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Le vrai sang
Novarina Valère
POL
18,75 €
Épuisé
EAN :9782818012772
1. Entrez, enfant théorique. L'ENFANT THÉORIQUE. L'homme au chiffre parle avant. Aux pierres, à l'asphalte! Cirque prémonitoire. Prémonitions de cirque: enlevage d'une échelle; marteau porté sur le billot par l'ouvrier. Cirque prémonitoire: savoir tout sans langage. C'est la main qui parle! Se débarrasser des objets comme des mots. Rébus contre le langage. Observer l'offensive verbale des mots. Anatomie théomaniaque: symptômes... Mesure ceci et cela: descriptions d'objets mentaux. Au centre de l'univers, un point ici et le point du ici. Vue d'une loterie dont la roue n'indiquerait, ne montrerait, ne désignerait, ne choisirait jamais que le 8. Arrivée des maisons ou des autos ou les deux à la fois, avec la machine déjà emmêlée dedans: et les ventes. Idéal de clarté. Et surtout commencer net! Mettre fin à ce journal: en passant tout à l'acte! S'interdire toute activité non manuelle. Développer quatre ou cinq scènes plus longues, quatre ou cinq rosaces en tournoiement, quatre ou cinq monologals. Schéma du récitatif: isidoresques indications du dispositif spatial et notes sur l'atelier spatié actuel qui est un prisme de langue. Méthode prismatique. Voie prismatique. Travailler semaine par semaine: six jours plus un. Retrouver le bois, la main. Les portes, le coup de dé, les personnages de la pensée. Iles et rhétoriques rythmiques: liberté du récit. Cependant, tracer des personnages. La grammaire théâtrale de la page: espace et rythme actifs, agissants. Concentration, dilatation. Temps spasmal. Joie catastrophique. Précipités sur précipités. Il n'y a qu'ouvert qu'il détienne des secrets. Temps chronique et temps rythmique. Le rythme et les structures rimées de la conscience. Aujourd'hui, jour du niement, le jour du miettement, jour de détruire. Quelque chose de l'action à vif du langage pouvant être saisi: le langage capturé vivant. Gestes des logoclastes.
L'un des dramaturges les plus représentés en France, aujourd'hui, est sans doute celui qui bouleverse le plus radicalement les certitudes théâtrales, se jouant des règles comme du caractère des personnages ou de la conduite de l'intrigue. C'est que son projet est autre : pour lui, la scène où tout naît et s'accomplit appartient au langage lui-même. En cela son aventure s'apparente à celle de la poésie, puisque son écriture, où qu'elle se donne à entendre, affronte et régénère la matière verbale, multiplie les questionnements, piège les stéréotypes, pratique, non pas le dérèglement de tous les sens, mais la mise en déroute du sens commun, de l'habitude dont les mots, les phrases et les discours sont lestés". Le drame de la vie", c'est celui d'Adam et de tous les hommes engendrés à sa suite qui se demandent : "D'où vient qu'on parle ? " Valère Novarina répond par une suite ininterrompue de vertiges, d'échos qui, de proche en proche, prolifèrent, se changeant en rumeur de vocables et de signes, livrent des énumérations sans fin, comme si la survie même du genre humain tenait à cette prolifération en perpétuelle expansion. L'apparente gravité du sujet, les énigmes et les abîmes soudain dévoilés se défient pourtant de toute grandiloquence. Pour être irrémédiable, le drame de la vie n'en est pas moins cocasse. Et le chaos, pour être lui aussi structuré comme un langage, peut être décidément joyeux.
Huit employés, tellement privés d'identité qu'ils sont appelés dans la pièce par les lettres de l'alphabet, vivent sous la parfaite domination des époux Boucot. Les patrons sont obsédés par la peur d'une révolte des travailleurs et élaborent divers stratagèmes pour contrôler tous les aspects de leur vie, et principalement le langage. L'Atelier volant est la première pièce de Valère Novarina. Elle a été écrite de février 1968 à novembre 1970 et publiée dan le n° 5 de Travail Théâtral. Elle a été créée en 1974, à Suresnes, dans une mise en scène de Jean-Pierre Sarrazac.
Ensemble - plus que recueil- de 9 textes, "La quatrième personne du singulier" fait partie de ces livres "théoriques" (mais tout aussi lyriques que théoriques) grâce auxquels Valère Novarina fait régulièrement le point sur son travail. Ici, les thèmes sont identiques à ceux des précédents ouvrages du même type ("Le théâtre des paroles", "Lumières du corps", "L'Envers de l'esprit"). Peut-être y est-il un peu plus emporté, flamboyant, qu'il s'agisse de parler de la langue (et singulièrement du patois, dans l'extraordinaire texte d'ouverture), du théâtre toujours, de l'acteur, du sacré. "Le théâtre peut opérer au fond de nous la rare division mentale: il nous ouvre, par une suite de joies libres, par scènes déchaînées et par un soudain chemin plus court ce qui était grammaticalement interdit dans toutes les langues: la quatrième personne du singulier. Je tu il et moi toi lui tournent en ronde infernale s'ils ne s'ouvrent à la quatrième personne du singulier. moteur invisible, délivreur du drame pronominal: comme dans le Livre de Daniel, les trois Hébreux dans la fournaise: un quatrième est avec eux."
Résumé : "J'essaie peut-être de dire une chose impossible : être où je ne suis pas, parler avec les morts, aimer une inconnue. J'essaie, penché sur l'image, de fixer le point où la fiction prend corps. Des histoires liées à la photographie, au cinéma, à des images qui hantent la mémoire ; des récits en train de s'écrire, des enquêtes en train d'être menées, des scènes en train de se filmer ; des études de cas : Antonioni, Gus Van Sant, Chris Marker, Giacometti, Stendhal, Duras¿ Au fond de toute image, de tout récit, il s'agit avant tout de saisir l'absence, d'écrire la disparition". Bertrand Schefer.
4e de couverture : L'espérance de vie de l'amour, c'est huit ans. Pour la haine, comptez plutôt vingt. La seule chose qui dure toujours, c'est l'enfance, quand elle s'est mal passée.
Résumé : "Un crime a été commis et c'est passionnant, on voudrait savoir qui a fait ça, qui a pris sur soi pour faire ça parce que ce n'est pas un acte banal, même pour un assassin, de tuer quelqu'un. Et dans une scène pornographique aussi, on est avide de se tenir au courant, qui fait quoi et pour quel bénéfice. Et dans un conte de fées, qui des fées, des princesses ou des animaux tire le plus de plaisir et de souffrance ? Et ma place au milieu de ça, moi, qui que je sois ? "
Résumé : Augustin aime la propreté car il se rêve ordinaire et sain. Il collectionne les slips car il rêve de caresses. Mais ses élans d'affection sont généralement mal perçus et les femmes qu'il convoite peinent à consentir. Il lui faut donc forcer un peu le destin. La morale commune lui échappe et sa vie repose sur un malentendu : il ne veut pas faire de mal, juste se faire du bien.