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Oeuvres. Tome 2, Humain, trop humain ; Aurore ; Le Gai Savoir
Nietzsche Friedrich ; Launay Marc de ; Astor Doria
GALLIMARD
75,00 €
Épuisé
EAN :9782070117222
Au mois d'août 1876, le Palais des festivals de Bayreuth est inauguré. C'est la première fois que L'Anneau du Nibelung de Wagner est donné dans son intégralité. Nietzsche est présent. Le mois précédent paraissait la quatrième de ses Considérations inactuelles, consacrée au compositeur. Soudain, au beau milieu des cérémonies officielles, Nietzsche est victime d'un réveil brutal : «Où étais-je donc ? Je ne reconnaissais rien, c'est à peine si je reconnaissais Wagner lui-même», écrira-t-il. Lheure est venue pour lui de s'affranchir de la figure tutélaire de Wagner. Mais la période qui s'ouvre alors est celle d'une plus vaste libération. Nietzsche s'éloigne aussi de la discipline dans laquelle il s'était illustré jusqu'ici : la philologie. Désormais il écrira en philosophe - et en «fugitif errant» plutôt qu'en professeur. Car, en arrière-fond, il y a le spectre de la maladie, qui progresse inexorablement. Elle l'oblige, en 1878, à renoncer aux cours qu'il donne au lycée, puis l'année suivante à démissionner de l'université de Bâle. Les ouvrages rassemblés dans le présent volume, et publiés dans des traductions révisées, couvrent les années 1878-1882. Il s'agit moins d'une période intermédiaire, comme on l'a dit parfois, que d'une période décisive au cours de laquelle Nietzsche énonce les fondements de sa philosophie. Humain, trop humain (1878) est, à ses yeux, le «monument commémoratif de la crise» de 1876. Suivent immédiatement deux livres Opinions et sentences mêlées (1879) et Le Voyageur et son ombre (1880), qu'il réunira en 1886 pour former le second tome d'Humain, trop humain. En 1880 et 1881, séjournant à Venise, à Marienbad, ou encore à Gênes, il rédige Aurore (1881). Ce texte est l'un des plus méconnus de Nietzsche. Méconnaissance parfaitement injustifiée, car «c'est par ce livre, dira-t-il, que s'ouvre [sa] campagne contre la morale.» Enfin, il publie l'année suivante Le Gai Savoir (1882), dont une édition augmentée paraîtra cinq ans plus tard. Ce livre est pour lui «la victoire sur l'hiver», l'ouvrage de la santé (provisoirement) recouvrée. Humain, trop humain marque un tournant dans le style de Nietzsche. Abandonnant le désir d'être «persuasif», il opte en effet pour une forme à laquelle il se tiendra : celle de l'aphorisme. La nécessité de proposer une ?uvre construite à partir de fragments découle pour lui de sa conception du langage selon laquelle «chaque mot est un préjugé». Mais, avec Humain, trop humain, Nietzsche ne se contente pas d'explorer un nouveau type d'écriture, il donne à sa pensée une orientation nouvelle : travailler à l'élaboration d'une «philosophie historienne». Aurore et Le Gai Savoir exploreront cette voie, procédant, en conséquence, à une profonde critique des valeurs. Cest dans ces deux derniers ouvrages, enfin, qu'émergent deux éléments capitaux de la philosophie nietzschéenne : la volonté de puissance, cette notion qui a prêté à de nombreux malentendus, et l'éternel retour.Notes Biographiques : Friedrich Nietzsche est né à Rocken, près de Leipzig, le 15 octobre 1844. Après ses études, il occupe la chaire de philologie classique de l'université de Bâle, fréquentant le milieu intellectuel bâlois et Richard Wagner avec qui il se brouillera en 1878. Gravement malade, relevé de ses fonctions de professeur à sa demande, il mène une vie errante entre Sils-Maria, Nice, Menton et plusieurs villes italiennes. Frappé de folie au début de 1889, il meurt le 25 août 1900 à Weimar.
En quoi la philosophie est-elle demeurée jusqu'à présent prisonnière de préjugés ? Pourquoi le projet même de recherche du vrai est-il suspect ? C'est l'examen de ces deux questions qui conduit Nietzsche, dans Par-delà bien et mal, à récuser la problématique de la vérité pour lui substituer celle, plus radicale, de la valeur. Et c'est pourquoi ce texte de 1886 - "une sorte de commentaire de mon Zarathoustra" ainsi que le présente Nietzsche - constitue sans doute l'ouvrage le plus propre à faire saisir la logique spécifique, déroutante autant que rigoureuse, de la réflexion nietzschéenne, tout comme il est celui qui en détaille le plus clairement les aboutissements : la définition nouvelle du philosophe, du "philosophe de l'avenir", comme créateur de valeurs, et l'interprétation de la réalité comme volonté de puissance.
A première vue, ce problème de la valeur de la pitié et de la morale de la pitié semble n'être qu'une question isolée, un point d'interrogation à part : mais à celui qui s'arrêtera ici, qui apprendra à interroger ici, il arrivera ce qui m'est arrivé : une perspective nouvelle et immense s'ouvrira devant lui, la foi en la morale, en toute morale s'en trouvera ébranlée - enfin une nouvelle exigence se fera entendre. Nous avons besoin d'une critique des valeurs morales, il faut commencer par mettre en question la valeur même de ces valeurs, et cela suppose une connaissance telle qu'il n'en a pas existé jusqu'à présent et telle qu'on ne l'a même pas souhaitée."
Nous ne savons ce qu'est l'homme. Mais nous savons ce qu'il ne doit pas être, ce que nous ne pouvons plus admettre qu'il soit. Nous ne savons de même ce qu'est le monde; mais nous savons que nous ne pouvons plus admettre aucun des sens dont on a tenté de le charger. Nous n'apercevons aucune issue à notre vie dans ce monde. Comprendre serait l'issue: comprendre est comprendre qu'il n'y a pas d'issue, et comprendre est la seule issue. - Dionys Mascolo L'homme de la croyance, le « croyant » de toute sorte, est nécessairement un homme dépendant, un homme incapable de se prendre lui-même pour fin, de se fixer spontanément quelque fin que ce soit, Le « croyant » ne s'appartient pas, il ne peut être qu'un moyen, il lui faut être utilisé, il a besoin de quelqu'un qui l'utilise. Son instinct fait le plus grand honneur à une morale de l'aliénation de soi: tout la lui persuade, sa prudence, son expérience, sa vanité. Toute espèce de foi est elle-même l'expression d'un renoncement à soi, d'une aliénation de soi... - Frédéric Nietzsche
Il ne faut parler que si l'on ne peut se taire ; et ne parler que de ce que l'on a surmonté, - tout le reste est bavardage, littérature", manque de discipline. Mes ouvrages parlent uniquement de mes victoires : c'est "moi" qu'ils contiennent, avec tout ce qui me fut ennemi, ego ipsissimus, et même, si l'on me permet une expression plus fière, ego ipsissimum. On le devine : j'ai déjà beaucoup de choses - sous moi... La sérénité nécessaire pour pouvoir parler de longues années le transition, toutes de solitude et de privations intérieures, ne m'est venue qu'avec le livre Humain, trop humain. Livre "pour esprits libres", il tient quelque chose de cette roideur, non sans gaieté ni curiosité, du psychologue qui note encore après coup pour elle-même et fixe pour ainsi lire à la pointe de quelque épingle une foule de choses douloureuses qu'il a surmontées, qu'il a dépassées : - quoi s'étonnant si, au cours d'un travail aussi piquant et mordant, il coule aussi un peu de sang, si le psychologue s'y trouve du sang au bout des doigts et pas toujours au bout des doigts seulement ?..."
Traduction de l'anglais par Madeleine Rossel, André Parreaux, Lucien Guitard et Pierre Leyris. Édition de Pierre Leyris. Traduction de Souvenirs intimes de David Copperfield sous la direction de Léon Lemonnier, revue et complétée par Francis Ledoux et Pierre Leyris.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Résumé : "Balloté par les drames familiaux et les convulsions d'une Europe révolutionnée, Benjamin Constant (1767-1830), d'origine suisse, a passé sa vie à la recherche d'une stabilité. La perfection toute classique d'Adolphe ne doit faire oublier ni la lente exploration, lucide et désespérée, de ses journaux intimes, ni la vaste entreprise de réflexion théorique pour fonder le libéralisme moderne et pour cerner la nature du phénomène religieux", Michel Delon.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.
Y a-t-il une alliance possible entre la lucidité et la joie ? Quelle force faut-il pour aimer la réalité telle qu'elle est, pour assumer les contradictions de la vie ? Une puissance rare qui est le privilège de ceux qui savent jouir de ce monde-ci. La plupart des hommes imaginent que la vraie vie est ailleurs et cette fiction d'un au-delà idéal les réconforte et leur permet de supporter leur condition temporelle. Cette peur de l'éphémère et de l'instable, convertie en haine pour leur vie, est à la source de ces chimères prodigieuses que sont les grands systèmes philosophiques aux vertus narcotiques. Invitant son lecteur à goûter les joies de la clairvoyance, Nietzsche l'exhorte à se défaire du vain espoir d'un autre monde où tentent de le maintenir la philosophie idéaliste aussi bien que la religion chrétienne. Le gai savoir, qui consiste en une adhésion totale au réel, ne suppose pas la pensée d'une Providence ni, bien sûr, une philosophie de l'Histoire, mais implique au contraire une connaissance du tragique ! Courage, jouissons ! --Paul Klein
Il ne faut parler que si l'on ne peut se taire ; et ne parler que de ce que l'on a surmonté, - tout le reste est bavardage, littérature", manque de discipline. Mes ouvrages parlent uniquement de mes victoires : c'est "moi" qu'ils contiennent, avec tout ce qui me fut ennemi, ego ipsissimus, et même, si l'on me permet une expression plus fière, ego ipsissimum. On le devine : j'ai déjà beaucoup de choses - sous moi... La sérénité nécessaire pour pouvoir parler de longues années le transition, toutes de solitude et de privations intérieures, ne m'est venue qu'avec le livre Humain, trop humain. Livre "pour esprits libres", il tient quelque chose de cette roideur, non sans gaieté ni curiosité, du psychologue qui note encore après coup pour elle-même et fixe pour ainsi lire à la pointe de quelque épingle une foule de choses douloureuses qu'il a surmontées, qu'il a dépassées : - quoi s'étonnant si, au cours d'un travail aussi piquant et mordant, il coule aussi un peu de sang, si le psychologue s'y trouve du sang au bout des doigts et pas toujours au bout des doigts seulement ?..."
4e de couverture : Quand il commence Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche a déjà une importante oeuvre critique derrière lui. Ce travail d'examen des valeurs culturelles ne constitue cependant qu'un aspect de sa mission de philosophe. Il sait aussi qu'une oeuvre affirmative doit suivre. Ainsi naît la figure de Zarathoustra, double grandiose de son auteur, porte-parole des vertus qu'il entend exalter.Livre "à part", comme son auteur le nomma lui-même. Livre où apparaissent pour la première fois des thèmes comme la volonté de puissance ou le surhomme. Ces idées, diversement comprises, et quelquefois à contresens, comptent au nombre de celles qui ont le plus fortement marqué la pensée depuis lors.Notes Biographiques : Friedrich Nietzsche est né à Rocken, près de Leipzig, le 15 octobre 1844. Après ses études, il occupe la chaire de philologie classique de l'université de Bâle, fréquentant le milieu intellectuel bâlois et Richard Wagner avec qui il se brouillera en 1878. Gravement malade, relevé de ses fonctions de professeur à sa demande, il mène une vie errante entre Sils-Maria, Nice, Menton et plusieurs villes italiennes. Frappé de folie au début de 1889, il meurt le 25 août 1900 à Weimar.
Inactuelle, cette considération l'est encore parce que je cherche à comprendre comme un mal, un dommage, une carence, quelque chose dont l'époque se glorifie à juste titre, à savoir sa culture historique ; (...) nous sommes tous rongés de fièvre historienne, et nous devrions tout au moins nous en rendre compte. (...) Certes, nous avons besoin de l'histoire, mais pour vivre et pour agir, non pas pour nous détourner commodément de la vie et de l'action, encore moins pour embellir une vie égoïste et des actions lâches et mauvaises. Nous ne voulons servir l'histoire que dans la mesure où elle sert la vie. (...) Toute action exige l'oubli, de même que toute vie organique exige non seulement de la lumière, mais aussi l'obscurité. Un homme qui voudrait sentir les choses de façon absolument et exclusivement historique ressemblerait à quelqu'un qu'on aurait contraint à se priver de sommeil ou à un animal qui ne devrait vivre que de ruminer continuellement les mêmes aliments. Il est donc possible de vivre, et même de vivre heureux, presque sans aucune mémoire, comme le montre l'animal ; mais il est absolument impossible de vivre sans oubli (...) ; il a un degré d'insomnie, de rumination, de sens historique, au-delà duquel l'être vivant se trouve ébranlé et finalement détruit, qu'il s'agisse d'un individu, d'un peuple ou d'une civilisation."