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Les joueurs
O'Nan Stewart ; Richard Nicolas
OLIVIER
19,50 €
Épuisé
EAN :9782823600025
Chances pour un touriste américain de visiter les chutes du Niagara: 1 sur 195L'ultime week-end de leur mariage, minés par l'insolvabilité, l'indécision et, stupidement, à moitié secrètement, englués dans ce passé toujours proche que gouvernent le souvenir, l'infidélité, Art et Marion Fowler quittèrent le pays. Cap au nord, direction le Canada. «Comme les esclaves», dit Marion à sa soeur Celia. Ils allaient passer leurs derniers jours en tant que mari et femme comme les tout premiers, presque trente ans auparavant, aux chutes du Niagara, comme si, de l'autre côté de la frontière, près de ce légendaire et tumultueux chaudron des nouveaux départs, loin de toute créance domestique qui sapait leur quotidien, ils avaient une chance de se retrouver l'un l'autre. C'est du moins ce que Art espérait. Marion, quant à elle, espérait seulement pouvoir tenir le coup à peu près dignement puis rentrer à la maison et commencer à s'occuper de la paperasse qui lui permettrait de devenir, pour la première fois de sa vie, une contribuable sans conjoint.Ils dirent à leur fille Emma qu'ils s'offraient une seconde lune de miel.«En plus, ils vont faire visiter la maison pendant tout le week-end, alors...» C'est ainsi que Marion, au téléphone, présenta les choses.Ils n'étaient pas bons menteurs, ils avaient simplement peur de la vérité et de ce qu'elle était susceptible de révéler à leur sujet. Ils appartenaient à la classe moyenne, proies de la tyrannie des apparences et de ce qu'ils pouvaient se payer, ou oser, ce qui était en partie leur problème. Ils étaient trop installés et pragmatiques pour ce qu'ils entreprenaient à présent, mal à l'aise avec les mesures désespérées. C'est à peine s'ils purent discuter du projet entre eux, comme si, une fois exposé à la lumière et à l'air, il risquait de s'évaporer.Avec Jeremy, ils n'eurent qu'à dire qu'ils voulaient voir le nouveau casino, sorte de construction à la Frank Gehry, qui figurait en couverture de la section voyage du journal du dimanche et des magazines distribués dans les avions. Il fut impressionné par le tarif qu'ils avaient réussi à obtenir. Art avait fouiné en ligne jusqu'à trouver un prix imbattable.«Ton père le flambeur», plaisanta Marion.L'Escapade spéciale Saint-Valentin, s'intitulait la promotion: deux cent quarante-neuf dollars, pension complète et un avoir de cinquante dollars porte-bonheur à dépenser aux tables de jeu.Comme c'était compris dans la formule, ils prirent le car. Mais maintenant qu'ils s'enfonçaient dans un tunnel obscur en pleine tempête de neige, quelque part en périphérie de Buffalo, au milieu de couples bien plus jeunes - dont, figé façon zootrope dans les phares des voitures qui arrivaient d'en face, un duo grassouillet en tenue Harley qui se pelotait, juste de l'autre côté du couloir -, ils regrettaient l'un et l'autre de ne pas avoir pris la voiture.Chacun avait déjà exposé ses arguments à la maison, inutile donc de revenir là-dessus. Art, l'éternel matheux ramenant toujours tout à la réalité mesquine des nombres, avait souligné que ça leur ferait économiser cinquante dollars d'essence, sans parler du parking, ce que Marion avait trouvé absurde, et typique. Ils étaient tellement au-delà du stade où cinquante dollars pouvaient faire la différence - comme ce pari ridicule, jouer leur mariage en s'en remettant, en gros, aux caprices d'une roue -, et pourtant il ne démordait pas de ses vieux préceptes comptables, à savoir qu'un sou est un sou, oubliant que le grand livre de comptes qu'il tenait baignait dans le rouge. Prendre l'autocar représentait une perte supplémentaire de contrôle, s'abandonner aux mains du destin, ou du moins d'un chauffeur manquant de sommeil. La seule raison pour laquelle elle avait accepté - outre qu'elle voulait éviter toute bagarre - était qu'elle n'aurait pas à redouter que Art colle au train des gens devant lui pendant tout le trajet par ce temps, mais, évidemment, elle se garda bien de le dire.
Résumé : Pennsylvanie, hiver 1974. Une petite ville sans histoire. Des coups de feu claquent, étouffés par la neige. Annie Marchand vient d'être abattue en plein jour par son mari. Arthur Parkinson a quatorze ans. Lorsqu'il entend les détonations, son c?ur se brise: il sait que l'irrémédiable s'est produit. Annie, qu'il aimait en secret, est partie à jamais. Comme son père, qui décide subitement de quitter la maison familiale. Pourquoi Annie a-t-elle été assassinée? Pourquoi chacun s'acharne-t-il à détruire ce qu'il aime? Comment trouver sa voie dans un monde où tout ce à quoi l'on croyait se dérobe et s'effrite? Quinze ans après, Arthur s'interroge et démêle peu à peu l'enchevêtrement des fils tissés par le Destin. Avec ce premier roman, Stewart O'Nan s'affirme comme un conteur exceptionnel. Explorateur d'une Amérique profonde dont rien ne peut combler le vide spirituel, il porte un regard sensible sur ses tragédies ordinaires. Stewart O'Nan a été distingué par la revue Granta comme l'un des vingt meilleurs jeunes écrivains américains actuels.
Résumé : Friendship, dans le Wisconsin. Jacob Hansen sillonne à bicyclette cette ville dont il est le shérif, le pasteur et aussi l'embaumeur. Il aime les journées éclatantes, alanguies, de l'été. La découverte dans le bois d'un soldat mort interrompt cette quiétude. Sans doute le jeune homme errait-il depuis la fin de la guerre de Sécession. Jacob Hansen se souvient de cette guerre, il en est revenu avec une phobie des chevaux et une fascination pour les morts. Lorsqu'il ramène le corps chez Doc Guterson, celui-ci est formel : c'est la diphtérie qui l'a tué, il faut éviter l'épidémie. En dépit de ces recommandations, Jacob embaume le corps du soldat. Le mal frappe les siens et se répand dans la ville, tandis que l'incendie qui embrase l'horizon depuis quelques jours se rapproche. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-François Ménard
Résumé : En 1937, tout va mal pour Francis Scott Fitzgerald. Sa chère Zelda est internée. Ruiné, alcoolique, l'écrivain joue sa dernière carte et débarque à Hollywood comme scénariste pour la Metro Goldwyn Mayer. Ses collègues se nomment Dorothy Parker, Ernest Hemingway, Humphrey Bogart... Un soir, il croise La ravissante Sheilah Graham. Comment continuer à vivre quand le monde s'effrite autour de soi ?
Résumé : La Navy vient juste de reprendre Guadalcanal quand James et Anne Langer s'installent à Long Island. Leur fils aîné, Rennie, est parti là-bas, très loin, dans le Pacifique, où il se bat contre les Japonais. Leur guerre à eux est d'un autre ordre, plus intime. C'est la guerre que les hommes et les femmes mènent contre le temps, l'usure des corps et des âmes. Ce livre est donc le récit d'une victoire incertaine et d'une défaite annoncée. Pendant ce temps, la vie continue. On va au cinéma voir des films avec William Bendix et Ann Sheridan. Les femmes participent à l'effort de guerre. Elles sont infirmières ou travaillent en usine, elles lisent Ambre et se coiffent à la Veronica Lake. Et les matins sont bleus sur les dunes de Long Island. Quand Rennie est porté disparu, son jeune frère commence à faire des cauchemars. Il ne peut savoir que le pire est encore à venir. Avec un sens aigu du détail et du suspens, Stewart O'Nan raconte l'éclatement de cette famille - détruite par la maladie, l'infidélité et la guerre -, et ses tentatives de réconciliation. C'est aussi le portrait lyrique et précis d'une Amérique perdue, avec ses étés brûlants, ses ritournelles et ses marques démodées, à une époque où les guerres n'étaient pas encore froides.
Résumé : Depuis les années 2000, les sexualités féminines sont sorties du silence grâce aux séries télévisées : après Sex and The City, les productions les plus récentes ambitionnent de raconter la singularité de l'expérience des femmes. En quatre chapitres, Sex and The Series explore les métaphores et les schémas inédits que proposent ces séries récentes, et la révolution télévisuelle que nous vivons : comment le "regard masculin" est-il transformé ou contredit ? Quelles nouvelles narrations nous sont proposées ? Erudit, malicieux, cet essai détonant est également un éloge de notre plaisir de téléspectateur.
Résumé : "Le chant glacé et mélodieux de la rivière, sa peur, le poids terrible d'une attente folle entre les remparts des montagnes qui la cernent, mais quelle attente cette épée qu'elle pressent toujours, suspendue dans la nuit des arbres qui l'écrase ? sur son coeur blanc, sa tête rousse de gibier des bois. Oh que tout éclate enfin pour que tout s'arrête". Pour Rosalinde, c'est l'été de tous les dangers. Dans ce village où l'a menée son errance, quelque part en Provence, elle est une saisonnière parmi d'autres. Travailler dans les champs jusqu'à l'épuisement ; résister au désir des hommes, et parfois y céder ; répondre à leur violence ; s'abrutir d'alcool ; tout cela n'est rien à côté de ce qui l'attend. L'amitié ? l'amour ? ? d'une autre femme lui donne un moment le sentiment qu'un apaisement est possible. Mais ce n'est qu'une illusion.
Résumé : A 26 ans, après avoir terminé de brillantes études de philosophie, Théodore-James Libski ne sait plus quoi faire de sa vie. Par dépit (ou par obéissance ? ), il accepte la proposition de son père, haut fonctionnaire aux Nations-unies : prendre part à une expédition autour du monde à la rencontre des espèces animales migratrices. Il s'embarque donc sur l'Izoard, un bateau à l'équipage haut en couleur : les scientifiques y côtoient des artistes et divers originaux. Ensemble, ils longeront les côtes flamandes, l'Alaska, le Japon... ils apercevront des phoques, des petits poissons parasites, le dernier pigeon migrateur. Ils essuieront une mutinerie causée par le végétarisme d'une partie de l'équipe, croiseront une star réfugiée sur les glaciers, suivront la trace d'une baleine très solitaire... Ce voyage aidera-t-il Théodore-James à trouver une place dans le monde ? Ou bien cette entreprise était-elle dès l'origine vouée à l'échec ? Au contact des animaux, devient-on plus humain, plus sensible ?
Résumé : Décembre 1930, vacances de Noël. Gibbsville, petite bourgade tranquille de Pennsylvanie, est en pleine effervescence. On y danse et on y boit, dans les bars louches comme dans le milieu très fermé de l'élite locale. Parmi les membres de cette élite se trouvent Julian et Caroline English. En pleine réception, Julian lance le contenu de son verre à la figure de Harry Reilly, sans raison apparente... simplement par agacement. Sans qu'il le sache, ce geste impulsif vient de précipiter Julian English dans une spirale autodestructrice qui va durer quarante-huit heures : après avoir cherché secours dans l'amour de sa femme et de ses amis, dans l'alcool, dans la fuite, il aura finalement à se rendre à ce " rendez-vous à Samarra ", qui est un rendez-vous avec la mort.
Herzog est le roman d?un homme en plein effondrement. Le contexte historique est celui de l?époque où écrit Bellow: le mur de Berlin, la décolonisation, l?exploration de l?espace? Moses Herzog, lui, s?enfonce dans la mélancolie, fait le tour de ses malheurs en quête d?un sens qui lui serait dérobé. Hanté par ses désordres privés, il ne l?est pas moins par la duplicité de la vie publique et par un sentiment d?universelle défaite morale. Ce n?est pas seulement la question de son seul destin qu?Herzog veut résoudre, il voudrait tirer les hommes de leur coma.Sa colère contre Mady, sa seconde épouse partie avec son meilleur ami, un bellâtre rouquin, minable poète à jambe de bois, entrave son généreux projet. Mais Herzog ne se laisse pas démonter: pour faire connaître au monde le contenu de ses accusations fortement argumentées, il écrit. D?abord à ses amis, à ses épouses, au pape, à Eisenhower, aux psychiatres, au « Monsignor » qui a converti Mady au christianisme, à Sono sa maîtresse japonaise. Puis, à mesure que son état de souffrance s?aggrave, il s?adresse aussi aux morts: à sa mère dont il a négligé la tombe, à Spinoza avec lequel il se querelle, à Nietzsche auquel il tient à dire son fait, et finalement à Dieu. Le rythme des lettres, de plus en plus comiques à mesure que Herzog se dégrade, scande tout le roman. Mais les personnages deviennent aussi de plus en plus comiques et délabrés?La virtuosité avec laquelle sont traités les flux et reflux de la conscience, la manière dont ils convergent puis se défont au gré des circonstances, emporte le lecteur: c?est au prix de ce combat de gladiateur que, dans le sillage d?Herzog, nous apprenons ce que signifie d?accéder pleinement à l?humanité.La Planète de Mr Sammler: Mr Sammler est un universitaire, un Juif polonais spécialiste de poésie anglaise. Il est un survivant de l?extermination, resté vivant sous un tas de cadavres. Il s'est caché dans la forêt, il a tué, il a perdu un oeil. C?est son neveu qui a réussi à le faire venir à New York.Tout commence dans un autobus à Broadway où, pour le malheur de Mr Sammler, son unique oeil valide aperçoit ce qu?il ne devrait pas voir: un pickpocket noir en train de commettre un vol. Cet oeil fait comme s?il n?avait rien vu. Mais le Noir a vu qu?il voyait. La tension dramatique est déjà là. Nous supposons que ce qui va suivre sera horrible, et c?est horrible. Mr Sammler, qui a alors plus de 70 ans, n?imagine pourtant pas qu?après ce qu?il a vécu, il aurait droit à un peu de paix. Il sait que la coupe de la folie du monde est toujours sur le point de déborder. C?est par sa force intérieure qui lui a permis de survivre que Mr Sammler retient le monde, la première et dernière de ses convictions étant que la culture peut apporter une rémission, faute de rédemption. Mr Sammler n?a pas renoncé après la fosse commune, il ne renoncera pas davantage à New York, même si la folie est partout. En tête, sa fille, authentique cas psychiatrique, et son gendre israélien: Mr Sammler devra interposer son corps de vieillard mutilé pour les empêcher d?achever le voleur. Et son généreux neveu a fait fortune en pratiquant des avortements illégaux. Ainsi va l?Amérique, terre de tous les espoirs? D?instant en instant, Mr Sammler doit accomplir sa reconstruction mentale pour trouver la force de continuer à vivre.
Le temps n'est que la rivière où je m'en vais pêcher. Je bois son eau; et tout en buvant, je vois le fond sablonneux et remarque comme il est peu profond. Son faible courant entraîne toutes choses, mais l'éternité demeure. J'aimerais boire plus profond; pêcher dans le ciel, dont le fond caillouteux est semé d'étoiles. Je ne peux compter jusqu'à un. Je ne connais pas la première lettre de l'alphabet. J'ai toujours regretté de ne pas être aussi sage que le jour de ma naissance.
Résumé : Si Truman Capote est surtout connu pour deux titres, De sang-froid et Petit déjeuner chez Tiffany, il fut extraordinairement doué pour des genres très variés : romans, nouvelles, journalisme, enquêtes, portraits sont connus. Mais il mérite tout autant d'être redécouvert comme auteur de récits de voyage, de scénarios, de pièces de théâtre, et même d'une comédie musicale. Ses entretiens comme sa correspondance, sont émaillés de phrases cinglantes - on le traitait volontiers de langue de vipère... - qui, avec le recul du temps, semblent le plus souvent pertinentes malgré leur extrême méchanceté : il écrit ainsi à propos d'un roman qui vient de paraître " J'ai sûrement lu pire, mais je ne m'en souviens pas "... Cet homme immensément cultivé fut aussi l'un des pionniers, sinon l'inventeur, d'un genre littéraire, avec De sang-froid qui répond à un défi : " transformer la vérité en fiction ou la fiction en vérité ". Il aura beaucoup d'imitateurs, mais peu parviendront à atteindre la même profondeur. Enfin, ce " solitaire mondain " a connu " tout le monde " en Europe et aux Etats-Unis, a été photographié par les plus grands photographes (Richard Avedon, Cartier-Bresson ou le futur lord Snowdon), était présent dans les shows de télévision et dans les pages de Playboy et de Vanity Fair. À travers ses écrits comme à travers les documents présentés dans le " Vie et oeuvre " c'est tout le milieu littéraire et artistique de son temps qui revit.
Le passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé." (William Faulkner)Voici trente ans que Billie James n'a pas remis les pieds dans le Mississippi. Un sacré tempérament, quelques dollars en poche et son chien Rufus au bout de sa laisse, elle débarque à Greendale et s'installe dans une bicoque décrépite où vécut autrefois son père. Ce dernier, poète noir de renom, est mort de manière accidentelle alors que Billie n'avait que quatre ans. La petite fille était présente au moment du drame, mais n'en a conservé aucun souvenir.Alors que les voisins font preuve d'un comportement étrange, que des rumeurs circulent, laissant soupçonner une tout autre vérité quant à la mort du père de Billie, celle-ci mène son enquête, aidée par son oncle et un drôle d'olibrius universitaire. Ensemble, ils vont exhumer de lourds secrets, dévoilant peu à peu l'histoire de ses origines mais aussi, en toile de fond, celle d'un pays marqué par les blessures toujours à vif de la ségrégation.Campé dans le décor à la fois somptueux et inquiétant du Sud profond, le premier roman de Chanelle Benz fourbit les armes du polar pour nous raconter ce qu'a été - et ce qu'est encore - l'Amérique tourmentée par les spectres les plus sombres de son Histoire.Traduit de l'anglais par David FauquembergChanelle Benz, britannique et antiguaise d'origine, vit et enseigne aujourd'hui à Memphis, dans le Tennessee. Elle est diplômée de l'université de Syracuse, où elle a eu pour mentor l'écrivain George Saunders, qui a salué en elle " une nouvelle voix sidérante de la fiction américaine ", et a également étudié l'art dramatique à l'université de Boston. Après un virtuose premier recueil de nouvelles, Dans la grande violence de la joie (Seuil, 2018), elle signe avec Rien dans la nuit que des fantômes son premier roman.