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Oeuvres. Tome 4, La Comédie intime
Noël Bernard ; Bikialo Stéphane
POL
22,50 €
Épuisé
EAN :9782818037713
Ce volume regroupe huit monologues écrits par Bernard Noël entre 1973 et 2015 ainsi que Les premiers mots, 1973, qui les préfigure. Chacun de nous est une société. Chacun de nous porte sa comédie, que Dante a voulue divine, Balzac humaine, Jacques Villeglé urbaine, et Bernard Noël intime ou mentale. La Comédie intime est la Comédie humaine de Bernard Noël, sa comédie humaine, où il se fait non pas le secrétaire de la société mais le porte-plume de ces voix qui travaillent en lui, qui le constituent comme sujet de l'écriture, comme TU. Construit en cours de route comme La Comédie humaine, La Comédie intime y met en scène des personnages qui deviennent des types : ces personnages se nomment je, tu, il, elle, on, nous, vous, ils. [... ] Cet ensemble de personnages pronominaux s'accompagne d'autres, aux noms propres, cités ou non : Gramsci, Anna Magnani, Bataille, Mallarmé, Nerval, André Masson, et tous forment le "personnel" de La Comédie intime de Bernard Noël, ceux qui l'entourent et constituent son intimité, ceux avec lesquels il pense, vit, se construit. [... ] Ces monologues des pronoms sont une façon de réfléchir par la fiction à la place de la personne, de l'intime dans la langue, dont les pronoms sont une représentation. [... ]". Stéphane Bikialo.
Quatrième de couverture où est la lettre ?cette question vient d'un mourantpuis il se taittant qu'un homme vitil n'a pas besoin de compter sa languequand un homme meurtil doit rendre son alphabetde chaque mortnous attendons le secret de la viele dernier souffle emportela lettre manquanteelle s'envole derrière le visageelle se cache au milieu du nom(Portrait, in La rumeur de l'air.)
Peut-être, pour parler de ce livre qui n'a ni début ni fin, vaut-il mieux commencer par la fin. A la fin, ce livre violent, cruel, comme peu le sont, laisse l'impression d'une douceur inconnue. La douceur de celui qui a survécu. On ne sait pas à quoi précisément. A la mort d'un autre ? C'est ce qu'il semble. Mais c'est peut-être plus cruel encore : à la mort que chacun porte en soi, au sujet de laquelle c'est tout langage qui a à se prononcer. Avec laquelle c'est tout langage qui doit composer. Au prix, s'il se dérobe, s'il fuit, qu'il n'y ait plus de langage possible. C'est ce que font ici un homme, une femme, qui parlent. L'un à l'autre. Mais pour eux-mêmes, aussi bien. Ils parlent d'un mort. Ils parlent de la mort. Mais, peut-être, est-ce de la possibilité qu'a le langage de parler réellement de la mort qu'ils parlent ensemble et pour eux-mêmes. Pour, à la fin en effet, que ce soit l'autorité même de tout langage qui soit mis en cause. Est-ce de la mort qu'ils parlent ? N'est-ce pas plus plutôt la mort qui les fait parler ? Qui parle à travers eux ? Peut-être que, de tous les récits auxquels Maurice Blanchot en appelait, Les Premiers Mots est le plus impersonnel. La quatrième de couverture de la première édition disait : "Qui parle : vous, moi, ou bien des mots pressés de se reproduire ? Il n'y a peut-être au monde qu'un bruit de langue. Et qu'il dise Je, ou Tu, ou Il, c'est toujours pour faire Comme Si. La fiction, par conséquent, se développe à la fois des deux côtés de la peau. Dedans et dehors ne sont qu'une idée de bouche qui cherche sa voix. (B. N.)"
Résumé : "J'essaie peut-être de dire une chose impossible : être où je ne suis pas, parler avec les morts, aimer une inconnue. J'essaie, penché sur l'image, de fixer le point où la fiction prend corps. Des histoires liées à la photographie, au cinéma, à des images qui hantent la mémoire ; des récits en train de s'écrire, des enquêtes en train d'être menées, des scènes en train de se filmer ; des études de cas : Antonioni, Gus Van Sant, Chris Marker, Giacometti, Stendhal, Duras¿ Au fond de toute image, de tout récit, il s'agit avant tout de saisir l'absence, d'écrire la disparition". Bertrand Schefer.
Résumé : "Un crime a été commis et c'est passionnant, on voudrait savoir qui a fait ça, qui a pris sur soi pour faire ça parce que ce n'est pas un acte banal, même pour un assassin, de tuer quelqu'un. Et dans une scène pornographique aussi, on est avide de se tenir au courant, qui fait quoi et pour quel bénéfice. Et dans un conte de fées, qui des fées, des princesses ou des animaux tire le plus de plaisir et de souffrance ? Et ma place au milieu de ça, moi, qui que je sois ? "
Résumé : Pour Dominique Fourcade, deuil répond à la nécessité de donner un écho, sinon le plus approprié, du moins le plus à sa portée, à la mort tragique de Paul Otchakovsky-Laurens. Passées les premières heures d'un deuil dévastant, il se demande comment faire face à cette mort, comment la comprendre, et aussi comment comprendre le nouvel homme qu'il est devenu d'un coup, frappé par la foudre. Comment absorber et comment répondre.
Résumé : "Quand je quitte la route principale, Hélène se relève et vient poser sa tête sur mon épaule, nos regards se trouvent dans le rétroviseur central, elle murmure : "Ici finit la civilisation ! " C'est elle qui le dit".