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La peine de l'eau est infinie
Noëlie-Piatti Marie-Christine
BAUDELAIRE
14,55 €
Épuisé
EAN :9791020355775
Ils se sont noyés par grand bleu, la vie à portée de rail. Naàm, tu as bien entendu père, il faisait un temps splendide ce jour-là. Comme quoi ! A ce qu'il paraît, la prochaine vague, c'est une cargaison nigériane qu'elle déversera. Des chrétiens, à ce qu'on dit. Et alors ? Les vagues du coin n'ont pas de religion, du moins, pas pour l'instant ; du moins pas à bord du Safinat Nuh. Les vagues par ici, elles sont scélérates ou elles ne sont pas. Et quand elles sont, elles engloutissent chrétiens comme musulmans? : elles ne sont pas regardantes, llà? ; naàm, elles surgissent de nulle part, à l'improviste, même par grand bleu, surtout par grand bleu - c'est pourquoi elles sont scélérates, les traîtresses? ! - et dans le plus grand silence, sans colère, sans signe annonciateur, elles dévorent tout ce qui leur tombe sous la lame, Abraham ou Ibrahim, petit chiffon gambien ou petit chiffon nigérian. Que tu loues le Seigneur : "Laudate omnes gentes, laudate Dominum" ou que tu loues Allah : "Hayya ya Koullal oumame, sabbi hou Rabbana", les vagues, elles prennent la mer quand ça leur chante, sans prévenir personne". Juriste de formation, Marie-Christine Noëlie-Piatti utilise sa connaissance du droit pour raconter "l'extraordinaire" des vies ordinaires, comme celles du banlieusard, du disparu, du réfugié ou de l'étranger. A partir des petites histoires très singulières qui leur arrivent, les personnages de ses romans sont toujours rattrapés par la grande Histoire. Dans le présent opus, tiré du parcours de vie d'un émigré, c'est vers le destin tout entier de migrants embarqués sur des chaloupes de fortune que Marie-Christine Noëlie-Piatti nous invite à tourner notre regard.
Menteuse professionnelle et fêtarde à temps complet, je mène mon existence comme bon me semble sans me soucier des conséquences. Prof de danse, à mes yeux, la vie est un festival et le monde, une scène à ciel ouvert. Lorsque le boomerang nommé réalité me revient en pleine figure, Agathe, Roxane et Léo sont là. Mes amis de toujours. Ceux qui veillent les uns sur les autres dans l'ombre, au mépris du bon sens. Pourtant, quelque chose ne tourne plus rond, le disque est rayé, les fausses notes apparaissent. Vient alors une question, la plus importante de ma courte vie : jusqu'où peut-on aller pour protéger ceux que l'on aime ?
C’est une nuit sans lune. Le "cirque Müller" quitte Marseille dans deux jours. On ne pouvait plus attendre. "L 214" filme. Je sens la sueur me couler tout le long du dos. Je suis seul devant la cage de Balios avec Francesca. Elle lui parle comme elle le fait maintenant depuis plusieurs jours et qu’ils se sont apprivoisés l’un l’autre. Je suis là seulement en renfort. Dès que Balios et Francesca auront fini leur cérémonial de retrouvailles, je suis chargé de faire signe à Pédro, le quincaillier d’Au Comptoir des docks, celui d’en bas de la rue du Panier auquel j’ai jamais parlé. Pédro milite avec "L 214" contre la maltraitance animale. Il a tout de suite accepté de cisailler les barreaux de Balios. "Il suffit que le fauve soit tranquille quelques secondes, clic-clac, c’est la porte vers la liberté", a-t-il rigolé. Clic clac. La cage est ouverte".
Je le sais que je suis AL-BI-NOS. Pas tout entière, c'est juste mes yeux qui sont AL-BI-NOS ! Ma peau est brune comme celle des autres enfants ; à part la couleur de mes yeux, je suis comme les autres enfants. J'en oublie même parfois que j'ai les yeux d'un ver luisant. C'est normal que j'oublie ; on ne se voit pas soi-même de l'extérieur. Tous les autres enfants autour de moi ont les mêmes yeux : noirs ou marrons. C'est seulement quand maman me coiffe devant la glace que je les vois mes yeux étranges ; ils sont vraiment bizarres, c'est vrai. Ils ont trop bu le bleu du ciel. Et le vert de la forêt. Moi je crois que c'est à force de nager les yeux ouverts dans le lac Kivu. L'eau a tout mélangé, le bleu du ciel et le vert de la forêt. En séchant, la couleur s'est estompée ; c'est pourquoi j'ai les yeux délavés. Est-ce qu'un jour ils deviendront transparents ? "
Amoureuse, désespérée, révoltée... Du haut de ses 26 ans, Gwenaëlle Glénat-Llorca est toutes les femmes à la fois. A travers des mots bruts, précis et directs, elle brosse une galerie de personnages et de situations d'une implacable authenticité. De la joie de porter un enfant à l'injustice de perdre un proche, il y a toute la palette des émotions d'une jeune femme bien décidée à ne pas gommer ses imperfections, ses contradictions, ses états d'âme. A gratter où ça fait mal, à frotter où ça fait du bien. Et tant pis si ça ne plaît pas à tout le monde.
Si je comptais, les syllabes de mes sonnets ! Je vous soufflerais de somptueux triolets, Las odalisque, pas l'ombre d'un quatrain, Ni fine silhouette de l'alexandrin... Profanerais-je, des mausolées épistolaires ? Pillerais-je, un à un les mots des dictionnaires ? Violerais-je, par mes saillies règles de grammaire ? Souillerais-je, tombes des félibres, des trouvères ? Diable je le ferai ! Mais ma poésie doit plaire...
- Pardonnez-moi, monsieur le procureur, j'ai dû manquer une case. A vingt-cinq ans j'étais un bandit, je vendais de la drogue, j'ai payé pour cela, j'ai pris trois ans fermes et j'ai rendu ma dette à l'Etat. Et maintenant, devenu vieux, que je fais de l'humanitaire en aidant de pauvres gens épuisés qui ont soif, froid et faim... vous voulez me mettre en prison tout ça parce que je ferais partie d'une bande organisée ? Je ne saisis pas bien votre raisonnement, là... je vous le dis, j'ai dû louper une case. - Arrêtez, vous vous fichez du monde. "Eux, les migrants, ils disent merci toutes les cinq minutes. Merci de quoi ? pense Pierre. C'est lui qui doit dire merci de ce rappel impérieux de la nécessité du partage. Eux, ils ont les yeux grands ouverts sur l'avenir, pupilles noires au centre de billes blanches. Ce sont eux qui sont propres et c'est lui qui a la gale, pas sur la peau du corps, mais sur la peau du coeur sans doute depuis toujours..." "Une famille nombreuse, c'est quelque chose. Il n'y a pas un avis comme aux époques patriarcales, il n'y a pas deux positions qui s'affrontent comme en politique au moment du choix présidentiel, il y a une foultitude d'avis qui vont, qui viennent, qui remettent tout en cause et qui font qu'on évolue."