde-du-cinéma ". Comme si chaque image renvoyait à d'autres images. Autrement dit, nous ne voyons jamais la réalité, mais toujours une image de celle-ci. Le "miracle tarantinien" est que cette réflexion - que l'on attendrait davantage d'un cinéma expérimental - a lieu à travers des oeuvres "grand public". La raison en est que Quentin Tarantino est un fabuleux conteur d'histoires, en mots et en images. Ses récits de vengeance et d'amour reprennent les archétypes de ce type d'aventures, mais selon des procédés dramaturgiques et techniques qui ne cessent de mobiliser une autre dimension majeure de son esthétique : la surprise.