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120 journées
Noirez Jérôme
CALMANN-LEVY
32,20 €
Épuisé
EAN :9782702142899
JOURNÉE 1Aujourd'hui, il fait moite. Une averse est tombée la veille, durant plusieurs heures, jusqu'au soir où le déluge s'est brusquement arrêté. Et voilà que ce matin le soleil brille intensément dans un ciel sans nuages, et qu'une brume très légère plane au-dessus du sol détrempé. Ninon est allée poser ses fesses sous l'ombre des sapins pour y farfouiller la terre, et je la regarde depuis la fenêtre de mon bureau. Ses cannes maigres repliées contre elle portent toute une collection de bleus, qui d'ailleurs ne sont pas bleus, mais plutôt verts ou beiges... Je crois lui avoir demandé plusieurs fois de jeter ce short immonde, le genre que portent les gosses des bidonvilles quand ils gravissent leurs terrils d'ordures. Je n'ai jamais bien compris pourquoi elle y était aussi attachée et l'enfilait à la moindre occasion. C'est du six ans, elle en a huit, bientôt neuf, on ne peut pas dire, cependant, qu'elle croisse à vue d'oeil. Je ne me rappelle même plus dans quelles circonstances on le lui a acheté.Je vois ses doigts qui grattent le sol à la recherche des bestioles qui y sommeillent. Celles qui sont réveillées gravitent autour de son visage. Ninon est devenue une étoile pour les moucherons. L'humidité montant du sol a commencé à mouiller ses cheveux qui collent à son front et à ses oreilles décollées. Elle a l'air de s'en foutre. Elle ramène de l'humus une larve gigoteuse. Ses doigts sont sales. Elle les passe sur ses joues roses. Pas le rose de la vitalité, plutôt une irritation due à la moiteur et aux insectes. Si j'étais un père soucieux de ses responsabilités, si j'avais acquis la maturité que l'on attend d'un homme de mon âge, maturité que je serais alors censé inoculer d'une voix grondante à plus immature que moi, j'ouvrirais la fenêtre et rappellerais à ma fille qu'elle n'a pas déjeuné, qu'elle s'est habillée n'importe comment, et qu'elle va finir par attraper des vers intestinaux ou le tétanos ou la dengue à fouiller à main nue le terreau brun des conifères. Mais j'adore la voir faire sa crapote, et je l'envie, en fait.Mon ordinateur me bipe. Je retourne m'asseoir devant mon écran. La crapote est en fond, elle sourit, les pieds dans une mare où se noient mes icônes, penchée vers son reflet maculé de lentilles d'eau. Le téléchargement du module est fini. Installe-toi, oui. Un oculus s'ouvre, ou plutôt une espèce de psyché noire dans laquelle je me reflète, ce qui est plutôt désagréable. Un message s'affiche. Mon microphone est reconnu, m'apprend-il. À l'extrémité inférieure de l'ovale, un potentiomètre s'agite à chaque fois que je remue sur ma chaise ou que je me gratte la gorge. Dans la partie supérieure brille une diode rouge. Rien de plus. Aucun paramètre, aucune gestion de fichiers. Mon pare-feu sort de sa torpeur. Il veut savoir si l'on peut faire confiance à ce programme. J'apprécie sa constante méfiance, son côté suricate en alerte. Je le rassure. Tout va bien, tout est sous mon contrôle. Il doit sentir que je lui mens car il met quelques secondes avant d'abdiquer. La diode passe brièvement au vert avant de revenir au rouge. Sur la psyché s'inscrit: Prochaine connexion dans 9 jours 9 heures 37 minutes. On me fait grâce des secondes. Je me demande si, à l'autre bout, ils ont été alertés de la bonne installation du programme. D'une pichenette de souris, je ferme l'oculus qui s'en va se tapir dans la végétation, derrière Ninon et son sourire.Retour à la fenêtre du réel. Ninon n'est plus sous les sapins. Je devine le haut de sa tête qui dépasse derrière le muret en habits de lierre. Elle doit inspecter le potager, enfin, ce que nous appelons le potager, car des légumes chétifs que nous ne cueillons presque jamais y croupissent au milieu d'une multitude de variétés d'herbes. Un piaf s'envole trop rapidement pour que je l'identifie. Il disparaît derrière la haie de ronciers, s'en va pépier chez les voisins.
Résumé : Fichée au milieu de l'En-Dessous comme une lèpre, Caquehan la noire brille d'une sombre lueur. On y entend tout à la fois le fracas de la technole qui régurgite les colifichets mal digérés d'une époque plus faste, les râles du moribond, les soupirs de la putain et, parfois, les rires qui s'échappent des palais. Dans cette ogresque et orgasmique Babylone se débattent Obicion l'officieur, qui enquête sur une jeune fille si sauvagement mutilée qu'on lui voit les os - des os en plastique -, Malgasta la bouffeuse de tyran, Orbarin le roi-charcutier, Meurlon l'esmoigné, Mesvolu le fraselé, ou encore Grenotte et Gourgou, les deux orphelins aux orifices bavards...
Résumé : L'inquisition sainterelloise marche vers la Région du Centre, portant avec elle les reliques du châtiment. N'y aura-t-il que le vieil officier de justice Obicion pour s'opposer à ses desseins ? Dans les profondeurs de l'En-dessous, Charnaille s'éveille à nouveau. Et la petite Grenotte marche en dormant vers un ultime cauchemar : celui de l'Intrafond. Tous, sans exception, iront danser au " Carnaval des Abîmes ", là où l'on éventre même le ciel.
Résumé : De son père, celui qui incarna la légende de Robin des bois quelques années plus tôt. Diane de Loxley a hérité le caractère fougueux et un refus catégorique de l'injustice. La grouillante et cosmopolite Londres de 1212, où elle se rend à ses côtés, va lui offrir un terrain de jeux à la mesure de son goût pour l'aventure. Mais les ennemis de son père, eux, ne jouent pas, et Diane se retrouve à son corps défendant au coeur d'une conspiration mortelle. Pour sauver sa vie et celle de Robin, la jeune femme va devoir se confronter à la plus sombre des réalités. Heureusement, elle n'est pas seule.
Résumé : La guerrière se languit de regagner les grâces de son ancien amant. dont la morphologie abrégée gît dans les geôles gelées du royal logis. Aussi prend-elle aussitôt l'océan pour occire quelque ostensible horreur sise sur un isthme isolé. Sur ces entrefaites, une troupe contrefaite entreprend un périlleux périple à bord d'une voiture plus véloce que le vent, du moins le prétend-on. Et tandis qu'un rimeur revenu à la raison se carapate enfin de sa triste prison, deux enfants entêtés entendent entourlouper leur encombrante amie.
Au coeur des paysages magiques de l'Emilie Romagne, un roman lumineux sur le réinvention de soi et le pouvoir malicieux de l'amour. Eddie, 35 ans, vit seule à Montmartre, dans un minuscule appartement où il lui faut grimper sur une chaise pour tenter d'admirer le dôme du Sacré Coeur Orpheline à seize ans, elle s'est construit une vie de détachement et d'invisibilité, pour tenir le malheur (et le bonheur) à distance. Un jour, un notaire au charmant profil d'aigle ébouriffé, lui annonce qu'elle est l'unique légataire d'un très vieil italien et l'héritière d'une ferme en ruines dans la région de Parme, en Emilie Romagne. Alors qu'elle n'y a jamais songé, Eddie ressent soudain l'envie de fuir Paris, sa vie monotone, de découvrir ses racines. Et coup de tête ou coup de poker pour séduire le charmant notaire, elle décide de s'envoler pour l'Italie. En partant à la découverte de ce mystérieux héritage et en plongeant dans cette merveilleuse région italienne, elle n'imagine pas combien le cours de son existence va se trouver chamboulé. Dans les paysages magiques de l'Emilie Romagne, un roman lumineux et réjouissant sur la réinvention d'une vie et la puissance de l'amour
Le judaïsme libéral trouve-t-il une place légitime au sein du judaïsme? La tradition juive est-elle, par essence, immuable ou est-elle évolutive? Comment le judaïsme libéral comprend-il et interprète-t-il les textes de la tradition? Où trouve-t-il ses racines? Dans quelle mesure les lois ont-elles été influencées par l'Histoire? Un homme, une femme peuvent-ils s'identifier et se référer à une tradition ancestrale et la vivre aujourd'hui? En répondant à soixante-dix questions, Pauline Bebe présente les principes du judaïsme libéral, retrace son histoire, ses origines et ses perspectives, traite des questions de responsabilité et de commandements, de l'égalité des droits et des devoirs entre hommes et femmes, et enfin des rites et des pratiques du judaïsme libéral.
De nature réservée, Julien Clerc doit pourtant ses débuts à son audace : à dix-sept ans, alors qu?il fait du camping en Corse, il se propose comme chanteur dans un groupe pour un concert au Bout du monde. Il n?a encore jamais chanté de sa vie. Trois ans plus tard, attablé à L?Écritoire, un café parisien place de la Sorbonne, il se lève et déclare à voix haute qu?il cherche un auteur. Un homme répond, c?est Étienne Roda-Gil.S?ensuit une carrière éblouissante, jalonnée de tubes : de La Cavalerie à La Jupe en laine en passant par Ce n?est rien, Ma préférence, Femmes je vous aime ou encore Mélissa?Personnage discret et jaloux de sa vie privée, Julien Clerc accepte pour la première fois de se livrer dans cette biographie écrite par Sophie Delassein. Ce mélodiste surdoué nous raconte les coulisses de son métier et aborde avec beaucoup de pudeur sa « double enfance », liée au divorce de ses parents, mais aussi sa vie sentimentale, ses idylles avec France Gall et Miou-Miou.UNE BIOGRAPHIE INTIMISTE QUI RETRACELE PARCOURS D?UN ARTISTE EXIGEANT. Notes Biographiques : Sophie Delassein est journaliste au service culture du Nouvel Observateur, en charge de la chanson française. Grâce à ses heures d?entretiens avec l?artiste, elle a glané de nombreuses anecdotes inédites, enrichies par de précieux témoignages (Carla Bruni, Jean-Loup Dabadie, Françoise Hardy, Bertrand de Labbey, Maxime Le Forestier, Luc Plamondon?).
Le grand retour romanesque de l'auteure de Mange, prie, aime. 1940. Vivian Morris, 19 ans, fille de bonne famille, est en échec scolaire. Elle est envoyée à New York vivre avec sa tante Peg, propriétaire d'un théâtre grand public à Times Square. Là, Vivian découvre ébahie le monde du spectacle, fantasque et trépident. Elle observe la vie des artistes, danseuses, musiciens et stars du cinéma. Très douée pour la couture, Vivian se met alors à créer tous leurs costumes. Mais aussi à se libérer du carcan familial, en enchaînant les rencontres avec sa nouvelle amie Celia, une sublime showgirl aux moeurs très légères. Cependant, Vivian commet le faux-pas lors d'une nuit arrosée qui devient un scandale et qui la force à retourner chez ses parents. Mais après des fiançailles rompues, elle décide de retourner à New York pour reconstruire son existence en montant une boutique de robes de mariées, alors que la guerre éclate.
Résumé : A Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l'Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l'arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l'apprentissage du mensonge. Partant d'un univers familial, Alain Mabanckou élargit vite le cercle et nous fait entrer dans la grande fresque du colonialisme, de la décolonisation et des impasses du continent africain, dont le Congo est ici la métaphore puissante et douloureuse. Mêlant l'intimisme et la tragédie politique, il explore les nuances de l'âme humaine à travers le regard naïf d'un adolescent qui, d'un coup, apprend la vie et son prix.
Résumé : A Vitry-sur-Seine, Sihem, jeune franco-algérienne de 23 ans, fait sa rentrée en première au microlycée, un établissement pour élèves décrocheurs. Elle loge à la résidence autonomie Auguste Blanqui, où elle fait la connaissance d'Emile, dit Zapata, un vieux révolutionnaire de 82 ans. Sihem ne croit pas en une société qui, pense-t-elle, ne lui offre pas d'avenir. Zapata cherche un sens à sa vie qui s'achève. Hélène, la professeure de français de Sihem, et Rose, la directrice de la résidence, sont les témoins complices de l'amitié naissante entre ces deux écorchés. A l'aube et au crépuscule de leur chemin, ils prendront ensemble leur envol. Sur l'autre rive de la Méditerranée, en Algérie, Achir rêve lui aussi de changement et de liberté... Un premier roman lumineux.
Résumé : " Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. "
Résumé : Et vous, quel geste vous trahit ? Il y a les gestes qui disent l'embarras, d'autres la satisfaction de soi, certains encore le simple plaisir d'exister, là maintenant, sur cette terre. Mais tous nous révèlent, dans nos gloires comme nos petitesses, nos amours comme nos détestations : le selfie, geste roi de nos vies modernes ; le " vapotage ", qui relègue l'art de fumer à un plaisir furtif, presque honteux ; les hommes de pouvoir qui se grattent le dessous de leur chaussette ; cette façon qu'on a parfois de tourner le volant avec la paume de la main bien à plat ; un verre qu'on tient à la main sans le boire...