Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La déshumanisation de l'art
Ortega y Gasset José ; Struvay Adeline ; Vauthier
ALLIA
6,20 €
Épuisé
EAN :9782844859358
Présentation de l'éditeur Jean Cassou disait d'Ortega y Gasset qu'il ne craignait pas la frivolité, voire la recherchait. Ce n'est pas le moindre des paradoxes, quand on lit ce texte-ci, mélange de critique "sérieuse" et de fascination-répulsion pour un art désormais futile aux yeux de l'auteur. Ortega y Gasset s'attaque en effet à une tendance de l'art de l'époque (ce texte est publié pour la première fois en 1925) à éliminer la figure humaine de ses sujets au point de devenir autocritique, voire un jeu entre artistes. Cela conduit à le rendre impopulaire. Dégagé du sérieux et de tout pathos, l'art perd sa transcendance au profit de la superficialité, du divertissement. Il est désormais élitiste, il exclut les masses. Il est le symptôme d'une crise culturelle, qui annonce la décadence d'une société de plus en plus tournée vers le spectacle. En effet, l'art finit par se vider de tout contenu: "Tout comme dans un système de miroirs qui se réfléchissent indéfiniment les uns dans les autres, aucune forme n'est la dernière. Toutes sont moquées et réduites à pure image."
Don José Ortega y Gasset, madrilène (1883 - 1955), est l'une des figures les plus marquantes de l'Espagne contemporaine. Philosophe, professeur de métaphysique à l'Université de Madrid, fondateur et directeur de la célèbre Revista de Occidente, il a été vraiment le phare et le guide de toute une génération. Ortega y Gasset a enrichi la pensée européenne contemporaine en lui apportant la critique à la fois de l'idéalisme et du réalisme du XIXème siècle. Pour Ortega, le thème de notre temps est une tentative en vue de substituer "la raison vitale" à la raison pure. Considérant la pensée comme une fonction "biologique", il estime que "penser, c'est placer notre individualité devant les choses telles qu'elles sont". D'où une théorie de la perspective en tant "qu'ordre et forme que prend la réalité aux yeux de qui la contemple". Et d'où, aussi, cette déduction logique que "chaque vie est un point de vue sur l'univers". Si Ortega fait à l'Espagne une place considérable dans son oeuvre, sa curiosité, ses recherches, sa critique ne s'enferment jamais dans des frontières nationales, pas plus qu'elles ne se restreignent au domaine philosophique. Sciences, arts, lettres, grands événements du jour, faits politiques, sociaux, voire mondains, tout s'éclaire et s'ordonne en des perspectives nouvelles sous le regard pénétrant et hardi de ce penseur qui est aussi un écrivain de race. Lire Ortega y Gasset, c'est chaque fois s'engager dans une haute aventure, sûr d'en sortir rajeuni, enrichi ; c'est devenir soi-même le spectateur qui ne succombe pas à la tentation mais qui l'analyse, la filtre et la distille tout en la savourant.
La culture, qui avait libéré l'homme de sa forêt primitive, le propulse de nouveau dans une forêt, de livres cette fois-ci, non moins confuse et étouffante.
Simone Weil (1909-1943) est engagée dès 1927 dans le syndicalisme révolutionnaire. Elle rejoint le monde ouvrier en 1934-1935 pour vivre sa condition, soutient le Front populaire, participe à la guerre d?Espagne, rallie enfin la Résistance et meurt en Grande-Bretagne en laissant une masse d?écrits inédits dont sa Note sur la suppression générale des partis politiques. Pour que le peuple vive dans la justice et la vérité qui ne peuvent être qu?une, deux grandes conditions sont requises selon elle : l?absence de passion collective et la possibilité d?exprimer une pensée sur les problèmes fondamentaux de la vie publique. Or, les partis politiques comme les Églises s?opposent systématiquement à cette double exigence. Ayant un dogme, ils fonctionnent sur la base de la discipline et leur seul mobile réside dans leur propre développement. Autrement dit, ils sont " décerveleurs ", d?où l?urgence de supprimer les partis qui enferment le peuple dans le danger manichéen du pour et du contre et qui l?empêchent de penser par lui-même.
Si les Européens veulent avoir un avenir, ils doivent se proclamer citoyens d'une république européenne. Ils se donneraient par là le moyen de prendre en main leur destin commun." Jean François Billeter.