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Sept petites études
Ortlieb Gilles
TEMPS IL FAIT
13,50 €
Épuisé
EAN :9782868533517
Sur quoi reposent ces quelques et définitives affections littéraires, qui nous attachent à des auteurs aussi différents l'un de l'autre que Charles Cros, Emmanuel Bove ou Henri Thomas dont il est, parmi d'autres, question dans ces pages ? Sur le souvenir décisif, essentiel, d'un étonnement ancien à constater que des phrases de roman pouvaient hanter comme des fragments de poèmes ? Sûrement. Mais au moins autant sur la faculté qu'a cette surprise première de se renouveler, inentamée, à mesure qu'on se promène dans l'?uvre. Une dette de reconnaissance, en quelque sorte, pour une façon propre à chacun d'entre eux, d'oser et de dire - et pour l'obstination avec laquelle ils ont su délimiter un monde aux versants multiples, parfois contradictoires, mais au centre duquel quelques lignes suffisent, chaque fois, à nous projeter. G. O.
Dernier hiverLa flamme, sur la neige, du soldat inconnuet le fouillis des guirlandes très lucidesraccrochées pour les fêtes, de chaque côtéde l'avenue, à n'éclairer qu'elles-mêmeset la nuit démâtée de décembre, rongéepar le sel des trottoirs et aussi tranchanteque l'espoir. Si la main reste dans l'ombre,un ongle ce soir brille par-dessus le taindes toitures, qui s'égouttent à petit bruitdans l'année finissante : «Grand réveillonau cirque, avec champagne et cotillons».Gilles Ortlieb.
La neige, accumulée dans les sillons comme dans les rainures des toits de tôle ondulée ou entre les traverses, à l'affût du moindre angle mort ; constrastant avec la blancheur mate des champs, le mauve des coteaux, la surface plombée des canaux pleins à ras bord et tronçons de routes souvent bordés de deux rangées d'arbres effilés, et les éclaboussures du gui dans les branches sous un ciel givrant de fin février. A quoi bon décrire ? Pour nommer. Et si, décrivant, c'est l'abandonnement de ces paysages de l'Est, de cette campagne balafrée par une industrie tout juste abolie qui semble prendre toute la place, la faute n'en est peut-être pas seulement au paysage.
Premier livre de prose de Gilles Ortlieb (né en 1953), Soldats et autres récits était paru en 1991 aux éditions Le temps qu'il fait. Trois récits plus récents accompagnent la présente édition, présentée par l'auteur.
Résumé : " L'un des plus beaux livres écrits sur Rome. Une Rome suspendue entre le clair et l'obscur, le ciel et les ruines, les enfers et l'au-delà : une ville de fontaines et de foudre, de fleuve et d'incendie, de fables et d'artifices; cité du théâtre et de l'illusion, élémentaire comme Isis, tragique comme Borromini, abyssale comme Piranese... Et l'érudition est voilée comme chez Nerval, c'est une érudition qui joue, invente jusqu'au délire, tire des feux d'artifice, pâlit avec les couleurs et les reflets de la nacre, avant de s'éteindre dans la mélancolie. " Pietro Citati
Les personnages de ce petit roman ne se séparent pas de l'auteur : Ils sont l'auteur, mais jeune, en plusieurs personnes, et surtout en Roger Bourcier ; il est tellement l'auteur, qu'il est impossible de parler de lui sans évoquer le paysage de Saint-Samson, près de Morlaix, où est né ce récit, et le jeune homme que j'étais appliqué à la tâche de vivre et d'écrire, à la tâche d'étudiant volontairement raté et de vivant insatisfait. Tout ce qui lui advient m'est arrivé. Ses émerveillements d'amoureux craintif, son angoisse devant la vie, c'est moi. Le lecteur d'aujourd'hui s'y reconnaîtra car tous les jeunes gens, d'une génération à l'autre, passent par là, sous des formes imprévues.
Belles têtes d'Irlandais dans les rues de Killarney. D'un certain âge. Des têtes conformes à la tradition et qui, au-delà du folklore touristique, donneraient à n'importe qui manie vaguement le crayon l'envie d'écrire et de conserver ces personnages dans les mots. On ne s'attache pas à repérer d'abord les faces qui affichent leur alcoolisme. Ici, c'est un penchant qui ne s'avoue pas, mais se clame et se trompette. Il met tant de sincérité dans la laideur que là encore, parce qu'on est en Irlande, on se sent en confiance. Des trognes aussi évidentes et qui témoignent d'une impeccable assiduité au pub ne savent plus mentir. La caricature est une innocence brute." Dans ce récit de voyage fort peu héroïque - camping et vélo -, l'auteur s'attache à montrer des spectacles qui n'ont pas lieu et des êtres sans grandeur dont, en amoureux comblé de la langue, il sait faire une véritable matière littéraire.
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.