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Tango-Monde
Otero Mariano ; Coatrieux Jean-Louis
PART COMMUNE
29,00 €
Épuisé
EAN :9782844182036
Je ne saurai jamais pourquoi. Pourquoi le tango et pas autre chose. Dans cet abandon total, intense, physique. Cette tendresse sombre et cette tristesse impatiente, avec elles le bonheur du corps, des corps. Dont je ne sais rien ou presque. J'ai cette passion qui se danse avec tout ce que nous sommes à deux. Une musique certes, mais pas n'importe quelle musique. Un chant aussi, amoureux, exalté, angoissé. La langue peut-être qui résonne de vagues très longues. Ou cet enlacement profond qui nous rend vulnérable au monde. J'aime, oui, ces suites de prises de pieds attaquant les notes, les ciselés de jambes et les esquives des hanches. C'est se donner et se perdre. Des gestes qui dévoilent et presque déshabillent. Tête-à-tête. Corps à corps. Mélange de force et d attirance. De défense et de conquête. Tout ici ouvre et reprend la vie.
Antonio Otero Seco (Cabeza del Buey, Badajoz 1905 - Rennes 1970) journaliste et écrivain, républicain espagnol exilé en France de 1947 à 1970, fut l'ami de Federico Garcia Lorca dont il fit la dernière interview pour l'hebdomadaire madrilène Mundo Gràfico en juillet 1936, quelques jours avant que le poète ne se rende à Grenade où il fut assassiné par les franquistes. Dans ce livre, outre cette interview, on peut lire un poème d'Antonio Utero Seco dédié à Lorca après sa mort, un essai sur sa vie et son oeuvre, ainsi que plusieurs articles parus dans Le Monde dans les années 60. Les textes sont publiés dans leur version originale et en traduction française.
Loin de moi l'idée d'écrire un ouvrage de révérence. Ils en seraient fâchés. Point de critique non plus, sauf à me laisser parfois aller. Pas question pour autant de taire leurs arrière-pensées sous des habits prêts-à-porter. Non, rien de tout ça. Des conversations. Quant au genre dans lequel ces pages se rangent, certainement des notes de deuxième main. A vrai dire, eux et moi n'avons pas beaucoup voyagé ensemble. Quelques bouts de chemin tout au plus. Ces mots de passe reviennent pourtant de loin et, cachés partout dans mes livres, ils sont en quelque sorte mes bons de sortie. Et peut-être un peu les vôtres.
Résumé : Située dans l'une des régions naturelles les plus typiques du Venezuela, le Llano, la ville d'Ortiz, centre autrefois florissant, se meurt. Les guerres civiles, le paludisme, la dictature du général Gomez, qui tint le pays sous le joug, au lendemain de la Première Guerre mondiale, ont eu raison de ce bourg à moitié en ruine où végète un reste misérable de population, où quelques âmes fortes s'obstinent à vivre. Et le mirage du pétrole, qui se lève à l'horizon, en provoquant le départ de Carmen-Rose après la mort de son fiancé, semble consommer ce destin tragique. Publié en 1955, ce roman reflète les espoirs d'un pays à une époque où s'annoncent les profonds changements d'où est sorti le Venezuela d'aujourd'hui. En même temps, il est l'un des premiers romans construit autour de la figure de ce dictateur interchangeable qui domine l'histoire du continent latino-américain et qui a inspiré, par la force des choses, quelques-unes des ouvres maîtresses de sa littérature.
J'aurais pu t'aimer d'une façon plus agréable pour toi. - Me prendre à ta surface et y rester. - C'est longtemps [ce] que tu as voulu. Eh bien non. J'ai été au fond. - Je n'ai pas admiré ce que tu montrais, ce que tout le monde pouvait voir, ce qui ébahissait le public. J'ai été au-delà et j'y ai découvert des trésors. Un homme que tu aurais séduit et dominé ne savourerait pas comme moi ton c?ur aimant jusqu'en ses plus petits angles. " À Louise Colet, 6 juillet 1852.
De leur rencontre en 1846 dans l'atelier du sculpteur James Pradier, jusqu'à leur rupture violente en 1854, Gustave Flaubert et Louise Colet échangèrent d'innombrables lettres. Quoi que l'une des plus belles correspondances amoureuses de la littérature, cet ensemble n'a inexplicablement jamais fait l'objet d'une publication isolée. Ces lettres accompagnent par ailleurs la germination de Madame Bovary. Flaubert, qui est encore un tout jeune homme de 25 ans quand il rencontre la belle et brillante Louise Colet, d'une dizaine d'années son aînée, y apparaît tour à tour tendre, malicieux, tourmenté par les " affres de la création " ou savoureusement paillard. Lire ces lettres, c'est découvrir la vraie nature humaine et littéraire de Flaubert, l'extraordinaire liberté de son génie et son tempérament passionné. C'est surtout s'initier à ce qui constitue sans doute l'un de ses chefs-d'?uvre : sa correspondance !
C'est Sous-Offs, paru en 1889, qui a fait connaître Lucien Descaves : un scandale a éclaté à la parution de ce roman franchement antimilitariste, qui a valu au jeune auteur et à son éditeur un procès retentissant pour injures contre l'armée. Descaves y dresse le portrait satirique et sans concession de la vie d'une caserne à Dieppe. Une galerie de sous-officiers s'offre à nous, médiocres, souvent ridicules, donnant de l'univers militaire une image à la fois dérisoire et étriquée. Par son naturalisme - qui n'exclut pas une écriture artiste - ce roman nous plonge, grâce à l'évidente jubilation de son auteur, dans un certain pan de la société française de cette fin de XlXème siècle. Proche de certaines idées qu'on qualifierait aujourd'hui de libertaires, Lucien Descaves, par la généreuse virulence de sa plume, devrait trouver aujourd'hui un écho chez nos contemporains.
Dans ces trois textes de la fin de sa vie, nourris de son expérience personnelle et de sa réflexion, la philosophe catholique et ouvrière Simone Weil se livre à une véritable profession de foi qui accrédite son idée d'une nécessaire révolution humaniste. Comme dans toute son oeuvre, ce qu'elle cherche à placer au centre de toute interrogation, de toute préoccupation et de toute construction d'un avenir partagé et commun, c'est l'homme, dans son essence comme dans son individualité. Lire Simone Weil relève autant du devoir que de l'obligation.