Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Biarritz Paradiso
Nori Claude ; Desplanques Erwan
CONTREJOUR
30,00 €
Épuisé
EAN :9791090294585
Biarritz n'est pas qu'une station balnéaire, c'est un théâtre ouvert sur le monde sauvage, un cinéma d'apocalypse en même temps qu'une terre d'élection pour les épiphanies. Un paradis paradoxal, en somme, qui porte sa propre nostalgie tout en donnant accès au fameux "sentiment océanique" cher à Freud, c'est-à-dire à une promesse métaphysique. Claude Nori s'y est installé en 1999 pour y être heureux et en faire son territoire rêvé qu'il photographie, doublé d'une nostalgie créative. La dolce vita italienne qu'il a maintes fois mise en avant dans ses livres se manifeste quelquefois sur les plages bordant l'océan comme un mirage étincelant. Biarritz devient alors Paradiso. Mais c'est Jacques-Henri Lartigue qui a inspiré la plupart de ses images. L'été, il se baignait tous les jours sur la plage du Port-Vieux. Un siècle plus tard, Nori perpétue la tradition, de même qu'il traque l'ombre de son aîné dans ses propres images, marchant sur ses traces, entre l'Hôtel du Palais et le Rocher de la Vierge, photographiant les petits miracles qui survivent à l'épreuve du temps. Des gestes, des reliques. Un fragment d'éternité fixé dans un sourire adolescent, la complicité d'Isabelle, la femme aimée ou la voussure d'un homme contemplant les vagues. Les deux ont finalement porté la photographie à son plus haut degré de délicatesse et d'incandescence, archivant les joies simples de l'enfance, les accélérations du présent, la griserie des bains de mer et la folle beauté des instants vulnérables. Pour Claude Nori, la vocation de capter la vie au présent est moins un témoignage d'insouciance qu'une façon élégante et polie d'enregistrer la disparition en cours. Erwan Desplanques se joint au livre afin de célébrer les deux artistes tout en évoquant ses jeunes années à Biarritz où il découvrit son métier de journaliste et sa vocation d'écrivain. Né en 1980, il a publié trois livres aux éditions de L'Olivier, dont L'Amérique derrière moi, prix Récamier 2019. Il est également commissaire d'exposition et critique littéraire à Sud-Ouest. Claude Nori photographe, écrivain à ses heures et quelques fois cinéaste a inventé la Photobiographie et ne cesse de surfer sur les vagues de son existence à la recherche d'épiphanies liées à l'enfance, aux amours balnéaires, aux flirts d'un été italien dont plusieurs de ses livres se font l'écho. En 2011, il avait déjà publié Jours heureux au Pays basque aujourd'hui introuvable. A travers ses nombreux albums, Jacques Henri Lartigue (1986-1894) relata avec des images d'une grande liberté formelle et des textes vifs et poétiques sa vie familiale, la société mondaine de la Belle Epoque, les premiers temps de l'aviation et l'ambiance sensuelle des lieux de villégiature où il séjournait les beaux jours. Biarritz Paradiso est également le titre d'une exposition organisée à la galerie Arrêt sur l'image, à Bordeaux, en septembre 2023.
Claude, photographe, rencontre Laura, photographe. Il est français, elle est américaine, ils ont de la vie et de l'amour une idée, une passion, un "oeil" : celui qui voit vite et qui rend tout rapide, qui fait tout embrasser comme si cela devait être perdu à l'instant ; un oeil qui braque et qui cadre en une fraction de seconde et qui "prend" tout. Cette idée (de la vie), cette passion (de tout ce qui passe), cet embrassement (leurs cris d'amour quand ils s'aiment), voilà précisément le sujet de ce livre unique. Car, il est unique qu'un homme de photo - Claude Nori est l'un des plus perspicaces photographes de sa génération - qui est aussi un homme à femmes qui vit ses amours en "homme pressé" , mitraillant, clichant, cadrant, tirant sans cesse, courant de labo en expo, du Colorado à Rome, décide un jour d'écrire un roman d'amour, alors qu'il est photographe, et de parler de Laura, alors qu'il ne la verra plus, parce qu'elle est rentrée chez elle et que leur liaison n'a été qu'un feu merveilleux. Et il est unique aussi que d'emblée - un mouvement d'appareil comme un autre - un homme et une femme photographes, c'est-à-dire affairés de réel, se soient ainsi retrouvés, comme si de rien n'était, dans une aftaire de fiction.