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Un Coeur fanatique
O'Brien Edna
FAYARD
38,15 €
Épuisé
EAN :9782213017365
Les années passent ; tout se remplace, et tout le monde. Ceux que nous connaissions, bien qu'absents, demeurent inextricablement amalgamés à des gens nouveaux, de sorte que chaque personne est à nos yeux la somme de beaucoup d'autres, et que l'on croirait ouvrir une succession de boîtes où l'original est à jamais caché. [... ] Je suis loin de ceux avec lesquels je me trouve, et loin de ceux que j'ai quittés. La nuit, je jouis de cet éloignement. Au matin je touche une table ou une tasse à thé pour m'assurer qu'il s'agit bien d'une table ou d'une tasse à thé, je lui parle, j'arrose les fleurs et leur parle, je me dis combien les fleurs sont tendres, et les bois et la fumée de bois, et peut-être combien mes nouveaux amis sont tendres, mais que, pareils à moi, ils sont déterminés à se dissimuler. Aucun de nous jamais ne révèle d'où il vient ni ce qui le hante. Peut-être sommes-nous désorientés ou honteux. " Edna O'Brien a passé son enfance en Irlande, dans le comté de Clare. A Londres, où elle s'installe très jeune, elle commence à écrire : des romans d'abord (dont une trilogie à paraître prochainement en français), puis des recueils de nouvelles, enfin plusieurs pièces de théâtre, qui sont jouées tant à New York qu'à Londres, et de nombreux scénarios.
De tous les chants d'amour _ d'amour-haine ? _ qu'Edna O'Brien a, en plus de trente ans, dédiés à son pays, les Païens d'Irlande est sans doute le plus poignant, car la narratrice en est une petite fille dont la silhouette, vue en filigrane, ressemblerait fort à celle de l'auteur enfant. La terre qu'elle décrit, c'est l'Irlande rurale et pauvre, païenne, bornée, superstitieuse, qui résiste encore _ pour combien de temps ? _ au déferlement du monde moderne. C'est le village où l'enfant a grandi, entre un père ivrogne, hâbleur, éleveur de chevaux malchanceux, et une mère sensible, résignée, pathétique dans ses dérisoires mouvements de révolte. C'est le pays de tante Bride, qui croit encore à l'amour ; d'Ambie, qui a engrossé la bonne du docteur et pratique mieux que quiconque l'art d'égorger les cochons ; du " Nègre " qui fait des propositions malhonnêtes aux filles de l'école ; du prêtre qui élève des lévriers en cachette et leur donne des noms de femmes ; de Miss Davitt, l'institutrice, qui se jette dans le lac le jour où on l'emmène à l'asile... Lyrique et réaliste à la fois, superbement impudique, les Païens d'Irlande charrie un flot d'émotions, d'impressions et d'images unique car né de la souffrance du souvenir. Edna O'Brien est née en Irlande, dans le comté de Clare, mais c'est à Londres, où elle s'installe très jeune, qu'elle commence à écrire. Elle est l'auteur de nombreux romans, dont sa trilogie des Filles de la campagne, Qui étais-tu, Johnny ? , les Victimes de la paix, Nuit, Vents et Marées, la Maison du splendide isolement, des recueils de nouvelles Un coeur fanatique et Lanterne magique, enfin de scénarios et de pièces de théâtre.
Résumé : Séparée de son mari, Ellen vit avec son jeune fils dans une banlieue de Londres. Au début d'août, le père et le fils partent camper dans le Pays de Galles. Ellen, restée seule, disponible, décide de s'évader sur la Côte d'Azur, de s'amuser follement, moins par ennui ou désespoir que par vif désir de vivre. La vie dont elle rêvait commence bientôt avec une gigantesque "party" organisée par un groupe d'Américains. Après une nuit débridée, elle apprend la mort accidentelle de son fils. Cynique, elle reste sur la Riviera dans les bras d'un play-boy. Un mois plus tard, c'est une femme sans mari, sans enfant, sans amant qui rentre à Londres. Mais elle est bien vivante, libérée de tout et peut-être plus forte qu'avant son joli mois d'août.
Résumé : C'était une ville étrange qui, pareille à une créature préhistorique, paraissait avoir surgi brusquement dans la vallée par une nuit d'hiver pour escalader avec peine le flanc de la montagne. Tout, dans cette ville, était ancien et de pierre, depuis les rues et les fontaines jusqu'aux toits des grandes maisons séculaires, couverts de plaques de pierre grise semblables à de gigantesques écailles. On avait de la peine à croire que sous cette puissante carapace subsistait et se reproduisait la chair tendre de la vie. Oui, c'était une ville tout ce qu'il y avait d'étrange. Quand on marchait dans la rue, on pouvait par endroits, en étendant un peu le bras, accrocher son chapeau à la pointe d'un minaret. Bien des choses y étaient singulières et beaucoup semblaient appartenir au royaume des songes. Préservant à grand mal la vie humaine dans ses membres et sous sa carapace de pierre, elle ne lui en causait pas moins bien des peines, des écorchures et des plaies, mais quoi de plus naturel, puisque c'était une ville de pierre et que son contact était rugueux et glacial. Non, ce n'était pas facile d'être enfant dans cette ville-là.
Résumé : Il s'appelle Sainte-Marie-du-Mont, village posé au bord de la Manche, à la base de la presqu'île du Cotentin. C'est le personnage de ce livre. La plage est commode. En l'an 900, le Viking Vieul Aux Epaules y jeta ses drakkars. Dix siècles plus tard, l'Américain Eisenhower lança sur elle ses barges ; depuis, on la nomme Utah Beach. Juché sur la colline, le bourg essuie depuis toujours les tempêtes magistrales : guerre de Cent Ans, guerres de religion, révolutions, occupations... Il n'est pratiquement pas d'événement majeur qui n'ait laissé sa trace sur ce coin de bocage enclavé dans ses haies, de sorte que la chronique communale ne cesse de renvoyer à l'histoire de France. Mais aujourd'hui comme hier, les gens d'ici vivent à leur pas, car l'Histoire est peu de chose, au bout du compte, auprès des histoires qui tissent la trame des jours ordinaires.
Le nouveau monde de l'oncle Henry La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d'histoire et de diplomatie d'Henry Kissinger détruit cette illusion: l'Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d'action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu'illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d'équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en "délicatesse". Cette révision déchirante concerne d'abord le rêve américain de sécurité collective: incarné pendant près d'un siècle par Woodrow Wilson, l'architecte de la paix de Versailles, il se nourrit de grands principes (l'autodétermination), de volonté de coopération, de partage des valeurs (américaines) et du respect du droit international. Cette doctrine prenait le contre-pied d'une conception européenne qui avait dominé les affaires internationales pendant près de trois siècles avant de s'effondrer. Richelieu, Metternich et Bismarck avaient inventé les concepts d'Etat-nation et de souveraineté, dans un équilibre où chacun, toujours prêt au conflit, se déterminait selon son intérêt national et sa marge de manoeuvre. Or la doctrine wilsonienne n'est plus pertinente, et le nouvel ordre "ressemblera davantage aux systèmes étatiques des xviiie et xixe siècles qu'aux schémas rigides de la guerre froide". Il comprendra cinq ou six grandes puissances - les États-Unis, la Chine, la Russie, le Japon, l'Europe (si elle est unie) et peut-être l'Inde -, entre lesquelles s'établira un jeu mouvant. Et l'ancien conseiller des princes conclut sa grande fresque en suggérant à Bill Clinton de s'intéresser "au style de Bismarck". Les solutions les plus inventives, affirme-t-il, consisteront à "construire des structures mixtes, en chevauchement", fondées sur des principes, des préoccupations de sécurité, ou des intérêts économiques communs. Mais le rodage de ce système, dit-il, "prendra sans doute plusieurs décennies"... --Vincent Giret--
Carnages. Des millions de morts dont le décompte pourrait avoisiner celui des victimes de toutes les guerres depuis 1945. Qui en parle? Qui s?intéresse à ces « carnages incompréhensibles »? Rwanda, Kivu, Sud-Soudan, Somalie, Darfour? Invoquer la folie des hommes ne fournit aucune clé d?interprétation; et l?on ne peut pas se contenter de regarder l?Afrique sous le seul angle des Droits de l?homme ou de la Françafrique.Étonnamment, ces conflits majeurs n?ont jamais été appréhendés dans leur globalité. Qui ont été les soutiens, voire les promoteurs de toutes ces guerres? Quels intérêts ont-elles servis? À contre-courant de tout ce qui s?écrit sur l?Afrique, Pierre Péan expose les logiques stratégiques qui visent à remodeler l?Afrique, et dont les « dégâts collatéraux » ont été d?une ampleur inédite et tragique.Il nous révèle ainsi les dessous du Grand Jeu africain des puissances occidentales et les affrontements feutrés entre elles. Après la chute du mur de Berlin, les États-Unis, aidés notamment de la Grande-Bretagne et d?Israël, ont décidé d?étendre leurs aires d?influence sur le continent africain, en réduisant notamment le pré carré français. L?instauration du nouvel ordre mondial y a été d?autant plus profonde que l?Afrique est devenue un des principaux terrains du « choc des civilisations » qui a installé, avant le 11-Septembre, l?Est africain dans l?espace conflictuel du Proche-Orient. Les regards braqués sur le Grand Moyen-Orient n?ont pas vu que le Soudan était devenu pour Israël et pour les États-Unis un pays potentiellement aussi dangereux que l?Iran: il fallait donc « contenir » et diviser le plus grand pays d?Afrique.Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, la France, le Canada, la Belgique et plus récemment la Chine ont été les belligérants fantômes de ce conflit. Il est temps que l?on tire au clair les responsabilités des uns et des autres. Pierre Péan est écrivain et enquêteur. On lui doit notamment Une jeunesse française: François Mitterrand (Fayard, 1994), La Face cachée du Monde (avec Philippe Cohen, Mille et une nuits, 2003); Noires fureurs, blancs menteurs (Mille et une nuits, 2005), Le Monde selon K (Fayard, 2009).